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Noyée avec une canne à deux mains

Le choix de la canne à deux mains

En premier lieu, cette utilisation de la canne à deux mains pour pêcher la truite en noyée est une variante de la peche au saumon.

A titre personnel, j’utilise une canne « JMC Migration Trout Switch » de 11’3 pour soie 4/5 en 4 brins. Les 4 brins facilitent le transport de la canne, dans le cadre des voyages.

Par ailleurs, cette Switch présente un excellent rapport qualité / prix. En effet, elle ne coûte « que » 219 €. Ce n’est pas un prix très élevé en comparaison des cannes proposées par les autres marques, voire de certaines cannes à une main.

En outre, la canne switch à deux mains, est très polyvalente :

  • elle permet de pêcher en noyée, en sèche ou en nymphe en fonction des niveaux auxquels les poissons se nourrissent et de passer rapidement d’une technique à l’autre. Par exemple, lorsqu’une éclosion se produit, la souplesse de cette canne en carbone offre la possibilité de passer de la pêche en noyée à la pêche en sèche.
  • la distance moyenne des lancers se situe entre 25 et 30 m soit environ 10 m de plus qu’avec une canne à une main.
  • cette canne est très équilibrée grâce au poids du moulinet et de la soie qui le garnit. J’utilise des moulinets manuels dont le poids, avec la soie et le backing, permet d’équilibrer parfaitement l’ensemble canne / moulinet. Bien entendu, ce moulinet en aluminium de type aéronautique présente un large arbor. Il s’agit du diamètre de l’axe central de la bobine qui doit être important pour limiter le vrillage de la soie. Par ailleurs, ce moulinet possède un réglage de frein très progressif et sensible. En dernier lieu, il convient de veiller à pouvoir procéder à un enroulement rapide de la soie.

Quels sont les avantages liés à l’utilisation d’une canne à deux mains ?

  • les lancers roulés sont grandement facilités et permettent de les effectuer à une plus grande distance . Ainsi, vous obtenez une augmentation très appréciable de la surface d’action et de la dérive de votre train de mouches noyées.
  • la longueur de la canne permet d’obtenir un meilleur angle de lancer. Cet angle s’inscrit idéalement à 90 degrés par rapport au courant.
  • vous obtenez moins de décrochages car la canne à deux mains est beaucoup plus longue et beaucoup plus souple. On rate donc beaucoup moins de poissons.
  • possibilité de réaliser des lancers Spey et Double Spey sans disposer du recul nécessaire derrière soi. On parle ici de D Loop qui correspond à une boucle arrière permettant de charger le ressort de la canne. Il est donc possible de continuer à lancer loin avec des arbres dans son dos, tout en réalisant un changement de direction à sa soie sans avoir à effectuer une série de faux lancers.
  • le posé des mouches est bien meilleur qu’avec une canne à une main. Elles tombent sur l’eau avec beaucoup plus de douceur grâce à la grande puissance des cannes.
  • vous évitez les faux lancers et de sécher les mouches noyées qui coulent donc au niveau recherché beaucoup plus rapidement

Quelle soie et quel bas de ligne utiliser ?

En fait, j’utilise, au choix, une soie flottante WF 4 classique ou, pour faciliter les lancers, une soie spécialisée «Trout Spey» de la marque RIO. Plus particulièrement la série «Intouch Trout Spey» qui possède des boucles à ses deux extrémités et une Running Line intégrée.

Vous pouvez l’acheter sur le site d’Ardent Pêche : https://www.ardentflyfishing.com/soie-rio-intouch-trout-spey-p-74511

Le système des boucles intégrées au bout de la soie permet de réaliser très facilement la jonction de type boucle dans boucle avec les différents « Versileaders » plus ou moins plongeants auxquels j’ai recours.

Ces pointes qui possèdent une âme en polymère et en tungstène permettent de pêcher à différentes profondeurs. Il existe 5 modèles: intermédiaire, plongeant lent, plongeant rapide, plongeant super rapide et plongeant extra rapide.

Grâce à ces « fuseaux » Versileader plus ou moins plongeants, les mouches coulent dès le début de dérive. Ils les rendent plus pêchantes, plus rapidement. En effet, ces mouches doivent être immergées et atteindre la bonne profondeur, là où le poisson est mordeur.

Ces « têtes ou fuseaux » Versileader sont complétés par un fil de nylon très court d’environ 1 m en 20 ou 22 /100. Le système de connexion se fait également boucle dans boucle. Puis simplement deux ou trois mouches montées en potences sur des brins de 50 cm en 18 /100, voire 16/100.

Certains spécialistes préfèrent pêcher avec uniquement deux mouches. Ils pensent que ce montage permet un meilleur ancrage et diminue les risques d’emmêler les nylons du bas de ligne. De mon côté, je reste un adapte d’un train composé de trois mouches (pointe, intermédiaire et sauteuse). Pour en savoir plus sur la pêche en noyée : https://tenkaraworld.com/pecher-en-mouche-noyee/

Les différents types de lancers :

Le lancer au dessus de la tête (Overdose head) n’est pas très pratiqué avec une canne à deux mains. En effet, il nécessite un dégagement arrière important et, à la longue, il devient fatiguant.

Différentes sortes de lancers Spey sont utilisés. Je vous conseille de regarder la vidéo ci-dessous Elle vous donnera une idée plus précise des différents styles pratiqués. Outre le fait d’être efficaces, ils sont parfois spectaculaires et esthétiques.

Que hermosura

Publiée par José Luis Jerez Villalba sur Mercredi 22 avril 2020

En conclusion, seule une pratique intensive des lancers Spey permet de progresser step by step au niveau technique. Il convient également de les tester, en fonction des situations, pour obtenir les meilleurs posés et les meilleures dérives.

