Archives de catégorie : Accueil

Les différentes techniques de pêche du Tenkara

Réalisons ensemble un tour d’horizon des différentes techniques utilisées dans le cadre de la pêche au Tenkara.

Les pêcheurs japonais pratiquent classiquement six techniques.

Ces dernières sont progressivement complétées et affinées par les passionnés du Tenkara du monde entier.

Soulignons qu’il existe encore des marges de progression de ces pratiques selon les différents types de pêche utilisées :

  • En amont ou en aval
  • Pêche en sèche
  • Pratique de la mouche noyée
  • Nymphe à vue ou au fil
  • Pêche au streamer

Ainsi, vous pouvez trouver et apporter à la communauté des pêcheurs au Tenkara votre touche personnelle.

Votre savoir-faire peut donc compléter utilement ces six techniques de base décrites ci-après :

1. La technique de la dérive inerte :

Il s’agit ici d’une technique de base de la pêche à la mouche classique.

Elle est pratiquée en sèche, en lançant son artificielle en amont d’un gobage ou d’un poste où un poisson en sensé être positionné.

La kebari suit le courant de la rivière. A chaque fin de dérive, lorsqu’elle revient vers le moucheur, l’artificielle est relancée en amont.

En résumé, vous lancez puis vous étendez votre bras qui tient la canne pour suivre le courant.

Pour éviter le dragage de votre kebari, seule une toute petite portion du bas de ligne doit être en contact avec l’eau.

Idéalement, si uniquement votre kebari pouvait reposer à la surface de l’eau, ça serait parfait.

La parfaite maîtrise de cette technique repose sur le bon positionnement de votre bras qui tient la canne. En effet, au fur et à mesure que votre artificielle dérive, vous devez relever votre bras en extension pour limiter au strict minimum la portion de nylon en contact avec l’élément liquide.

2. La dépose statique de votre kebari :

On utilise cette technique lorsqu’on pêche à travers le courant ou légèrement en aval. Dans ce cas de figure on recherche à immobiliser son artificielle sur un même périmètre très limité de la rivière.

On lance sa kebari à un endroit précis, on la laisse dériver pendant deux secondes puis on la replace au même endroit qu’initialement. Cette opération peut être réitérée à trois ou quatre reprises.

Si le repositionnement de votre artificielle est réalisé tout en douceur, le poisson qui se tient à cet endroit ne sera pas effrayé. Il pourra même se laisser tenter au troisième voire au quatrième passage en n’étant même pas «interloqué » par les passages précédents. L’attrait de la nourriture est certainement supérieur à la mémoire vive des poissons !

Puis, bien entendu, on change régulièrement de poste, en descendant la rivière un peu plus bas, là où est sensé se tenir un nouveau poisson.

3. La combinaison de la dérive inerte et de la dépose statique (1 + 2) :

Cette technique se pratique en aval.

On lance sa kebari et on la pose, à contre courant, au niveau d’un poste identifié.

On la laisse dériver sur une distance d’environ 30 à 40 cm puis on relance d’un seul coup de poignet et on la laisse dériver une nouvelle fois au même endroit.

Cette opération accompagné d’un geste circulaire de la main, canne tendue, est répétée à plusieurs reprises. Le but recherché est de poser son artificielle et de la laisser s’approcher du poisson.


4. L’ancrage :

Cette technique est utilisée en amont, en travers du courant ou en aval.

Grâce à son bras tendu et des gestes de bas en haut, on donne à la kebari un mouvement de bas en haut comme si un insecte naturel émergeait à la surface de l’eau.

Ainsi, l’artificielle rentre et ressort de l’eau régulièrement, à répétition.

En utilisant cette technique, il faut bien avoir en tête trois éléments importants :

  • quelques centimètres uniquement de la ligne doivent rentrer dans l’eau
  • le succès de cette animation est lié au rythme avec lequel on effectue le geste de bas en haut avec le bras
  • les hackles de la collerette montés vers l’avant sur les kebari jouent ici pleinement leur rôle. L’action du courant donne à l’artificielle un côté pulsatile. Les hackles émettent des vibrations qui donnent une apparence de vie liée à la fébrilité de l’émergence.

5. La dérive animée de la kebari :

Cette technique se pratique en lançant en travers et légèrement en aval son artificielle et s’apparente grandement à la pêche en noyée.

Une fois posée, il convient de laisser couler son artificielle et de la mettre en action en l’animant sous la surface, à la bonne profondeur.

Pour ce faire, il faut tirer doucement d’une dizaine de centimètre la mouche vers soi, bras tendu, en donnant quelques légers coups de poignet.

Puis on relâche en la faisant dériver le long des rochers ou des herbiers positionnés dans la rivière.

Il convient de répéter cette opération tout au long de la dérive.

