Archives de catégorie : Mouches

La présentation, un incontournable de la pêche à la mouche

Le fait de poser son artificielle au bon endroit est une chose mais, la faire passer sans draguer dans le cercle de vision d’un poisson, en est une autre…

Il convient donc de veiller à une bonne dérive, surtout si le poisson est bien éduqué, car nous ne disposons pas vraiment du droit à l’erreur si nous voulons éviter d’attiser la méfiance et donc provoquer le refus de ce dernier.

Pêche à la mouche: efficace comme une fourmi !

Les imitations de fourmis sont des mouches estivales incontournables.

Tout moucheur devrait en posséder dans ses boites tant les truites et les ombres en sont friands.

Je vous parle ici des fourmis ailées qui partent en essaimage, au cœur de l’été, durant les périodes de grosses chaleurs.

En effet, lorsque l’atmosphère est lourde, elles essaient de fonder de nouvelles colonies.

Malencontreusement, il leur arrive de tomber en abondance à la surface de nos rivières préférées.


Nos partenaires adorent venir en surface cueillir ces petites terrestres. Ce sont souvent les seules espèces à les intéresser, même en présence de nombreux autres éphémères.

Lorsque vous avez essayé bon nombre d’artificielles et que rien ne marche, pensez donc à choisir des imitations de fourmis ailées.

C’est très souvent gage de réussite même lorsqu’il n’y a pas de fourmi à la surface de l’eau.

D’une manière générale les gobages sur les fourmis sont très discrets, furtifs mais très souvent en nombre important.

Par expérience, vous avez intérêt à choisir une imitation la plus réaliste possible car les truites et les ombres sont très regardants.

C’est surtout le cas si vous pêchez sur des grands lisses aux courants assez lents.

Il convient de bien veiller à utiliser des imitations, composées de résines UV et de Foam, de la même taille que celles qui sont présentes à la surface de l’eau.

Vous pouvez donc, selon la taille, utilisez des modèles montés sur des hameçons compris entre le n° 16 et le n° 22.

Je vous conseille de choisir généralement de choisir des imitation couleur noire et parfois de couleur rouge.

Il est préférable d’avoir dans ses boites des modèles confectionnées avec les deux couleurs.

Ne pas hésiter à utiliser du Foam, matériau moderne qui donne une flottabilité extraordinaire à votre imitation.

Avec des artificielles d’aussi petite taille, vous devez recourir à de longs bas de ligne qui se terminent par de longues pointes en 10/100, voire en 8/100.

A noter que vous pouvez également utiliser les imitations de fourmis sous la surface.

Ainsi, il m’arrive souvent de pêcher en noyée, avec trois fourmis de taille et de poids différents et j’obtiens des résultats tout à fait satisfaisants.

Éric Le Rest.

Les fourmis de ma boite à mouche.

Le Tenkara & le paradis des terrestres

Les pêcheurs à la mouche ne pensent pas assez souvent à utiliser les imitations d’insectes terrestres.

Ces artificielles sont, trop fréquemment et par méconnaissance, les parents pauvres de nos boites.

Leur pouvoir de “séduction” auprès de nos partenaires est pourtant important. D’ailleurs, nous pouvons le constater lors de l’observation du contenu stomacal des truites.

Lorsque l’été arrive, la vie s’anime sur les berges de nos rivières préférées.

Les sauterelles, les grillons, les chenilles, les abeilles, les coléoptères,… sont légions et représentent, lorsqu’ils tombent dans l’eau, des proies faciles à forte valeur nutritionnelle.

En effet, ils ne risquent pas, comme les éphémères, de pouvoir redécoller et quitter l’élément liquide.

Les imitations de sauterelles et de criquets de ma boite à mouche.

Aux USA, les moucheurs utilisent beaucoup plus régulièrement qu’en Europe ces artificielles composées de matériaux synthétiques (à base notamment de foam pour les corps et de fins fils de caoutchouc pour les pattes) dont les tailles sont impressionnantes.