Eric Le Rest.

Une très bonne philosophie de vie !

Comment choisir la bonne mouche ?


Choisir la bonne mouche parmi des centaines que contiennent nos boites est souvent un casse-tête, surtout pour les débutants.

Voici un mode opératoire qui permet d’y voir un peu plus clair :

Bien souvent, au cours des éclosions, les poissons ne s’intéressent qu’à une seule espèce d’insecte et qu’à un stade précis de son évolution. Ainsi, il faut faire preuve de réflexion et de méthode si vous voulez éviter de voir tout le contenu de votre boite de mouches défiler sur l’eau.

Quelle taille d’insecte intéresse-t-elle les truites ?

L’observation est ici de la plus grande importance. Vous devez identifier le plus précisément la taille des insectes objet de l’attention des truites et sélectionner dans vos boites les imitations qui présentent les mêmes volumes apparents.

Une fois votre sélection opérée, il est généralement utile de procéder à une légère épilation des hackles de votre artificielle. En effet, elle est très souvent trop fournie. Vous pouvez également tailler légèrement le dessous de la collerette pour que votre mouche évolue le plus bas possible.

Une autre méthode consiste, en cas d’éclosion importante, d’attraper un des insectes en activité à la surface de l’eau et de trouver dans vos boites celui qui est le plus ressemblant.

A titre personnel, je me suis toujours refusé d’examiner le contenu stomacal d’un poisson capturé grâce une poire en caoutchouc qu’on peut facilement acheter dans les commerces spécialisés.

Étant adepte du No-Kill intégral et soucieux du taux de survie des poissons relâchés (lire SVP l’article suivant sur le No-Kill : https://tenkaraworld.com/comment-pratiquer-un-no-kill-efficace/), je n’imagine pas que le fait de pomper le contenu de l’estomac des poissons pour analyser ce qu’ils mangent soit totalement indolore et sans impact sur leur santé…

Quelle couleur d’éphémères intéresse nos partenaires ?

Il s’agit ici de déterminer la teinte générale de votre artificielle. N’oubliez jamais l’adage suivant: par temps lumineux, mouche claire; par temps sombre, mouche foncée.

D’une manière générale, les teintes brunes et grises sont très bien acceptées par les truites.

A quel niveau de flottaison les truites recherchent-elles les insectes ?

Un gobage se traduisant par un renflement à la surface de l’eau signifie que les truites recherchent les nymphes qui montent en surface. Il est alors préférable de pêcher en nymphe plus ou moins lestée en fonction de l’ampleur du déplacement d’eau identifié en surface. Vous pouvez également pêcher en noyée qui donne de très bons résultats en début d’éclosion.

Plus ce renflement laisse apparaître le dos du poisson ou sa queue et plus les insectes se situent au stade émergent. Dans ce cas, je vous conseille de passer en sèche avec des artificielles qui flottent très bas et qui évoluent dans la pellicule de l’eau.

Il est vrai qu’il est alors beaucoup plus difficile de suivre des yeux la dérive de son artificielle surtout lorsque vous n’avez pas la chance d’avoir une bonne vue ou lorsque la luminosité n’est pas très forte. Je vous conseille alors d’utiliser des artificielles avec un montage parachute surmonté d’un toupet en matière synthétique de couleur fluo invisible du dessous par les poissons.

Par contre, lorsqu’un gobage est bien circulaire avec en surface plusieurs bulles d’air, vous vous trouvez face à une prise d’un subimago dérivant avant de prendre son envol. Je vous conseille de choisir, à ce stade, une artificielle qui flotte haut. Idem face à un saut d’un poisson hors de l’eau.

A noter que les gobages très sonores correspondent également à la prise d’un sedge en surface. Il est alors très utile de vérifier leur présence sur l’eau et de monter une imitation de ce tricoptère au bout de votre bas de ligne.

En conclusion ….

Au delà des trois critères énoncés (taille, couleur, niveau de flottaison), soyons persuadés que nous pouvons avoir sélectionné dans nos boites l’imitation parfaite et qu’aucun poisson en activité ne s’y intéressera tout simplement parce que notre présentation n’a pas été assez soignée.

Donc, attention au dragage qui peut ruiner toutes nos chances alors que nous avions pourtant choisi la bonne mouche du moment.

Si vous souhaitez en savoir plus au sujet du dragage et comment l’éviter: https://tenkaraworld.com/dragage/

Sans compter que les poissons peuvent changer d’avis et se positionner sur un autre type d’insecte ou à un autre stade d’éclosion. Tout sera alors à recommencer.

Eric Le Rest

Pour en savoir plus sur la pratique du Tenkara en Bretagne, vous pouvez vous reporter à l’excellent blogue d’Eric HAMON, sympathique Guide de Pêche basé dans les Côtes d’Armor : https://erichamon.blogspot.com/search?q=Tenkara

Survie des poissons : pour un no-kill efficace

La pratique du No-Kill voit le nombre de ses adeptes augmenter régulièrement au fil des ans avec une question sous-jacente «Comment améliorer sensiblement le taux de survie des poissons relâchés» ?

Certaines vidéos que je visionne régulièrement sur les réseaux sociaux montrent que les poissons sont trop souvent relâchés avec beaucoup de maladresses. Fréquemment, par manque de connaissance de la part des pêcheurs qui pratiquent le No-Kill.

Ainsi, ces poissons maltraités ou trop longtemps exhibés et manipulés pour les besoins d’une vidéo sur YouTube ou d’une photo sur Facebook et Instagram ont des chances de survie très limitées.

Régulièrement, les bonnes intentions à l’origine de la démarche sont donc annihilées par manque de connaissances et de pratique.

Alors, comment procéder pour ne pas blesser irrémédiablement les poissons ?