Avec de l’expérience et quand les poissons sont bien disposés, on arrive à suivre visuellement sa ou ses mouches sous la surface de l’eau et à déclencher les touches de façon quasi prédictive.

C’est ce qui rend cette pêche si attrayante et si passionnante !

6. La technique combinatoire :

Il s’agit d’une pêche sous la surface de l’eau, en amont ou en aval, et qui mixe toutes les techniques indiquées précédemment.

On les utilise selon son inspiration du moment, les conditions de pêche ou en fonction de l’endroit de la rivière où on se trouve.

Ainsi, sur des portions de dérive, une fois que votre kebari est immergée, on combine et on panache la dérive inerte, la dépose statique, l’encrage et la dérive animée.

L’important est de prendre le plus de plaisir possible tout en étant efficace.

Pour conclure, les techniques que vous utiliserez au Tenkara sont directement liées :

  • au type de pêche que vous aimez spontanément pratiquer
  • à votre maîtrise en liaison avec l’expérience accumulée
  • aux circonstances de pêche. Il est clair qu’en présence de nombreux gobages, vous allez chercher à pêcher en sèche et pas monter un streamer au bout de votre ligne
  • aux résultats concluants que vous avez préalablement enregistrés lors de précédentes sorties de pêche.

Eric Le Rest

Bien débuter à la pêche à la mouche

La pêche à la mouche, comme toutes les passions et/ou tous les sports, possède sa propre terminologie et ses propres codes qui ne sont pas toujours très simples à appréhender pour les débutants.

À l’heure où la collaboration et la transversalité sont des valeurs de plus en plus mises sous les feux des projecteurs, je vais essayer, le plus simplement possible, de transmettre aux débutants qui souhaitent s’initier et monter rapidement en puissance les différentes clés et les voies à emprunter pour les aider à lever les premiers obstacles auxquels ils vont être confrontés.

En premier lieu, le conseil que je souhaiterais mettre en exergue est de débuter la pêche à la mouche par la technique du Tenkara.

Pour ce faire, j’ai réalisé deux cartes heuristiques recensant les atouts du Tenkara par rapport à la technique de la pêche à la mouche classique :


Comme vous pouvez le constater, la technique du Tenkara vous permet de vous mettre le pied à l’étrier plus facilement en évitant de vous tromper, d’acquérir de mauvais gestes, de dépenser des sommes trop importantes tout en prenant rapidement des poissons et du plaisir.

RENSEIGNEZ-VOUS AUPRÈS DES DÉTAILLANTS D’ARTICLES DE PÊCHE :

En fait, rester seul serait le meilleur moyen de vous décourager ou d’acquérir de mauvais gestes dont il vous sera très difficile, à postériori, de vous débarrasser.

Allez donc vous balader dans les magasins d’articles de pêche proches de chez vous ou sur le net (certains sites possèdent des numéros verts que vous pouvez contacter et les conseils donnés sont souvent de très bonnes factures), essayer de glaner tous les renseignement utiles et de poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit.

Généralement, les commerçants adorent parler de leur passion et vous mettront en contact avec des initiés, un club ou un guide pêche.

CONSULTEZ INTERNET :

Il est vrai que lorsque j’ai commencé à pêcher à la mouche en 1968, Internet n’existait pas (très loin de là…) et les « vieilles mains » étaient très avares du moindre renseignement…

Aujourd’hui, bien heureusement, les choses ont bien évolué et les apprentis moucheurs se retrouvent, à l’inverse, face à une profusion de sources qui peuvent générer une surabondance d’informations dont il est parfois compliqué de retirer la substantifique moelle.

Néanmoins, il est préférable de se voir proposer une masse d’informations et de réaliser un tri plutôt que de ne pas en avoir du tout, ou très peu et/ou pas forcément pertinentes.

JE VOUS CONSEILLE DONC DE :

  • vous inscrire sur les groupes Facebook (vous pouvez consulter mon profil sur lequel je poste très régulièrement des informations https://www.facebook.com/eric.lerest.9 ) autour de la pêche à la mouche pour échanger avec des sachants,
  • consulter des principaux réseaux sociaux comme Instagram, Pinterest et YouTube afin de découvrir les magnifiques photos et/vidéos au sujet de notre passion qui y sont postées.

Bien entendu, les différents sites, forums, blogues et revues papier, voire dématérialisées, complèteront utilement votre référentiel de base et vous fourniront une mine de renseignements utiles.

ADRESSEZ VOUS AUX CLUBS :

Si vous en avez un proche de chez vous, n’hésitez pas : c’est le meilleur moyen de progresser rapidement en termes de casting (des séances sont généralement organisées très régulièrement pour vous apprendre à lancer) et de montage des artificielles, en dehors de la saison de pêche.