Ainsi, il suffit de regarder quelques vidéos sur YouTube pour se rendre compte que les résultats obtenus les comblent de bonheur.

Alors, pourquoi pas nous, en France ?

Bien entendu, personne n’imagine utiliser sur nos rivières françaises des artificielles de 5 à 6 cm de longueur.

Par contre, je vous conseille de tester quelques imitations en respectant les règles suivantes:

  • Sacrifiez quelques insectes terrestres que vous trouverez au bord de votre rivière fétiche et ramenez les chez vous pour essayer de les imiter lorsque vous serez devant votre étau, surtout aux niveaux de la taille. Les couleurs sont moins importantes car les matériaux avec des tons verts ou roses fluos donnent de très bons résultats. Ne passez pas trop de temps à essayer de les reproduire de façon trop précise. Les imitations d’ensemble font parfaitement l’affaire (la silhouette est plus importante que le détail).
  • Une fois posées sur l’eau, vos imitations doivent être légères et mobiles afin qu’elles flottent et que vous puissiez les animer.
  • En matière de pointes de vos bas de ligne, il est inutile de descendre en dessous du 14/100. Vous éviterez ainsi de les faire vriller au premier lancer.
Une imitation quasi parfaite d’une sauterelle mais qui, d’après mon expérience, n’apporte pas plus de résultat qu’une imitation d’ensemble beacoup moins sophistiquée.
  • Les posés de vos artificielles n’ont pas forcément besoin d’être discrets. Il est logique que le poids d’une sauterelle tombant dans l’eau produise de légères ondes à la surface.
  • Je vous conseille d’animer légèrement et par intermittences votre artificielle pour imiter un insecte qui se débat sur l’eau.
  • Pêchez surtout les bordures !! Vous verrez certainement de très beaux poissons sortir comme des morts de faim de dessous les berges. Ils ne feront qu’une bouchée de vos terrestres.

Eric Le Rest.

Pêche à la mouche & la magie du tricho

Les trichoptères qui constituent environ la moitié de l’alimentation des truites représentent des insectes aquatiques particulièrement intéressants pour les pêcheurs à la mouche.

En fin de journée, lorsque les sedges patinent sur l’eau, ils suscitent l’intérêt des truites et peuvent déclencher des gobages bruyants en rafales ponctuées par de grands “clacs” et “splashs”.

Le reste du temps, les trichoptères peuvent passer inaperçus dans les feuillages pour les moucheurs qui n’y prêtent pas attention. Certains pourraient même les considérer comme une espèce de papillon de nuit au vol maladroit, aux couleurs grises, brunes, rousses voire carrément noires.

Il n’en est rien: les phryganes, les traine-bûches ou porte-bois (comme on les appelle également à cause du fourreau protecteur dans lequel ils vivent à leur stade larvaire durant environ une année regroupés en véritables grappes sous les pierres) attirent l’attention de nos partenaires quel que soit leur stade d’évolution de leur cycle de vie. Ainsi, les sedges constituent une biomasse non négligeable de nos rivières.

Larve de trichoptère dans son fourreau.
Elle ressemble à ce stade à un gros asticot de couleur crème.
La vie de cet insecte aquatique s’articule autour de quatre stades: œuf, larve, pupe et nymphe.

A signaler que la durée de vie aérienne des trichos est plus longue que celle des éphémères: de 10 à 30 jours pour les sedges au lieu de quelques heures à quelques jours selon les espèces d’éphémères.

En Europe, on dénombre pas moins de 400 espèces différentes de trichoptères qui présentent quatre ailes assez velues repliées sur le corps, en forme de toit, et de longues antennes et pattes.

Les sedges ont tendance à éclore lorsque la météo est plutôt douce (du début de l’été jusqu’à la fermeture) et sans vent, en constituant parfois de véritables nuages de plusieurs milliers d’insectes qui explosent à la surface à un rythme effréné.

Le moucheur doit rechercher prioritairement les endroits où les porte-bois sont en grande densité au fond de la rivière et, le plus souvent, ces secteurs sont couvertes de végétation assez abondante.