Voici les bonnes pratiques qu’il convient de mettre en œuvre.

– Écourter le plus possible la durée des combats :

Plus les combats avec les poissons durent, plus nos partenaires perdent leurs réserves énergétiques et plus leur chair fabrique de l’acide lactique très néfaste à leur santé. En cas de longues luttes, ils auront beaucoup de mal à récupérer l’oxygène et les calories dépensées qui sont indispensables à leur bon équilibre.

Il convient donc que vous utilisiez une canne de puissance suffisante pour que ayez le plus rapidement le dessus sur nos partenaires. Il en est de même pour la résistance des nylons que vous employez. Ainsi, il est inutile de descendre en dessous du 12 ou 14 centièmes surtout avec la qualité des nylons modernes actuellement sur le marché.

– Utiliser des hameçons sans ardillon :

Plus vous décrochez rapidement l’hameçon qui est planté dans la gueule du poisson, si possible sans le toucher, et plus vous augmentez ses chances de survie.

A titre personnel, je ne monte plus mes artificielles que sur des hameçons sans ardillon. Contrairement à ce que pensent certains, je n’ai constaté, après plusieurs années d’utilisation, aucune augmentation du nombre de décrochages.

Vous pouvez éventuellement vous contenter d’écraser les ardillons avec une pince adéquate. Toutefois, je préfère largement employer des hameçons nativement sans ardillon. Ces derniers semblent, par ailleurs, améliorer le ferrage car ils me paraissent bien plus piquants que les hameçons classiques.

– Employer une épuisette ou un tamo :

Comme vous le savez, le tamo est l’épuisette traditionnelle utilisée au Tenkara. Ce tamo permet d’abréger la durée des combats et d’éviter de manipuler, voire de serrer les flancs du poisson, avant de le relâcher.

Par ailleurs, je vous conseille fortement d’avoir recours à une épuisette dont les mailles sont constituées avec du caoutchouc naturel plutôt qu’avec un filet tressé. Ainsi, vous endommagerez beaucoup moins la peau du poisson.

Modèle d’épuisette à éviter.
Modèle d’épuisette à privilégier pour éviter de rompre le mucus sur les flancs du poisson et ainsi diminuer les risques d’apparition de maladies.

Une autre bonne pratique consiste à déséquilibrer le poisson leurré sur son côté et le ramener doucement à l’épuisette en le faisant glisser à l’intérieur. Le décrochage et la remise à l’eau à partir de l’épuisette ne prennent normalement que quelques secondes. Vous devez prendre soin, autant que faire se peut, de ne pas manipuler le poisson.

Si vous souhaitez absolument réaliser une photo pour l’afficher fièrement sur les réseaux sociaux, vous pouvez très bien la prendre en gardant le poisson pêché dans votre épuisette sans le sortir de l’eau plutôt que de le manipuler fièrement dans tous les sens, trop souvent pendant de longues minutes…

– Décrocher le poisson avec une pince appropriée :

Plutôt que d’utiliser vos doigts, vous pouvez avoir recours à une pince à clamper, appelée également pince Kocher , utilisée en chirurgie.

– Mouiller ses mains avant de toucher les flancs du poisson si vous ne pouvez pas vous abstenir de le saisir :

Les mains sèches du pêcheur infligent de véritables brûlures sur la peau des truites en enlevant le mucus qui les protège. Il faut donc que vous pensiez impérativement à vous humecter les mains avant toute manipulation. L’idéal étant, comme je l’ai déjà indiqué plus haut, de ne pas toucher du tout les poissons avant de les relâcher.

Évitez également d’appuyer sur leur ventre pour ne pas provoquer d’hémorragie interne. Surtout, ne touchez pas aux branchies de la truite que vous désirez gracier pour ne pas les altérer.

– En cas de besoin, réanimer le poisson :

Si vous sentez que le poisson présente des signes de faiblesse et qu’il ne repart pas naturellement, vous pouvez le réanimer. En laissant le poisson dans l’eau, passez doucement votre main gauche sous son ventre. Avec votre main droite saisissez le juste au dessus de la nageoire caudale et effectuer des mouvements d’aller et de retour dans l’eau pure (évitez les eaux boueuses) pour ventiler ses branchies.

Cette opération renouvelée pendant quelques secondes, voire quelques minutes en fonction de la durée du combat et de la taille du poisson, permet à ce dernier de repartir de lui même.

– En cas de saignement du poisson :

La présence d’un saignement n’est jamais bon signe par rapport aux chances de survie d’un poisson. Seuls 14% de ces derniers survivraient lorsqu’ils saignent, d’après certaines études sérieuses sur le sujet (1).

Il semblerait que quelques pêcheurs aient pris l’habitude, en présence de sang, de déposer un peu de Coca Cola sur la plaie. A titre personnel, je n’ai jamais essayé mais il paraîtrait que c’est efficace. Je suis preneur de vos expériences sur le sujet. Encore faut-il avoir la célèbre boisson gazeuse sur soi, en situation de pêche…

– Les différentes statistiques au sujet de la survie des poissons :

D’après un étude réalisée aux États Unis (1), il ressort que la mortalité des poissons pêchés au toc avec des appâts naturels est de 31 % alors qu’elle n’est que de 4% à la pêche à la mouche.