Bien entendu, durant la saison, des sorties au bord des rivières permettent également au débutants de progresser très rapidement.

Ainsi, pour connaître les coordonnées des différents clubs sur notre territoire, vous pouvez consulter utilement le site de la Fédération Française des pêcheurs à la mouche ://www.ffpml.fr/

FRÉQUENTEZ LES SALONS SPÉCIALISÉS :

Même si les salons ne sont pas aussi nombreux en France qu’à l’étranger, il me paraissent incontournables pour :

  • rencontrer de nombreux passionnés, des clubs et des milieux spécialisés de la pêche à la mouche,
  • glaner une maximum de renseignements sur un laps de temps court,
  • découvrir de nouveaux matériaux notamment pour le montage des mouches artificielles,
  • tester, par exemple, auprès de fabriquant de, des cannes sur les bassins de lancer.

Deux salons, font référence à mes yeux :

  • Le salon de la mouche à Saint Etienne et qui est organisé tous les deux ans. La prochaine édition se déroulera en février 2021. Pour tout renseignement, consultez la site suivant :

http://www.sanama.fr

  • Le salon des pêches à la mouche de Carhaix, dans le Finistère (département cher à mon coeur), qui se déroulera les 22 & 23 février 2020.

https://www.sortir-en-bretagne.fr/105320/carhaix-plouguer/salon-des-peches-a-la-mouche.html

FAITES APPEL AUX GUIDES PROFESSIONNELS :

Outre le fait que les guides vous permettront d’acquérir les rudiments du lancer et de l’entomologie, ils vous enseigneront immédiatement les bons gestes et vous feront monter en puissance très rapidement.

Il est vrai que c’est un investissement financier assez conséquent mais vous n’êtes pas obligé de choisir une formule individuelle et vous pouvez partager les frais avec d’autres « élèves ».

Vous pouvez aussi opter pour une formule du type cagnotte cadeau collectif pour un événement particulier (anniversaires, noël, …) qui vous fera certainement plus plaisir et vous laissera sûrement plus de souvenirs qu’un cadeau classique qui restera, peut être, dans le fond de vos placards.

RIEN NE REMPLACERA JAMAIS L’EXPÉRIENCE ACQUISE AU BORD DE L’EAU :

Pour conclure, n’oubliez jamais que l’expérience, la mise en pratique et l’observation sont des incontournables qui consolideront au fil des années votre socle de base en matière de compétence sur la pêche à la mouche.

Ainsi, quel que soit les « heures de vol » que vous aurez acquises au bord des différentes rivières que vous fréquenterez ou que vous passerez sur l’étau à monter des artificielles, vous découvrirez toujours quelque chose de nouveau qui éclairera et complètera votre compétence et alimentera votre passion, voire votre addiction.

Éric Le Rest

La présentation, un incontournable de la pêche à la mouche

Le fait de poser son artificielle au bon endroit est une chose mais, la faire passer sans draguer dans le cercle de vision d’un poisson, en est une autre…

Il convient donc de veiller à une bonne dérive, surtout si le poisson est bien éduqué, car nous ne disposons pas vraiment du droit à l’erreur si nous voulons éviter d’attiser la méfiance et donc provoquer le refus de ce dernier.

Le brochet & la pêche à la mouche

Image impressionnante d’un gros brochet en surface prêt à bondir sur tout ce qui bouge

Les truites et les ombres ne sont pas les seuls poissons qui peuvent être capturés grâce à une mouche artificielle. Ainsi, les carnassiers et plus particulièrement les brochets (mais également les black-bass et les perches) mordent très bien aux streamers et autres leurres de surface.

Certains moucheurs se sont spécialisés dans cette pêche passionnante qui apporte beaucoup de sensations. Voir monter le “bec” en surface, suivre votre artificielle, l’observer avant de l’enfourner dans des remous jaillissants et des gerbes d’éclaboussures est particulièrement spectaculaire et jouissif !

Algoma Pike Attacks

Great collage of pike attacks in this video made for Algoma Country in Northern Ontario. Lots of wonderful locations to fly fish for big pike on a fly! #algmomacountry Orvis Fly Fishing #DestinationON #gofishinontario

Publiée par The New Fly Fisher sur Lundi 2 décembre 2019

Néanmoins, il ne faut pas imaginer que c’est pour autant facile de capturer un brochet dans tous les étangs ou toutes les rivières de deuxième catégorie, dans n’importe quelle condition et avec n’importe quel leurre ou quel matériel.