Il convient de guider son artificielle sur les différentes veines d’eau en bordure des différents postes où on imagine que se positionnent nos partenaires.

Contrairement à ce que pensent certains pêcheurs, les sedges ne sont pas exclusivement des mouches à utiliser lors des “coups du soir”: vous pouvez pêcher avec ces artificielles tout au long de la journée.

Les trichoptères intéressent particulièrement les truites et les ombres au stade émergent lorsque l’insecte est englué dans la pellicule de l’eau. Il convient alors d’utiliser des imitations sous forme de subsedges que l’on fait évoluer quelques centimètres sous la surface, comme on le fait avec des mouches noyées.

Puis, lorsque les tricho font des zigzags à la surface, choisissez une imitation correspondant au stade adulte de l’insecte et, après l’avoir graissée, faites la siller à la surface de l’eau en pêchant en aval. A titre personnel, j’utilise beaucoup les articificielles réalisées avec des poils creux de cervidés qui permettent d’obtenir une remarquable flottaison (de véritables “bouchons” facilement localisables à la surface de l’eau) et qui sont beaucoup moins fragiles que les modèles réalisés avec du CDC ou des plumes. De belles sensations sont très souvent au rendez-vous liées à des attaques parfois très violentes !

Eric Le Rest.

Pour bien pêcher à la mouche, observez les oiseaux

Les oiseaux qui vivent dans la ripisylve aiment les insectes aquatiques et les insectes terrestres: ils ont donc le même comportement que les poissons. Quand les uns se “mettent à table”, les autres ne sont généralement pas en reste !

Comme vous le savez, les moucheurs se doivent d’observer pleinement et parfois longuement l’écosystème dans lequel ils se trouvent afin de:

  •  déterminer l’artificielle qu’ils vont choisir dans leurs boîte parmi le plus souvent un nombre impressionnant de modèles, de tailles, de couleurs, de stades du cycle d’éclosion,…
  • en tirer des enseignements très utiles sur l’activité supposée des truites.

Une des bonnes pratiques en matière d’observation consiste à regarder précisément le comportement des oiseaux (les bergeronnettes, les mésanges, les chardonnerets, les rouges-gorges, les fauvettes, les pinsons, les hirondelles, les martinets, les gobe-mouches …) pour déterminer ce qui se passe à la surface de la rivière au bord de laquelle vous vous trouvez.

L’absence totale d’oiseaux n’est généralement pas bon signe pour le pêcheur à la mouche.

Un point particulier est à signaler au sujet des hirondelles: plus elles volent bas, parfois en frôlant la surface de l’eau en donnant des coups de becs dans la surface, et plus c’est un moment propice pour le moucheur.

Lorsque les oiseaux sont nombreux et se rapprochent franchement de la rivière, il est prévisible qu’une éclosion suivie de gobages des poissons qui nous intéressent soit imminente.

Ces moments précis sont souvent liés à des changements de pression atmosphérique et/ou des changements de temps (par exemple lorsqu’il y a une petite pluie fine par temps chaud, avant et après les orages, quand les nuages sont très bas, …).

Voici un tableau de synthèse qui permet rapidement et, à grosses mailles, de déterminer comment procéder :

Absence d’oiseaux Pas ou très peu d’éclosions Météo perturbée Mouche noyée
Oiseaux en altitude Très petits insectes dans les airs Météo changeante Nymphe et noyée
Oiseaux actifs dans la ripisylve Insectes dans les feuillages / Activité parfois importante des éphémères Pluie fine, nuages bas, températures douces Sèche ou noyée sous les branches et près des berges
Oiseaux en proximité de l’eau Nombreux insectes terrestres et éphémères Avant ou après un orage, tôt le matin ou tard le soir Sèche sur les gobages, nymphe à vue et noyée en début et en fin d’éclosions.
Hirondelles rasant la surface de l’eau Nombreux divers Ephémères de toutes les tailles, insectes terrestres Changement de temps brutal La rivière “bouillonne”. Restez calme et “attaquez vous” aux gobages les uns après les autres, avec méthode !