A noter également que la survie des poissons est deux fois plus importante avec les hameçons sans ardillon qu’avec ceux qui en ont …

Si vous souhaitez en savoir plus sur la pratique du No-Kill et du Cash and Release, merci de bien vouloir consulter l’autre article que j’ai rédigé sur le sujet: https://tenkaraworld.com/le-no-kill/

Eric Le Rest

(1)https://collaboration.idfg.idaho.gov/FisheriesTechnicalReports/Res-Schill1986%20Hooking%20Mortality%20of%20Cutthroat%20Trout%20in%20a%20Catch-and-Release%20Segment%20of%20the%20Yellowstone%20River.pdf

La pêche en sèche vers l’aval

La régle générale veut que l’on pêche en sèche vers l’amont. Or, la pêche vers l’aval peut aussi être très productive

Lorsqu’on se situe, en wading, au milieu d’une grande rivière, avec de l’eau au dessus de la taille, il peut être très intéressant de pêcher vers aval.

C’est le cas, notamment, lorsque des poissons de taille intéressante se mettent à goder à une dizaine de mètres en dessous de l’endroit où vous vous trouvez dans la rivière.

La pêche en aval permet, dans tous les cas de figure, de faire passer sa mouche avant son bas de ligne et sa soie. Ainsi le poisson en activité ne pourra pas être effrayé par un corps étranger qui lui passe au dessus de la tête avant votre imitation. Les moucheurs qui recherchent les ombres pratiquent souvent cette technique pour éviter d’effaroucher ce poisson fantasque.

Toutefois, vous devez connaître quelques « ficelles » utiles avant de pouvoir utiliser cette technique de façon concluante.

Comment éviter le dragage en pratiquant la pêche vers l’aval ?

Afin d’éviter le problème du dragage, il convient de poser sa soie en zigzag à la surface de l’eau. Ainsi, le courant « avale » les courbes de votre soie pendant que votre artificielle continue une descente tout à fait normale, sous l’action du courant, vers le cône de vision du poisson en activité.

A signaler que le posé en zigzag s’obtient, lors du shoot avant, en donnant à sa canne un mouvement horizontal, latéralement de gauche à droite, avant que sa soie s’étale à la surface de l’eau.

Quid de cette technique au Tenkara ?

A signaler que ce genre de problème n’existe pas au Tenkara dans la mesure où nous pêchons canne haute, bras tendu. Il suffit donc d’abaisser la canne au même rythme que le courant pour limiter considérablement le dragage. Ne pas oublier également les différentes technique d’animation décrites dans l’article suivant : https://tenkaraworld.com/quelle-technique-de-peche-utiliser-au-tenkara/

Utilisez les lancers courbes dans le cadre de la pêche vers l’aval

Avec un matériel à la mouche classique et en présence de plusieurs veines d’eau, les choses peuvent se compliquer. Vous devrez alors pratiquer des lancers courbes.

Pour ce faire, vous rabattrez votre canne, lors du lancer final, vers l’amont ou vers l’aval en fonction de la situation liée au courant intermédiaire qui se trouve devant vous. Le ventre de la soie obtenu permet une dérive correcte lors de la résorption du ventre créé.

A signaler que des mendings peuvent être pratiqués pour corriger les éventuelles erreurs que vous auriez pu commettre.

Au sujet de l’art des mendings, merci de bien vouloir vous reporter à l’article suivant: https://tenkaraworld.com/maitrise-lart-du-mending-pour-de-meilleures-derives/

Comme c’est souvent le cas, ce sont la pratique et l’entraînement qui permettent de maîtriser cette intéressantetechnique du lancer aval.

Eric Le Rest

Vous pouvez également visionner utilement la vidéo suivante sur YouTube qui vous présente « La pêche au Tenkara dans les Pyrénées Atlantiques » : https://www.youtube.com/watch?v=7p2BTJyb9Lw&feature=share

Maîtriser l’art du Mending pour de meilleures derives

Le mending est un geste essentiel de la pêche à la mouche. Il consiste à repositionner sa tresse et/ou sa soie pour éviter qu’elles soient entraînées par le courant.

Cette opération évite que la dérive de l’artificielle ne soit pas naturelle. Un sillage à la surface de l’eau qui pourrait caler irrémédiablement des poissons bien disposés ne doit pas se produire.

Le mot « mending » provient du verbe anglais « to mend » qui signifie « corriger/rectifier ». Ainsi, grâce au mending, le dragage est évité car il est un des ennemis des pêcheurs à la mouche.

Il existe plusieurs types de mending que nous allons passer, ensemble, en revue.

Le mending courbe :

Il est employé sur une surface d’eau parcourue par plusieurs courants de nature différente. Ici, une dérive naturelle n’est pas chose facile à obtenir.

Une analyse visuelle des différents courants en présence est donc toujours préférable avant de commencer à lancer. Cela vous permettra d’imaginer comment votre ligne risque de dériver à la surface de l’eau.

Le mending courbe est provoqué, en fin de lancer et avant que votre artificielle ne se pose à la surface de l’eau, par un mouvement de va-et-vient latéral de la canne.

Bien entendu, seule la pratique au bord de l’eau permet de le maîtriser parfaitement car tout est lié à une question de dosage en fonction de la force des courants.


Le mending droit :

C’est le plus facile à réaliser. Il se pratique pour pêcher un courant de travers et pour éviter que la soie ne forme une boucle.

Un mending droit réussi repositionne la tresse ou la soie au dessus de la mouche. Il diminue ainsi les impacts négatifs de la vitesse de l’eau en surface. Il s’obtient par l’orientation de votre bras qui vous sert à lancer vers l’amont de la rivière, avant que votre artificielle se pose à la surface de l’eau.

Les mini-roulés :

Une fois que la soie a touché la surface de l’eau, il s’agit ici d’effectuer une succession de mini-roulés vers l’amont via cinq à six mouvements continus du poignet sans impacter la dérive de son artificielle.

Le mouvement qui consiste à faire « rouler » sa soie à la surface de l’eau est assez technique à réaliser. Il nécessite un bon dosage et il est grandement facilité par une soie en parfait état.