Je souhaite dans cet article vous faire découvrir cette technique impressionnante et palpitante de pêche à la mouche et vous indiquer un certain nombre de bonnes pratiques qui vont vous permettre, je l’espère, de faire la différence:

  • Premièrement, il convient de choisir des rivières ou des étangs pas trop profonds et pas trop envahis par la végétation aquatique.
  • Pour atteindre plus facilement certains postes, il ne faut pas hésiter à utiliser un float tube (1) et porter des lunettes polarisantes pour faciliter le repérage des poissons en état de fébrilité nourricière. Les polarisantes permettent également de suivre l’attaque avec précision et d’éviter tout phénomène de surprise qui joue toujours en défaveur du moucheur.

  • Aux moments les plus chauds de l’année, entre les mois de juin et de septembre (les mois sans “r” contrairement à la dégustation des huîtres), les brochets occupent généralement des postes de chasse proches de la surface. Il s’agit donc d’une pêche estivale de surface pratiquée avec une soie flottante et avec des streamers faiblement plombés. Bien entendu, les brochets peuvent également se pêcher en hiver et en profondeur, lorsque les eaux sont froides (avec des artificielles très plombées et une soie plongeante, voire très plongeante). Je trouve, à titre personnel, cette pêche hivernale trop monotone et trop rébarbative. Je préfère rester au chaud, devant mon étau, à monter des mouches pour la saison suivante.
Comment un brochet pourrait-il résister longtemps à ce genre d’artificielle ?

Les leurres à fouetter que j’utilise, à titre personnel sont des petits poppers flottants ou de streamers qui sont des artificielles incitatives composées de matériaux “flashy” du style Krystal Hair ou Flashabou ou des modèles imitatifs comme des libellules, des grenouilles, des souris réalisées en poils de cervidés ou avec des bandelettes de fourrure. A noter qu’il est préférable d’équiper vos artificielles d’un système anti accrochage composé d’un brin de nylon anti-herbe.


Un popper très incitatif équipé d’un système anti-herbe.

L’action de pêche est itinérante: il faut passer d’un poste à l’autre après avoir essayé à 3 ou 4 reprises au même endroit de tenter un brochet en embuscade. Rien ne sert d’insister plus longtemps car soit le brochet est actif et il va se manifester très rapidement, soit il est inactif et il est inutile de perdre son temps…

Il convient de lancer son leurre à côté des postes riches en végétation aquatique (par exemple des nénuphars ou des herbiers d’été) ou des arbres morts, à quelques mètres du bord et de mettre votre streamer immédiatement en activité. L’idéal étant évidemment de repérer les brochets en activité grâce à une chasse de surface et de poser son artificielle à l’endroit prometteur.

Le secret de la réussite consiste à imprimer à son streamer une nage attractive grâce à la vitesse de récupération de sa soie et au tricotage imprimé grâce à sa main gauche. Il convient de procéder en surface ou juste en dessous de cette dernière à des glissades, des bonds en avant sur de courtes distances et d’amplitudes variées, des relâchers, des nages ondulatoires (succession de plongées et de remontées), des dandinements, des changements de trajectoire, … bref à une animation qui agace et attire l’intérêt du brochet tout en excitant son agressivité.

En cas d’attaque, laissez le brochet se retourner sur votre leurre et, surtout, adoptez un léger différé de ferrage pour conserver d’inoubliables souvenirs.

Au niveau du matériel, vous pouvez utiliser une canne de 9′ ou 9’6 d’action rapide équipée d’un talon de combat et calibrée pour une soie de 7 (de type WF) qui permet de lancer de gros streamers volumineux sur de longues distances sans se fatiguer et de combattre de gros poissons.

Il est préférable de prévoir, sur un moulinet de qualité et dont le frein aura été préalablement bien réglé, un backing d’une longueur de 60 m dans le cas où vous seriez confronté à une belle bagarre avec un très beau poisson.

Des streamers colorés qui donnent de bons résultats

En matière de bas de ligne, il est inutile de finasser: un bas de ligne de 2,10 m avec une pointe en Kevlar fera très bien l’affaire. Voici une formule que j’utilise: 80 cm de 50/100, 40 cm de 40/100, 40 cm de 30/100, 50 cm de Kevlar / 4 kgs (avec un raccord boucle dans boucle).

La pêche du brochet (Exos Lucius) à la mouche est sportive, captivante et riche en émotions. Elle représente une bonne alternative pour pratiquer la pêche à la mouche sur les rivières de deuxième catégorie dans les départements qui n’ont pas la chance de posséder des rivières salmonicoles.

Éric Le Rest.

Tonton François aurait adoré, j’en suis certain, pêcher le brochet à la mouche sauf, qu’à l’époque, la technique n’existait pas: elle n’est seulement apparue que dans les années 80.