Eric Le Rest.

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La mouche de mai: la star des éphémères !

Selon les régions, les éclosions de mouches de mai (Ephéméra Danica) se déroulent généralement de la fin du mois de mai à la fin juin, parfois jusqu’au début du mois de juillet.

La “May Fly” comme disent les Anglo-saxons est incontestablement le symbole fort de notre passion pour la pêche à la mouche !

Il arrive que des milliers d’insectes dérivent en même temps sur l’eau et que les truites en activité mettent certaines rivières “en ébullition” tant elles se gavent d’éphémères (certains poissons, lorsque vous les pêchez ont vraiment le ventre énorme tellement ils se gavent)… une espèce de vent de folie boulimique qui souffle sur les rivières. A noter, qu’en France, seules l’Ile de France et la Corse ne bénéficient pas de la présence d’Ephéméra Danica.

Généralement, il s’agit pour les moucheurs d’une période bénie des dieux car les grosses truites sont souvent de sortie lors de ses éclosions spectaculaires  et n’hésitent pas à venir en surface malgré leur légendaire méfiance.

Lorsque j’étais enfant, parfois, il y avait tellement d’éclosions de “May Fly” qu’il arrivait, lorsque nous passions en voiture à côté de certaines rivières bretonnes, que le conducteur soit obligé de mettre ses essuie-glace pour continuer à voir à travers son pare brise…

Toutefois, les éclosions diminuent au fil des ans (les plus anciens d’entre nous en parlent avec passion, émerveillement et nostalgie) et s’étalent sur une période beaucoup plus courte à cause des pollutions liées à l’agriculture intensive (usage, trop souvent, totalement dément des pesticides, des engrais et des épandages de fumier).

Néanmoins, les éclosions des mouches de mai méritent vraiment toute notre attention.

Les moments les plus propices pour ces éclosions se situent lorsque le temps a été beau, sans vent toute la journée et que le soleil se voile en fin d’après midi !

Il convient également de préciser que ces éclosions sont, la plupart du temps, irrégulières d’une année sur l’autre et varient en fonction des niveaux d’eau et des conditions météorologiques.

Comme pour beaucoup d’éphémères, les truites sont surtout intéressées par le stade émergent de l’insecte: il convient dont d’utiliser des mouches qui flottent bas, quasi immergées, juste sous la surface de l’eau. Pour ce faire, vous pouvez même dégarnir votre mouche en lui retirant un certain nombre de poils et/ou de fibres.

Lorsque l’Ephéméra Danica se métamorphose, elle se contorsionne dans tous les sens pour se débarrasser  de son exuvie: une sorte de seconde peau qui se détache lorsque la nymphe, qui a passé deux ans dans une espèce de “terrier” creusé dans le sable (on dit qu’il s’agit d’une larve fouisseuse, de près de 3 cm, qui vit surtout dans des galeries creusées dans les fonds limoneux/sablonneux et qui se nourrit de débris végétaux et organiques), gagne la surface très rapidement juste avant que la mouche de mai ne devienne un subimago.

L’imago (éphémère au stade adulte) ne vit que deux ou trois jours. Après l’accouplement, dans des ballets aériens intenses ponctués de vols pendulaires, il meurt après avoir pondu des milliers d’œufs à la surface de l’eau et devient un spent (éphémères morts qui dérivent à la surface de l’eau et qui intéressent également les poissons qui en font des razzias en surface, en “mode bulldozer”).

Il y a une vingtaine d’années, on trouvait dans le commerce ou on montait soi même les “May Fly” sur des gros hameçons N° 8 à tige longue qui faisaient vriller nos bas de ligne lorsqu’on descendait en dessous du 18/100.

Aujourd’hui, les éphémères sont beaucoup plus petits: on se contente donc d’hameçons N°10 voire N°12 et les bas de ligne peuvent descendre en diamètre.

Il convient par ailleurs de prévoir de changer de mouche pratiquement après chaque capture: il est donc largement souhaitable que vous montiez, en amont, un nombre important de mouches de mai pour que vous ne soyez jamais en “rupture de stock” au cours d’un moment de folie collective.