Je le pratique régulièrement lorsque je pêche en noyée pour permettre à mon train d’artificielles de descendre à la bonne profondeur.

Bien maitrisé, il est très efficace.


Trouver le bon dosage :

L’idéal, lorsqu’un mending est effectué, consiste à repositionner sa soie/sa tresse sans déplacer sa mouche lors de l’exécution du mouvement.

Tout repose donc sur la délicatesse du geste et sur l’anticipation d’un futur dragage de sa mouche à la surface de l’eau.

Ce mouvement, lorsqu’il est bien effectué, permet même de rendre à nouveau pêchante une artificielle mal positionnée. Il peut donc rendre de fiers services en action de pêche.

Eric Le Rest

Si vous souhaitez en savoir plus sur les mendings, merci de bien vouloir vous reporter à un autre article que j’ai écrit sur le sujet : https://tenkaraworld.com/lart-du-mending/

Vous pouvez également regarder la vidéo suivante réalisée par RIO, le célèbre fabriquant de soies, à propos des mendings : https://youtu.be/yZa8VCXRwqU

Les différentes techniques de pêche au Tenkara

Je vous propose de trouver ensemble la technique que vous pourrez utiliser dans le cadre de la pêche au Tenkara.

Les pêcheurs japonais pratiquent classiquement six techniques.

Ces dernières sont progressivement complétées et affinées par les passionnés du Tenkara du monde entier.

Soulignons qu’il existe encore des marges de progression de ces pratiques, selon les différents types de pêche utilisés :

  • En amont ou en aval
  • Pêche en sèche
  • Pratique de la mouche noyée
  • Nymphe à vue ou au fil
  • Pêche au streamer

Ainsi, vous pouvez trouver et apporter à la communauté des pêcheurs au Tenkara votre touche personnelle.

Votre savoir-faire peut donc compléter utilement ces six techniques de base décrites ci-après :

1. La technique de la dérive inerte au Tenkara :

Il s’agit ici d’une technique de base de la pêche à la mouche classique.

Elle est pratiquée en sèche, en lançant son artificielle en amont d’un gobage ou d’un poste où un poisson en sensé être positionné.

La kebari suit le courant de la rivière. A chaque fin de dérive, lorsqu’elle revient vers le moucheur, l’artificielle est relancée en amont.

En résumé, vous lancez puis vous étendez votre bras qui tient la canne pour suivre le courant.

Pour éviter le dragage de votre kebari, seule une toute petite portion du bas de ligne doit être en contact avec l’eau.

Idéalement, si uniquement votre kebari pouvait reposer à la surface de l’eau, ça serait parfait.

La parfaite maîtrise de cette technique repose sur le bon positionnement de votre bras qui tient la canne. En effet, au fur et à mesure que votre artificielle dérive, vous devez relever votre bras en extension pour limiter au strict minimum la portion de nylon en contact avec l’élément liquide.

2. La dépose statique de votre kebari :

On utilise cette technique lorsqu’on pêche à travers le courant ou légèrement en aval. Dans ce cas de figure on recherche à immobiliser son artificielle sur un même périmètre très limité de la rivière.

On lance sa kebari à un endroit précis, on la laisse dériver pendant deux secondes puis on la replace au même endroit qu’initialement. Cette opération peut être réitérée à trois ou quatre reprises.

Si le repositionnement de votre artificielle est réalisé tout en douceur, le poisson qui se tient à cet endroit ne sera pas effrayé. Il pourra même se laisser tenter au troisième voire au quatrième passage en n’étant même pas «interloqué » par les passages précédents. On peut être amené à penser que l’attrait de la nourriture est supérieur à la mémoire vive des poissons !

Puis, bien entendu, on change régulièrement de poste, en descendant la rivière un peu plus bas, là où est sensé se tenir un nouveau poisson.

3. La combinaison de la dérive inerte et de la dépose statique (1 + 2) :

Cette technique se pratique en aval.

On lance sa kebari et on la pose, à contre courant, au niveau d’un poste identifié.

On la laisse dériver sur une distance d’environ 30 à 40 cm puis on relance d’un seul coup de poignet et on la laisse dériver une nouvelle fois au même endroit.

Cette opération accompagné d’un geste circulaire de la main, canne tendue, est répétée à plusieurs reprises. Le but recherché est de poser son artificielle et de la laisser s’approcher du poisson.


4. Une technique du Tenkara : l’ancrage

Cette technique s’utilise en amont, en travers du courant ou en aval.

Grâce à son bras tendu et des gestes de bas en haut, on donne à la kebari un mouvement de bas en haut comme si un insecte naturel émergeait à la surface de l’eau.

Ainsi, l’artificielle rentre et ressort de l’eau régulièrement, à répétition.

En utilisant cette technique, il faut bien avoir en tête trois éléments importants :

  • quelques centimètres uniquement de la ligne doivent rentrer dans l’eau
  • le succès de cette animation est lié au rythme avec lequel on effectue le geste de bas en haut avec le bras
  • les hackles de la collerette montés vers l’avant sur les kebari jouent ici pleinement leur rôle. L’action du courant donne à l’artificielle un côté pulsatile. Les hackles émettent des vibrations qui donnent une apparence de vie liée à la fébrilité de l’émergence.

5. La dérive animée de la kebari :

Cette technique se pratique en lançant en travers et légèrement en aval son artificielle et s’apparente grandement à la pêche en noyée.

Une fois posée, il convient de laisser couler son artificielle et de la mettre en action en l’animant sous la surface, à la bonne profondeur.

Pour ce faire, il faut tirer doucement d’une dizaine de centimètre la mouche vers soi, bras tendu, en donnant quelques légers coups de poignet.

Puis on relâche en la faisant dériver le long des rochers ou des herbiers positionnés dans la rivière.

