La pêche à la mouche & le mythique coup du soir

A la pêche à la mouche, le monde appartient souvent à ceux qui se couchent tard et pratiquent leur passion, juste avant l’heure légale de la fin de la pêche (souvent 22h30 sur la plupart des rivières françaises).

C’est à ce moment que les éclosions se succèdent et que les grosses truites sortent de leur cache pour s’alimenter intensément en suivant, très souvent, des circuits pré-établis.

Voici quelques clés pour réussir le mythique coup du soir que de nombreux moucheurs attendent avec beaucoup d’impatience:

  • aux beaux jours, lorsque le soleil se couche et que la luminosité se situe entre “chien et loup”,  mieux vaut être préalablement préparé tant ces moments de grâce où les truites sautent avidement sur “tout ce qui bouge” peuvent être fugaces – maximum une heure et demie, souvent beaucoup moins – et incertains (tout dépend aussi des conditions météorologiques: absence de vent et bon degré d’hygrométrie).

Je vous conseille vivement, avant le coup du soir, de procéder à un repérage précis des lieux dans lesquels vous allez pratiquer afin d’éviter toute mauvaise surprise (trous d’eau, retrouver votre chemin de retour, distance des coups de pêche, …) lorsque la luminosité sera très faible, voire quand la nuit sera tombée…

Dans tous les cas de figure, prévoyez de glisser dans votre gilet une petite lampe torche (les modèles avec des LED donnent de très bons résultats) voire, dans certains cas, une lampe frontale lorsque vous avez un bon bout de chemin à parcourir et que vous avez besoin de l’usage de vos mains pour monter sur la berge.

  • observez les oiseaux: la présence des hirondelles au ras de l’eau et des bergeronnettes sur les blocs de pierre au milieu de la rivière constitue un excellent signe précurseur de l’imminence d’une éclosion et donc de la mise en activité de nos partenaires.

  • généralement, de nombreuses familles d’éphémères sont présentes à la surface de l’eau (de la plus petite à la plus grande) : il faut donc observer les insectes qui intéressent les truites ainsi que leur taille  pour choisir dans sa(ses) boite(s) les bonnes artificielles. Sachant que les truites peuvent changer de menu au cours du coup du soir, les choix à opérer peuvent parfois s’avérer assez complexes: il convient donc de pratiquer des tests et de changer rapidement d’artificielle si celle que vous avez choisie ne donne pas les résultats escomptés.
  • la puissance des gobages et leur bruit peuvent donner des indications appréciables sur les insectes et leur stade de vie qui intéressent les truites en activité: les gobages discrets sont liés à des imagos de petite taille ou des petits moucherons; les gobages violents et sonores sont générés par des subimagos ou des imagos de grosse taille. Pour plus de précisions sur le cycle de vie des insectes aquatiques, vous pouvez consulter utilement l’article suivant: https://tenkaraworld.com/entomologie/

A noter que les gobages peuvent également être identifiés sous la forme de remous sous la surface: dans ce cas, les truites sont généralement intéressées par des nymphes qui tentent de rejoindre l’air libre pour poursuivre leur mutation. Dans cette situation, changez de technique de pêche en passant en nymphe ou, ce que je préfère largement, en noyée.

  • les coup du soir commencent généralement par les gobages des poissons les plus petits et se terminent par ceux des plus gros: il est rare de voir les plus beaux sujets gober avant la nuit. Les moments d’intense activité sont souvent suivis par des périodes de calme avant que la “folie” reprenne de plus belle.

  • lorsque la nuit est proche, le dernier acte du coup du soir, est souvent marqué par la présence de trichoptères qui peuvent déclencher un dernier moment d’hystérie collective où les truites peuvent perdre toute prudence. Je vous conseille donc, à ce moment précis, de choisir des imitations de sedges en respectant la taille, la couleur et le stade du cycle des insectes présents à la surface de l’eau et qui intéressent les truites. Voir l’article sur l’entomologie en cliquant que le lien suivant : https://tenkaraworld.com/entomologie/

L’utilisation de subsedges (nymphe de tricoptère montées sur des hameçons de belle taille  n° 8 ou n° 10) en pêchant en aval et en faisant draguer son artificielle à la surface de l’eau donne, à ce moment-là, de très bons résultats. En effet, les femelles déposent leurs œufs à la surface en virevoltant et en tapant leur abdomen sur l’eau: les truites les suivent lors de véritables chasses sur plusieurs mètres avant de s’en emparer goulument.

Un vrai moment d’extase pour nous, moucheurs !

Eric Le Rest.

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