A signaler que les ombres bien qu’ils aient une petite bouche aiment également monter sur les May Fly.

Vivement la fin du joli mois de mai pour que, une nouvelle fois, la magie se reproduise et qu’Ephéméra Damica nous apporte son lot de très belles surprises !

Eric Le Rest.Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/le-mythique-coup-du-soir/

Les truites sont de mieux en mieux “éduquées” !

Les truites sont de mieux en mieux éduquées.

Toutes les “vieilles mains” qui fréquentent les mêmes rivières, depuis parfois de nombreuses années, vous le diront: les truites sont de plus en plus difficiles à prendre car elles gardent en mémoire les mouches artificielles qui les ont leurrées.

Ainsi, une truite lorsqu’elle a été prise une fois à la mouche sera beaucoup plus vigilante, bien plus sélective, par rapport à tous les leurres proposés ultérieurement par les moucheurs et/ou les autres pêcheurs. Bien entendu, ce principe ne prévaut que dans la mesure où elle a été remise à l’eau avec d’infinies précautions (je fais référence ici aux pêcheurs, très souvent des moucheurs, qui pratiquent assidûment le “Cash and release” ou, en français, “Apprendre à prendre, apprendre à relâcher”).

C’est aussi pour cette raison que de nombreux pêcheurs pensent, souvent à tort, qu’il y a beaucoup moins de poissons dans les rivières, ce qui est souvent vrai à cause des pollutions diverses et variées subies par le milieu aquatique (notamment liées à l’activité agricole intensive et ses rejets de pesticides et de nitrates) mais dans des proportions nettement inférieures à celles qu’ils imaginent.

Ainsi les pêcheurs qui relâchent les poissons qu’ils capturent sont, à mes yeux, de vrais écologistes au sens noble du terme (rien à voir avec les “écologistes de salons” qui parlent beaucoup mais qui n’agissent que très rarement sur le terrain):

  • les rivières pêchées très régulièrement à la mouche voient leur densité de poissons augmenter sensiblement
  • la taille moyenne des truites qui sont de plus en plus difficiles à leurrer augmente également de façon importante
  • le nombre de géniteurs progresse et contribue donc à faire croître le renouvellement naturel des cheptels.

Alors, dans ce contexte, comment faire pour continuer à prendre (et à relâcher) des truites de mieux en mieux éduquées ?

Comment choisir dans ses boites, parmi des centaines, voire des milliers (l’énergie créatrice des pêcheurs à la mouche qui pratiquent le Fly Tying est sans limite), LA bonne mouche ou l’artificielle miracle qui prendra des poissons de plus en plus méfiants ou considérés comme “imprenables” à cause de ce véritable phénomène d’accoutumance ?

Il existe deux écoles qui “s’affrontent” pour leurrer les truites de mieux en mieux éduquée :

  • les “imitationnistes”: ces pêcheurs et monteurs de mouches artificielles souhaitent reproduire le plus parfaitement de possible (grâce aux plumes, aux poils, aux divers matériaux naturels ou synthétiques qu’ils dressent sur leurs hameçons) une catégorie d’insectes naturels et bien évidemment aux différents stades d’évolution de leur cycle de vie.

Bien entendu, ils ont le soucis extrême du détail: la couleur, la taille, la silhouette, les pattes, le thorax, l’abdomen, les cerques …

  • les adeptes des mouches d’ensemble: ils n’utilisent que quelques mouches de diverses tailles qui n’ont qu’une vague apparence avec les insectes naturels mais ils les montent avec des matériaux qui “donnent vie” à leurs artificielles (par exemple le CDC). Les mouches utilisées sont surtout soignée sur la partie ventrale et non sur la partie dorsale car c’est elle qui est visible des poissons (n’oublions jamais que les truites voient nos mouches du dessous, à travers l’eau).