Il convient de répéter cette opération tout au long de la dérive.

Avec de l’expérience et quand les poissons sont bien disposés, nous arrivons à :

  • suivre visuellement sa ou ses mouches sous la surface de l’eau
  • déclencher les touches de façon quasi prédictive.

C’est ce qui rend cette pêche si attrayante et si passionnante !

6. La technique combinatoire liée au Tenkara :

Il s’agit d’une pêche sous la surface de l’eau, en amont ou en aval, et qui mixe toutes les techniques indiquées précédemment.

On les utilise selon son inspiration du moment, les conditions de pêche ou en fonction de l’endroit de la rivière où on se trouve.

Ainsi, sur des portions de dérive, une fois votre kebari immergée, on combine et on panache la dérive inerte, la dépose statique, l’encrage et la dérive animée.

L’important est de prendre le plus de plaisir possible tout en étant efficace.

Pour conclure, la technique que vous utiliserez au Tenkara est directement liée :

  • au type de pêche que vous aimez spontanément pratiquer
  • à votre maîtrise en liaison avec l’expérience accumulée au bord de l’eau
  • aux circonstances de pêche. Il est clair qu’en présence de nombreux gobages, vous allez chercher à pêcher en sèche et pas monter un streamer au bout de votre ligne
  • aux résultats concluants que vous avez préalablement enregistrés lors de précédentes sorties de pêche.

Eric Le Rest

Si vous souhaitez connaître les livres au sujet du Tenkara que j’ai sélectionnés pour vous : https://tenkaraworld.com/les-livres-sur-le-tenkara/

Bien débuter à la pêche à la mouche

Bien débuter à la pêche à la mouche :

La pêche à la mouche, comme toutes les passions et/ou tous les sports, possède sa propre terminologie et ses propres codes qui ne sont pas toujours très simples à appréhender pour les débutants. Comment bien débuter à la pêche à la mouche ?

Nous sommes à l’heure où la collaboration et la transversalité sont des valeurs de plus en plus mises sous les feux des projecteurs.

Ainsi, je vais essayer, le plus simplement possible, de transmettre aux débutants qui souhaitent s’initier et monter rapidement en puissance les différentes clés et les voies à emprunter pour les aider à lever les premiers obstacles auxquels ils vont être confrontés.

En premier lieu, le conseil que je souhaiterais mettre en exergue est de débuter la pêche à la mouche par la technique du Tenkara.

Pour ce faire, j’ai réalisé deux cartes heuristiques recensant les atouts du Tenkara par rapport à la technique de la pêche à la mouche classique :


Comme vous pouvez le constater, la technique du Tenkara vous permet de vous mettre le pied à l’étrier plus facilement en évitant de vous tromper. Il serait dommage de acquérir de mauvais gestes, de dépenser des sommes trop importantes. Par contre, il est important que vous preniez rapidement des poissons et du plaisir.

Merci de bien vouloir consulter l’article suivant au sujet du Tenkara qui permet de rendre la pêche à la mouche accessible à tous : https://tenkaraworld.com/la-peche-a-la-mouche-accessible-a-tous/

RENSEIGNEZ-VOUS AUPRÈS DES DÉTAILLANTS D’ARTICLES DE PÊCHE :

En fait, rester seul serait le meilleur moyen de vous décourager ou d’acquérir de mauvais gestes dont il vous sera très difficile, à postériori, de vous débarrasser.

Allez donc vous balader dans les magasins d’articles de pêche proches de chez vous ou sur le net, essayer de glaner tous les renseignement utiles et de poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit. A signaler que certains sites possèdent des numéros verts que vous pouvez contacter et les conseils donnés sont souvent de très bonnes factures

Généralement, les commerçants adorent parler de leur passion et vous mettront en contact avec des initiés, un club ou un guide pêche.

CONSULTEZ INTERNET :

Il est vrai que lorsque j’ai commencé à pêcher à la mouche en 1968, Internet n’existait pas (très loin de là…) et les « vieilles mains » étaient très avares du moindre renseignement…

Aujourd’hui, bien heureusement, les choses ont bien évolué. Les apprentis moucheurs se retrouvent, à l’inverse, face à une profusion de sources. Ces dernières peuvent générer une surabondance d’informations. Il est parfois compliqué d’en retirer la substantifique moelle.

Néanmoins, il est préférable de se voir proposer une masse d’informations et de réaliser un tri plutôt que de ne pas en avoir du tout, ou très peu et/ou pas forcément pertinentes.

POUR BIEN DÉBUTER À LA MOUCHE, JE VOUS CONSEILLE DONC DE :

  • vous inscrire sur les groupes Facebook (vous pouvez consulter mon profil sur lequel je poste très régulièrement des informations https://www.facebook.com/eric.lerest.9 ) autour de la pêche à la mouche pour échanger avec des sachants,

  • consulter des principaux réseaux sociaux comme Instagram, Pinterest et YouTube. Ils permettent la découvert de magnifiques photos et/vidéos au sujet de notre passion.

Bien entendu, les différents sites, forums, blogues et revues papier, voire dématérialisées, complèteront utilement votre référentiel de base et vous fourniront une mine de renseignements utiles.

ADRESSEZ VOUS AUX CLUBS :

Si vous en avez un proche de chez vous, n’hésitez pas. C’est le meilleur moyen de progresser rapidement en termes de casting . Les clubs organisent généralement des séances très régulièrement pour vous apprendre à lancer. Idées pour le montage des artificielles, en dehors de la saison de pêche.

Bien entendu, durant la saison, des sorties au bord des rivières permettent également au débutants de progresser très rapidement.