(1) Le Float Tube est une espèce de petit pneumatique qui a été inventé aux USA et qui est de plus en plus utilisé par les pêcheurs pour atteindre des portions de rivière sauvages jusqu’alors totalement inaccessibles des berges et donc quasiment jamais prospectées. Ces petites embarcations sont légères, discrètes (il arrive même que des carnassiers ne se rendent pas compte de notre présence dans l’eau à quelques mètre d’eux) et facilement pilotables (grâce à des palmes montées sur les chaussures de waders). Le Float Tube n’est pas très onéreux au regard des avantages apportés. L’utilisation du Float Tube est donc particulièrement recommandée et payante avec, très souvent à la clé, des combats limités dans le temps mais très intenses.

Pêche à la mouche: comment éviter le vrillage ?

Une mouche de mai “traditionnelle” montée avec des ailes qui provoquent systématiquement le vrillage des bas de ligne.

Plus les mouches que vous utilisez sont volumineuses, plus elles offrent une résistance à l’air lors de vos faux lancers et plus votre bas de ligne est soumis à rude épreuve avec une fâcheuse tendance à vriller.

Bien entendu, lorsqu’un bas de ligne est vrillé, il devient absolument impossible de réaliser de belles belles dérives et de bonnes présentations sous l’effet d’un nylon transformé en “tire-bouchon”. Vous n’avez alors qu’à changer toute votre pointe qui est devenue inutilisable, voire à refaire une grande partie de votre bas de ligne.

Ce phénomène indésirable se produit régulièrement lorsque vous utilisez de grandes artificielles rigides, je pense notamment à la mouche de mai. Lors de vos faux lancers, votre mouche se comporte comme une pale d’hélicoptère qui tourne autour de l’axe constitué par votre bas de ligne.

Certaines imitations de cette boite à mouches m’interpellent car elles doivent entraîner des vrillages quasi systématiques des bas de ligne !

Alors, comment éviter ce phénomène indésirable et frustrant ? Voici quelques éléments de réponse:

  • En premier lieu, évitez les artificielles avec des ailes comme on en voit encore trop souvent dans la littérature halieutique (voir les deux photographies de cet article). En ce qui concerne les imitations de mouche de mai, il s’agit des fameuses deux ailes de plumes de flancs de canard qui sont montées dos à dos sur la hampe de l’hameçon. Ces imitations flattent l’œil du pêcheur mais s’avèrent être de véritables “éoliennes” et vrillent immédiatement les bas de ligne sauf à utiliser des pointes d’au minimum 20/100 ce qui est totalement irréaliste sur des poissons éduqués.
  • Choisissez des artificielles dépouillées composées avec du CDC (Cul de Canard) ou avec des poils de cervidés. Le CDC n’offre que peu de résistance à l’air et donne à votre artificielle une impression supplémentaire de vie grâce à son côté pulsatile. Vos mouches flottent également plus bas ce qui imite avantageusement le stade émergent.
Imitations de mouches de mai réalisées avec du croupion de canard.
  • Réduisez les hackles (plumes de cou de coq) qui ont pour vocation d’imiter les pattes des éphémères et optez pour des matériaux modernes hydrophobes: polypropylène, dubbings divers et variés. Si vous souhaitez néanmoins utiliser des collerettes formées par des hackles sur vos montages, limitez à deux tours autour de la hampe de l’hameçon et utilisez des hackles courts.
  • Optez pour des bas de ligne de longueur raisonnable. Inutile d’utiliser, comme pour la pêche en nymphe, des bas de ligne extra longs: ils ne devront pas dépasser les 4 m – 4,5 m. Vous ne pouvez pas non plus avoir recours à des longueurs de bas de ligne moins importantes si vous souhaitez éviter le phénomène de dragage: comme pour beaucoup d’autres choses, il faut donc trouver un juste équilibre.
  • Enfin, utilisez des nylons de dernière génération en fluorocarbone qui possèdent les cinq avantages suivants: ils sont plus résistants, plus raides, plus coulissants, plus transparents et sans mémoire.

Ne sous-estimez pas le phénomène de vrillage car il peut gâcher une partie de pêche et ruiner tous vos espoirs, surtout lorsqu’il se produit en plein milieu d’un éclosion prometteuse ?

Éric Le Rest.

Une imitation d’Ephéméra Danica confectionnée par mes soins et que j’utilise régulièrement.

Pêche à la mouche: efficace comme une fourmi !

Les imitations de fourmis sont des mouches estivales incontournables.

Tout moucheur devrait en posséder dans ses boites tant les truites et les ombres en sont friands.

Je vous parle ici des fourmis ailées qui partent en essaimage, au cœur de l’été, durant les périodes de grosses chaleurs.

En effet, lorsque l’atmosphère est lourde, elles essaient de fonder de nouvelles colonies.

Malencontreusement, il leur arrive de tomber en abondance à la surface de nos rivières préférées.