Le débat est ouvert depuis de nombreuses années et est loin d’être tranché… :-))

Quant à moi, je me classe clairement dans la deuxième catégorie car je refuse d’avoir sur moi des milliers de mouches artificielles (d’être transformé en une espèce de magasin ambulant d’articles de pêche), de perdre un temps précieux  face à des choix cornéliens et parce que j’ai quelques modèles fétiches qui ont prouvé leur efficacité sur des rivières différentes dans lesquels je crois (la confiance dans le matériel utilisé est ici essentielle, comme souvent dans le cadre d’activités sportives).

La solution aux deux questions posées ci-dessus repose, d’après moi, sur la notion d’apparence de vie que nous arrivons à donner à nos mouches.

Une fois mouillées, nos artificielles doivent, à mes yeux, proposer de la translucidité, une apparence naturelle et vibrionner grâce aux matériaux utilisés pour proposer un simulacre de vie.

Lors du montage de vos artificielles, il convient donc de mélanger les matériaux (dubbing naturel et fil de montage, cul de canard et poil de masque de lièvre, fil de cuivre et fourrure,…) et surtout de créer des mouches qui flottent bas sur la surface de l’eau, voire juste en dessous de la pellicule, pour imiter le stade de l’émergence des éphémères (c’est à ce stade que les truites se gavent à bon compte des éphémères pas encore totalement formés au niveau de leurs ailes et en complète mutation).

En sèche, j’utilise donc très souvent, sur les poissons éduqués, des “Oreilles de lièvre”, des “Peutes” inventées par Henry BRESSON, des montages parachute, des spinners dépouillés, des mouches en CDC de plus en plus simples, “dévêtues”, aérées, voire minimalistes. La beauté n’est certes pas toujours au rendez-vous mais l’important c’est surtout que ces artificielles obtiennent les suffrages des poissons et non qu’elles flattent mes yeux !

Dans le cadre d’un prochain article, je vous présenterai ces différentes mouches et leur réalisation.

Eric Le Rest.

Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/lodorat-des-poissons/

Pêche à la mouche: le fabuleux CDC

Les plumes de Cul De Canard sont connues et utilisées, depuis de nombreuses années, par les pêcheurs à la mouche. En effet, elles possèdent des pouvoirs de flottabilité et d’attractivité extraordinaires.

On peut constater qu’elles remplacent progressivement les plumes classiques des cous de coq. C’est le cas sur les montages de plus en plus d’artificielles proposées sur le marché.

Si vous le voulez bien, penchons-nous ensemble sur les atouts indéniables des plumes de cul de canard:

  • elles permettent à notre artificielle de flotter plus bas sur l’eau. Cela ui lui confère un aspect plus naturel en étant plus engluée dans la pellicule de l’eau.
  • grâce à sa légèreté, le CDC procure à nos mouches une durée de flottaison beaucoup plus importante que les artificielles composées de plumes plus traditionnelles. Elles sont naturellement graissées par les glandes qui se trouvent à côté du croupion du canard et qui dégagent une espèce de sébum huileux.

  • le CDC retient dans ses minuscules barbes de la plume des micro bulles d’air. Elles augmentent son aspect brillant, sa texture vaporeuse, son côté duveteux et procurent donc aux artificielles un aspect vibrionnant proche de la fébrilité naturelle des éphémères à la surface de l’eau. Cette attractivité est également renforcée par le moindre souffle d’air qui anime les barbules des plumes de Cul De Canard.
  • le CDC se teinte facilement (alors qu’au naturel la plume peut être de couleur grise, marron ou blanche) . Cette opération permet, grâce à différents traitements chimiques d’obtenir des couleurs plus vives et plus variées.

  • le rachis ébarbés des CDC peuvent être également utilisés pour imiter les pattes des différents insectes que nous souhaitons reproduire lors de nos séances de montage.
  • il est possible et particulièrement conseillé de fabriquer du dubbing en fibre de CDC. Vous pouvez ainsi confectionner des corps d’artificielles ou disposer des toupets de CDC juste derrière l’œillet de l’hameçon pour dresser des montages parachutes.