Ainsi, pour connaître les coordonnées des différents clubs sur notre territoire, vous pouvez consulter utilement le site de la Fédération Française des pêcheurs à la mouche ://www.ffpml.fr/

FRÉQUENTEZ LES SALONS SPÉCIALISÉS :

Même si les salons ne sont pas aussi nombreux en France qu’à l’étranger, il me paraissent incontournables pour :

  • rencontrer de nombreux passionnés, des clubs et des milieux spécialisés de la pêche à la mouche,

Deux salons, font référence à mes yeux :

  • Le salon de la mouche à Saint Etienne organisé tous les deux ans. La prochaine édition se déroulera en février 2021. Pour tout renseignement, consultez la site suivant :

http://www.sanama.fr

  • Le salon des pêches à la mouche de Carhaix, dans le Finistère (département cher à mon coeur), qui se déroulera les 22 & 23 février 2020.

https://www.sortir-en-bretagne.fr/105320/carhaix-plouguer/salon-des-peches-a-la-mouche.html

POUR BIEN DÉBUTER À LA MOUCHE, FAITES APPEL AUX GUIDES :

Outre le fait que les guides vous permettront d’acquérir les rudiments du lancer et de l’entomologie, ils vous enseigneront immédiatement les bons gestes et vous feront monter en puissance très rapidement.

L’investissement financier apparait assez conséquent. Toutefois, rien ne vous oblige à choisir une formule individuelle. Vous pouvez partager les frais avec d’autres « élèves ».

Vous pouvez aussi opter pour une formule du type cagnotte cadeau collectif pour un événement particulier (anniversaires, noël, …) qui vous fera certainement plus plaisir et vous laissera sûrement plus de souvenirs qu’un cadeau classique qui restera, peut être, dans le fond de vos placards.

RIEN NE REMPLACERA JAMAIS L’EXPÉRIENCE ACQUISE AU BORD DE L’EAU :

Pour conclure, n’oubliez jamais que l’expérience, la mise en pratique et l’observation sont des incontournables qui consolideront au fil des années votre socle de base en matière de compétence sur la pêche à la mouche.

Ainsi, quelles que soient les « heures de vol » que vous aurez acquises au bord des différentes rivières que vous fréquenterez ou que vous passerez sur l’étau à monter des artificielles, vous découvrirez toujours quelque chose de nouveau qui éclairera et complètera votre compétence et alimentera votre passion, voire votre addiction.

Éric Le Rest

Tenkara : tout est dans la présentation

Le fait de poser son artificielle au bon endroit est une chose mais, la faire passer sans draguer dans le cercle de vision d’un poisson, en est une autre. Tout repose sur la présentation de votre artificielle.

Il convient, en effet, pour obtenir une bonne présentation de faire preuve d’une infinie délicatesse.

Ainsi, la mouche doit se poser au bon endroit, sans que l’approche soit trop bruyante. Puis, elle doit dériver avec une grande liberté comme si elle n’était pas attachée à un fil de nylon, comme si elle n’avait aucune contrainte.

Il convient donc de veiller à obtenir une bonne dérive, sans tirer sur l’artificielle et sans la faire draguer, surtout si le poisson est bien éduqué. En effet, nous ne disposons pas vraiment du droit à l’erreur si nous voulons éviter d’attiser la méfiance et donc de provoquer un refus.

Pour ce faire, il est préférable de pratiquer de courtes dérives en évitant de poser votre artificielle trop en amont du poste où se trouve une truite. Ceci permettra de diminuer les risques de dragage.

La difficulté réside donc dans le fait de faire tomber discrètement votre artificielle ni trop en amont, ni trop en aval du poste prospecté. Un contact de la mouche avec l’eau qui serait trop énergique, lourd et bruyant effrayerait irrémédiablement le poisson recherché.

La technique du Tenkara facilite grandement la présentation de vos artificielles :


Au Tenkara, j’utilise principalement des bas de ligne ultra-courts (maximum 1,5 m) car les cannes utilisées sont généralement de grande longueur.

Ainsi, la tresse et le bas de ligne ne doivent, en théorie, pratiquement pas reposer à la surface de l’eau. Seuls quelques centimètres du bas de ligne et la mouche sont idéalement en contact avec l’élément liquide.

Ceci permet d’augmenter considérablement la discrétion et la précision.

Il s’agit en réalité et en synthèse d’une véritable sorte de technique de pêche à la mouche posée :

  • dans un premier temps, vous posez votre kebari à la surface de l’eau à l’endroit escompté,
  • vous la laissez dériver sur quelques dizaines de centimètres en ayant votre bras tendu et en faisant en sorte que seule votre mouche soit en contact avec l’élément liquide,
  • puis, en l’absence de touche, vous levez votre canne
  • et enfin, après un mini lancer, vous reposez l’artificielle au même endroit pour une seconde tentative.

Contrairement à la pêche en sèche avec un matériel classique, la technique du Tenkara permet un apprentissage assez simple des items suivants :

  • le geste du lancer,
  • la technique de la pose de la kebari à la surface de l’eau, à l’endroit opportun,
  • la maitrise d’une bonne dérive, comme s’il s’agissait d’un insecte réel.

La longueur de la canne augmentée de celles de la tresse et du bas de ligne permettent d’atteindre largement la plupart des postes où se situent les truites, surtout sur les petites et les moyennes rivières.

En matière de pêche à la mouche, comme pour beaucoup d’autres choses, l’efficacité est, à mon sens, le seul juge de paix.

Or, le Tenkara est une technique d’une redoutable efficience.