Nos partenaires adorent venir en surface cueillir ces petites terrestres. Ce sont souvent les seules espèces à les intéresser, même en présence de nombreux autres éphémères.

Lorsque vous avez essayé bon nombre d’artificielles et que rien ne marche, pensez donc à choisir des imitations de fourmis ailées.

C’est très souvent gage de réussite même lorsqu’il n’y a pas de fourmi à la surface de l’eau.

D’une manière générale les gobages sur les fourmis sont très discrets, furtifs mais très souvent en nombre important.

Par expérience, vous avez intérêt à choisir une imitation la plus réaliste possible car les truites et les ombres sont très regardants.

C’est surtout le cas si vous pêchez sur des grands lisses aux courants assez lents.

Il convient de bien veiller à utiliser des imitations, composées de résines UV et de Foam, de la même taille que celles qui sont présentes à la surface de l’eau.

Vous pouvez donc, selon la taille, utilisez des modèles montés sur des hameçons compris entre le n° 16 et le n° 22.

Je vous conseille de choisir généralement de choisir des imitation couleur noire et parfois de couleur rouge.

Il est préférable d’avoir dans ses boites des modèles confectionnées avec les deux couleurs.

Ne pas hésiter à utiliser du Foam, matériau moderne qui donne une flottabilité extraordinaire à votre imitation.

Avec des artificielles d’aussi petite taille, vous devez recourir à de longs bas de ligne qui se terminent par de longues pointes en 10/100, voire en 8/100.

A noter que vous pouvez également utiliser les imitations de fourmis sous la surface.

Ainsi, il m’arrive souvent de pêcher en noyée, avec trois fourmis de taille et de poids différents et j’obtiens des résultats tout à fait satisfaisants.

Éric Le Rest.

Les fourmis de ma boite à mouche.

Pêcher à la mouche en tandem

Il est bien évidemment possible de pêcher en sèche ou de pêcher en nymphe mais nous avons trop tendance à ne pas imaginer qu’il est tout à fait intéressant et efficace de pratiquer les deux techniques en même temps. C’est ce que j’appelle la pêche en tandem.

Le procédé est pourtant simple:

  • Vous l’utilisez déjà lorsque vous pêchez en noyée: une artificielle en pointe et une autre en intermédiaire ou en sauteuse. Je vous propose ici de pêcher avec une nymphe en pointe qui sera donc active sous la surface de l’eau et une sèche en sauteuse qui jouera le rôle d’indicateur de touche et qui pourra, en même temps, leurrer des poisons en surface ,
  • La polyvalence est ici de mise car vous pouvez bénéficier de toutes les opportunités liées aux différents stades d’une éclosion,
  • Les ombres apprécient franchement cette technique qui permet de doubler son potentiel de captures. Les truites ne sont pas en reste,
  • Il est largement recommandé d’utiliser cette technique sur des rivières dont les fonds sont globalement de profondeur homogène,
  • La mouche sèche permet de bien visualiser la dérive de la nymphe mais elle doit également conserver tout son potentiel attractif et ne surtout pas être considérée comme une artificielle de “seconde zone”,
  • Bien entendu, cette “sauteuse” doit flotter haut et être visible . Je vous conseille donc fortement d’utiliser des artificielles montées avec du poil de cervidés et couronnées par un petit toupet en matériau synthétique de couleur vive, voire fluo. Pourquoi ne pas avoir recours aux imitations de terrestres ? En tout état de cause le poids de votre nymphe ne doit pas faire couler votre sèche qui doit toujours demeurer en surface. Il convient donc de trouver le juste équilibre entre le poids de l’une et la capacité de flottaison de l’autre.

La liaison entre la nymphe et la “sauteuse” est bien entendu réalisé à l’aide d’un fil en nylon mais, pour ce faire, trois techniques peuvent être employées:

  • Le nylon peut être simplement fixé via un nœud réalisé à la courbure de l’hameçon de votre “sauteuse”. Toutefois, ce montage confère une certaine rigidité à votre sèche qui paraîtra beaucoup  moins “libre” en terme de dérive,
  • Le nylon servant à retenir votre sèche par le biais de son œillet peut également être utilisé. Il suffit de conserver, au lieu de la couper, une pointe excédentaire suffisamment longue pour y nouer votre nymphe. Ainsi, votre “sauteuse” sera beaucoup moins contrainte et donc plus prenante.
  • Comme avec un train de noyées, vous pouvez réaliser une potence de quelques centimètres à laquelle vous attachez votre sèche. Le dragage de votre “sauteuse” sera limité et vous pourrez potentiellement toucher beaucoup plus de poissons.

C’est cette dernière option que j’utilise avec bonheur tout en veillant à éviter tout dragage de ma mouche de surface.

Eric Le Rest.