Comme vous pouvez le constater, les plumes de Cul De Canard présentent de nombreuses qualité et leurs usages sont très variés.

Le seul défaut qu’on pourrait leur trouver est leur fragilité.

Il est certain que plusieurs passages dans la gueule des poissons altèrent définitivement leurs qualités décrites ci-dessus.

Eric Le Rest.

Vous pouvez également consulter l’article suivant: https://tenkaraworld.com/montages-diy-do-it-yourself/

La pêche à la mouche & le mythique coup du soir

A la pêche à la mouche, le monde appartient souvent à ceux qui se couchent tard et pratiquent leur passion, juste avant l’heure légale de la fin de la pêche (souvent 22h30 sur la plupart des rivières françaises).

C’est à ce moment que les éclosions se succèdent et que les grosses truites sortent de leur cache pour s’alimenter intensément en suivant, très souvent, des circuits pré-établis.

Voici quelques clés pour réussir le mythique coup du soir que de nombreux moucheurs attendent avec beaucoup d’impatience:

  • aux beaux jours, lorsque le soleil se couche et que la luminosité se situe entre “chien et loup”,  mieux vaut être préalablement préparé tant ces moments de grâce où les truites sautent avidement sur “tout ce qui bouge” peuvent être fugaces – maximum une heure et demie, souvent beaucoup moins – et incertains (tout dépend aussi des conditions météorologiques: absence de vent et bon degré d’hygrométrie).

Je vous conseille vivement, avant le coup du soir, de procéder à un repérage précis des lieux dans lesquels vous allez pratiquer afin d’éviter toute mauvaise surprise (trous d’eau, retrouver votre chemin de retour, distance des coups de pêche, …) lorsque la luminosité sera très faible, voire quand la nuit sera tombée…

Dans tous les cas de figure, prévoyez de glisser dans votre gilet une petite lampe torche (les modèles avec des LED donnent de très bons résultats) voire, dans certains cas, une lampe frontale lorsque vous avez un bon bout de chemin à parcourir et que vous avez besoin de l’usage de vos mains pour monter sur la berge.

  • observez les oiseaux: la présence des hirondelles au ras de l’eau et des bergeronnettes sur les blocs de pierre au milieu de la rivière constitue un excellent signe précurseur de l’imminence d’une éclosion et donc de la mise en activité de nos partenaires.

  • généralement, de nombreuses familles d’éphémères sont présentes à la surface de l’eau (de la plus petite à la plus grande) : il faut donc observer les insectes qui intéressent les truites ainsi que leur taille  pour choisir dans sa(ses) boite(s) les bonnes artificielles. Sachant que les truites peuvent changer de menu au cours du coup du soir, les choix à opérer peuvent parfois s’avérer assez complexes: il convient donc de pratiquer des tests et de changer rapidement d’artificielle si celle que vous avez choisie ne donne pas les résultats escomptés.
  • la puissance des gobages et leur bruit peuvent donner des indications appréciables sur les insectes et leur stade de vie qui intéressent les truites en activité: les gobages discrets sont liés à des imagos de petite taille ou des petits moucherons; les gobages violents et sonores sont générés par des subimagos ou des imagos de grosse taille. Pour plus de précisions sur le cycle de vie des insectes aquatiques, vous pouvez consulter utilement l’article suivant: https://tenkaraworld.com/entomologie/

A noter que les gobages peuvent également être identifiés sous la forme de remous sous la surface: dans ce cas, les truites sont généralement intéressées par des nymphes qui tentent de rejoindre l’air libre pour poursuivre leur mutation. Dans cette situation, changez de technique de pêche en passant en nymphe ou, ce que je préfère largement, en noyée.

  • les coup du soir commencent généralement par les gobages des poissons les plus petits et se terminent par ceux des plus gros: il est rare de voir les plus beaux sujets gober avant la nuit. Les moments d’intense activité sont souvent suivis par des périodes de calme avant que la “folie” reprenne de plus belle.