Le No Kill & la pêche à la mouche

Je souhaite revenir sur la notion de “No Kill” dont je vous ai déjà parlé, à plusieurs reprises, dans Tenkaraworld.com.

Le “No Kill” que l’on nomme également “Graciation” (au Québec), “Catch & Release” (dans les pays anglosaxons), “Prendre & relâcher” (en France), repose sur la remise à l’eau, en bonne santé, des poissons que l’on pêche à la mouche. Ainsi, nous ne pouvons pas prétendre qu’une truite qui saigne soit en bonne santé car elle ne survit généralement pas à ses blessures.

Pour qu’un poisson soit au meilleur de sa forme, il convient, par ailleurs, de raccourcir au strict minimum la durée du combat car l’acide lactique produit dans les chairs de notre partenaire devient rapidement toxique.

Lorsque vous graciez un poisson sachez également qu’il est franchement préférable de :

  • Ne pas lui toucher les flancs pour éviter d’enlever le mucus. La chaleur et la sécheresse des mains sont très néfastes: c’est pour cette raison qu’il faut toujours se mouiller les mains avant de saisir un poisson,
  • Utiliser des hameçons sans ardillon qui ne font pas se décrocher plus de poissons mais évite de les abimer,
  • Le relâcher dans une zone calme de la rivière,
  • Le réoxygéner dans l’eau en lui donnant des mouvements lents d’avant en arrière pour ventiler ses branchies. 

Il existe, en France et à l’étranger, de nombreux parcours “No Kill” imposés qui constituent des réserves actives sur des portions de rivières de première catégorie. Les mentalités des pêcheurs ont considérablement évolué, en la matière, au cours de la dernière décennie (les pêcheurs et particulièrement les moucheurs ont beaucoup plus de respect et d’éthique que par le passé).

Les non pêcheurs peuvent juger la pratique du «No Kill» cruelle (dans les faits lorsqu’elle est bien pratiquée, elle ne l’est pas du tout) et certains pêcheurs ne semblent pas comprendre les raisons pour lesquelles il convient de gracier les poissons qu’ils prennent…

Sachez que parmi les adeptes du “No kill”, il existe trois catégories de pêcheurs:

  • Ceux qui aiment et pratiquent le “No Kill” intégral en estimant qu’il s’agit d’un mode de gestion écologique des rivières car les poissons deviennent de plus en plus difficiles à prendre pour les “Killers”, car de mieux en mieux “éduqués” et de plus en en plus méfiants. Ces moucheurs ont également pris conscience, outre la valeur écologique indéniable d’une rivière, de la valeur économique du patrimoine halieutique (la réputation d’une rivière en fait un outil promotionnel et de communication qui attire de nombreux pêcheurs, avec leur famille; ces derniers dépensent de l’argent dans des zones rurales trop souvent abandonnées par les pouvoirs publics).
  • Les moucheurs qui préfèrent le “No Kill” partiel en prélevant les plus gros sujets (des truites de plus de 45 cm) qui nuisent aux autres poissons car elles sont devenues cannibales et sont peu prolifiques en tant que géniteurs. Les meilleurs géniteurs se situent, sur les rivières calcaires, dans une fourchette de taille comprise entre 30 et 45 cm. A ce propos, aux USA, une grande majorité des rivières sont gérées en “No Kill” partiel.
  • Ceux qui souhaitent limiter le nombre de prises sur un certains nombre de parcours de la rivière.

A titre personnel, je pratique le « No Kill » intégral; non pas parce je suis un “intégriste” du “Cash & Release” mais parce que j’ai horreur de tuer de très beaux poissons en prenant le risque de ne pas les manger dans la foulée et qu’il finissent à la poubelle: je préfère les voir en vie dans nos rivières même si ce sont des prédateurs !

Dans tous les cas de figure, grâce à la pratique du “No Kill”, il est prouvé que le nombre de poissons et que la taille de ces derniers augmentent sensiblement par rapport aux parcours classiques de rivières. 

Ainsi, la pêche est, grâce au “No Kill”, un loisir et un plaisir pleinement respectueux des principes écologiques à grande valeur ajoutée.

Éric Le Rest.

Le Tenkara & le paradis des terrestres

Les pêcheurs à la mouche ne pensent pas assez souvent à utiliser les imitations d’insectes terrestres.

Ces artificielles sont, trop fréquemment et par méconnaissance, les parents pauvres de nos boites.

Leur pouvoir de “séduction” auprès de nos partenaires est pourtant important. D’ailleurs, nous pouvons le constater lors de l’observation du contenu stomacal des truites.

Lorsque l’été arrive, la vie s’anime sur les berges de nos rivières préférées.

Les sauterelles, les grillons, les chenilles, les abeilles, les coléoptères,… sont légions et représentent, lorsqu’ils tombent dans l’eau, des proies faciles à forte valeur nutritionnelle.

En effet, ils ne risquent pas, comme les éphémères, de pouvoir redécoller et quitter l’élément liquide.

Les imitations de sauterelles et de criquets de ma boite à mouche.

Aux USA, les moucheurs utilisent beaucoup plus régulièrement qu’en Europe ces artificielles composées de matériaux synthétiques (à base notamment de foam pour les corps et de fins fils de caoutchouc pour les pattes) dont les tailles sont impressionnantes.

Ainsi, il suffit de regarder quelques vidéos sur YouTube pour se rendre compte que les résultats obtenus les comblent de bonheur.

Alors, pourquoi pas nous, en France ?

Bien entendu, personne n’imagine utiliser sur nos rivières françaises des artificielles de 5 à 6 cm de longueur.

Par contre, je vous conseille de tester quelques imitations en respectant les règles suivantes:

  • Sacrifiez quelques insectes terrestres que vous trouverez au bord de votre rivière fétiche et ramenez les chez vous pour essayer de les imiter lorsque vous serez devant votre étau, surtout aux niveaux de la taille. Les couleurs sont moins importantes car les matériaux avec des tons verts ou roses fluos donnent de très bons résultats. Ne passez pas trop de temps à essayer de les reproduire de façon trop précise. Les imitations d’ensemble font parfaitement l’affaire (la silhouette est plus importante que le détail).
  • Une fois posées sur l’eau, vos imitations doivent être légères et mobiles afin qu’elles flottent et que vous puissiez les animer.
  • En matière de pointes de vos bas de ligne, il est inutile de descendre en dessous du 14/100. Vous éviterez ainsi de les faire vriller au premier lancer.
Une imitation quasi parfaite d’une sauterelle mais qui, d’après mon expérience, n’apporte pas plus de résultat qu’une imitation d’ensemble beacoup moins sophistiquée.
  • Les posés de vos artificielles n’ont pas forcément besoin d’être discrets. Il est logique que le poids d’une sauterelle tombant dans l’eau produise de légères ondes à la surface.
  • Je vous conseille d’animer légèrement et par intermittences votre artificielle pour imiter un insecte qui se débat sur l’eau.
  • Pêchez surtout les bordures !! Vous verrez certainement de très beaux poissons sortir comme des morts de faim de dessous les berges. Ils ne feront qu’une bouchée de vos terrestres.

Eric Le Rest.

Prenez la température avant de pêcher à la mouche

La température de l’eau génère un impact immédiat sur l’activité des truites.

Elle représente donc un élément fondamental de votre stratégie de pêche.

Bien entendu, ce n’est le seul paramètre à prendre en compte avant de vous mettre en action :

  • les niveaux d’eau,
  • la pression atmosphérique,
  • la luminosité,
  • le degré d’hygrométrie,…
  • sont également des facteurs importants à intégrer.

Je vous conseille donc de débuter systématiquement vos parties de pêche par une prise de température de l’eau.

Pour ce faire, vous devez avoir sur vous, en permanence, un thermomètre. Il constitue, à mes yeux, un des plus importants outils de la panoplie du pêcheur.

Il faut que vous sachiez que :

  • La température de l’eau conditionne le métabolisme des poissons et donc leur alimentation sur des périodes plus ou moins fréquentes et plus ou moins longues.
  • La température optimale de l’eau pour les poissons se situe à 13°.  Vous devez donc privilégier les rivières dont le spectre de température de l’eau se situe entre 10° au minimum et 16° au maximum.
  • En dehors de cette amplitude, l’activité des poissons devient beaucoup plus réduite et aléatoire.

Le caractère précoce ou tardif d’une rivière est directement lié à cet aspect variations des températures:

  • Certaines rivière présentent une activité soutenue de leurs poissons en tout début de saison (elle sont considérées comme précoces) à cause des températures relativement élevées de leurs eaux.
  • D’autres se réveillent beaucoup plus tardivement (en mai / juin) car leurs eaux sont beaucoup trop froides à l’ouverture. Elles sont donc considérées comme tardives.

Bien entendu, la température de l’air conditionne celle de l’eau.

La première varie considérablement au cours de la journée (entre la nuit et le jour mais également entre le matin et l’après midi, comme c’est très souvent le cas au printemps).

La deuxième enregistre également des variations moins importantes mais significatives et impactantes sur le comportement de nos partenaires

Comme je vous le précisais plus haut, n’hésitez surtout pas à sortir votre thermomètre au début de chaque partie de pêche (peu de pêcheurs le font).

Ainsi, vous disposerez de très précieuses indications et explications sur le comportement futur des poissons objet de votre quête.

Eric Le Rest.