  • lorsque la nuit est proche, le dernier acte du coup du soir, est souvent marqué par la présence de trichoptères qui peuvent déclencher un dernier moment d’hystérie collective où les truites peuvent perdre toute prudence. Je vous conseille donc, à ce moment précis, de choisir des imitations de sedges en respectant la taille, la couleur et le stade du cycle des insectes présents à la surface de l’eau et qui intéressent les truites. Voir l’article sur l’entomologie en cliquant que le lien suivant : https://tenkaraworld.com/entomologie/

L’utilisation de subsedges (nymphe de tricoptère montées sur des hameçons de belle taille  n° 8 ou n° 10) en pêchant en aval et en faisant draguer son artificielle à la surface de l’eau donne, à ce moment-là, de très bons résultats. En effet, les femelles déposent leurs œufs à la surface en virevoltant et en tapant leur abdomen sur l’eau: les truites les suivent lors de véritables chasses sur plusieurs mètres avant de s’en emparer goulument.

Un vrai moment d’extase pour nous, moucheurs !

Eric Le Rest.

Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/les-trois-vies-dun-pecheur-a-la-mouche/

Les capacités visuelles des truites

Parfois et malgré tous nos espoirs, les truites qui se nourrissent très régulièrement à la surface de l’eau dédaignent magistralement nos artificielles alors que nous avons pris toutes les précautions pour ne pas nous faire repérer et que la dérive de nos mouches est parfaite …

Si l’artificielle que vous utilisez a déjà leurré des poissons plus tôt lors de votre partie de pêche, nous pouvons nous demander légitimement la façon dont la truite qui nous intéresse voit notre mouche.

Les scientifiques se sont penchés sur le sujet et leurs conclusions sont les suivantes:

  • les poissons n’ont pas une très bonne vision des couleurs mais, par contre, ils arrivent à distinguer les nuances de teinte (de la plus claire à la plus foncée grâce aux variations de la luminosité). L’œil des poissons, même si il est très proche de l’œil humain au niveau de sa constitution, est beaucoup moins performant que ce dernier. Seuls les contrastes sont distingués par nos partenaires en fonction, bien entendu, de l’agitation de l’élément liquide qui coule au dessus de leur tête et de la lumière ambiante.

  • ils arrivent à distinguer la forme et la taille des insectes qui les intéressent. Par exemple, les tricoptères ont une forme radicalement différente et donc une ombre portée et une translucidité très différente de celles des éphémères. Il en est de même pour les antennes et les cerques de ces insectes. Pour plus d’informations, vous pouvez vous reporter à l’article suivant que j’ai écrit au sujet des connaissance de base que tout moucheur doit connaitre sur l’entomologie: https://tenkaraworld.com/entomologie/
  • nos chasseresses détectent parfaitement les mouvements des insectes et donc des artificielles. Tout mouvement qui ne parait pas naturel a tendance à caler ou à faire fuir irrémédiablement les poissons qui étaient pourtant dans de bonnes dispositions. C’est pour cette raison, lorsque nous pêchons en sèche et en amont, il faut absolument prohiber tout dragage de nos artificielles à la surface de l’eau.

Bien entendu, tout dépend également du laps de temps dont dispose une truite pour observer nos mouches (une truite positionnée dans un courant a forcément moins de “confort visuel” et de temps pour observer une mouche avant de s’en saisir qu’un poisson se trouvant dans une partie beaucoup plus calme de la rivière). Plus le poisson se situe dans un plat de la rivière, plus il se montrera difficile sur la taille de nos artificielles, sur certains détails, les contrastes, voire même les nuances de teintes…

A noter que le cône de vision des poissons est assez vaste dans la zone qui se situe devant leur tête: ils pourraient même repérer, de façon précise, des proies jusqu’à une dizaine de mètres devant eux lorsqu’ils évoluent dans des zones tranquilles.

Par contre, leur vision latérale est assez restreinte, floue et sans possibilité de distinguer les reliefs.

Pensons-y pour modifier notre angle d’attaque et donc notre positionnement par rapport au gobage d’un poisson en activité !

Eric Le Rest.

Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/comment-les-poissons-voient-ils-nos-mouches/