Eric Le Rest

Vous pouvez consulter également SVP l’article suivant : https://tenkaraworld.com/pecher-avec-une-mouche-seche/

Le site suivant peut également vous intéresser : https://auvergnepassionmouche.fr/

Le brochet & la pêche à la mouche

Image impressionnante d’un gros brochet en surface prêt à bondir sur tout ce qui bouge

Les truites et les ombres ne sont pas les seuls poissons qui se capturent grâce à une mouche artificielle. Ainsi, les carnassiers et plus particulièrement le brochet (mais également le black-bass et la perche) mordent très bien aux streamers et autres leurres de surface.

Avec le brochet, les sensations sont au rendez-vous :

Certains moucheurs se sont spécialisés dans cette pêche passionnante qui apporte beaucoup de sensations. Voir monter le “bec” en surface, suivre votre artificielle, l’observer avant de l’enfourner dans des remous jaillissants et des gerbes d’éclaboussures est particulièrement spectaculaire et jouissif !

Algoma Pike Attacks

Great collage of pike attacks in this video made for Algoma Country in Northern Ontario. Lots of wonderful locations to fly fish for big pike on a fly! #algmomacountry Orvis Fly Fishing #DestinationON #gofishinontario

Publiée par The New Fly Fisher sur Lundi 2 décembre 2019

Néanmoins, il ne faut pas imaginer que c’est pour autant facile de capturer un brochet dans tous les étangs ou toutes les rivières de deuxième catégorie, dans n’importe quelle condition et avec n’importe quel leurre ou quel matériel.

Découvrons ensemble cette technique ce pêche à la mouche pour le brochet :

Je souhaite dans cet article vous faire découvrir cette technique impressionnante et palpitante de pêche à la mouche et vous indiquer un certain nombre de bonnes pratiques qui vont vous permettre, je l’espère, de faire la différence:

  • Premièrement, il convient de choisir des rivières ou des étangs pas trop profonds et pas trop envahis par la végétation aquatique.
  • Pour atteindre plus facilement certains postes, il ne faut pas hésiter à utiliser un float tube (1) et porter des lunettes polarisantes pour faciliter le repérage des poissons en état de fébrilité nourricière. Les polarisantes permettent également de suivre l’attaque avec précision et d’éviter tout phénomène de surprise qui joue toujours en défaveur du moucheur.

  • Aux moments les plus chauds de l’année, entre les mois de juin et de septembre (les mois sans “r” contrairement à la dégustation des huîtres), les brochets occupent généralement des postes de chasse proches de la surface. Il s’agit donc d’une pêche estivale de surface pratiquée avec une soie flottante et avec des streamers faiblement plombés. Bien entendu, les brochets se pêchent également en hiver et en profondeur, lorsque les eaux sont froides. Il faut alors utiliser des artificielles très plombées et une soie plongeante, voire très plongeante. Je trouve, à titre personnel, cette pêche hivernale trop monotone et trop rébarbative. Je préfère rester au chaud, devant mon étau, à monter des mouches pour la saison suivante.
Comment un brochet pourrait-il résister longtemps à ce genre d’artificielle ?

Quels leurres ?

Les leurres à fouetter que j’utilise, à titre personnel sont des petits poppers flottants ou de streamers qui sont des artificielles incitatives.

Elles sont composées de matériaux “flashy” du style Krystal Hair ou Flashabou ou des modèles imitatifs comme des libellules, des grenouilles, des souris réalisées en poils de cervidés ou avec des bandelettes de fourrure. A noter qu’il est préférable d’équiper vos artificielles d’un système anti accrochage composé d’un brin de nylon anti-herbe.


Un popper très incitatif équipé d’un système anti-herbe.

L’action de pêche est itinérante: il faut passer d’un poste à l’autre après avoir essayé à 3 ou 4 reprises au même endroit de tenter un brochet en embuscade. Rien ne sert d’insister plus longtemps car soit le brochet est actif et il va se manifester très rapidement, soit il est inactif et il est inutile de perdre son temps…

Il convient de lancer son leurre à côté des postes riches en végétation aquatique (par exemple des nénuphars ou des herbiers d’été) ou des arbres morts, à quelques mètres du bord et de mettre votre streamer immédiatement en activité. L’idéal étant évidemment de repérer les brochets en activité grâce à une chasse de surface et de poser son artificielle à l’endroit prometteur.

Quelle animation ?

Le secret de la réussite consiste à imprimer à son streamer une nage attractive grâce à la vitesse de récupération de sa soie et au tricotage imprimé grâce à sa main gauche.

Il convient de procéder en surface ou juste en dessous de cette dernière à des glissades, des bonds en avant sur de courtes distances et d’amplitudes variées, des relâchers, des nages ondulatoires (succession de plongées et de remontées), des dandinements, des changements de trajectoire, … bref à une animation qui agace et attire l’intérêt du brochet tout en excitant son agressivité.

En cas d’attaque, laissez le brochet se retourner sur votre leurre et, surtout, adoptez un léger différé de ferrage pour conserver d’inoubliables souvenirs.

Je vous conseille de prévoir, sur un moulinet de qualité et dont le frein aura été préalablement bien réglé, un backing d’une longueur de 60 m dans le cas où vous seriez confronté à une belle bagarre avec un très beau poisson.

Quel matériel ?

Au niveau du matériel, vous pouvez utiliser une canne de 9′ ou 9’6 d’action rapide équipée d’un talon de combat et calibrée pour une soie de 7 (de type WF).

Elle permet de lancer de gros streamers volumineux sur de longues distances sans se fatiguer et de combattre de gros poissons.

Des streamers colorés qui donnent de bons résultats

En matière de bas de ligne, il est inutile de finasser. Un bas de ligne de 2,10 m avec une pointe en Kevlar fera très bien l’affaire.

Voici une formule que j’utilise.

La pêche du brochet (Exos Lucius) à la mouche est sportive, captivante et riche en émotions. Elle représente une bonne alternative pour pratiquer la pêche à la mouche sur les rivières de deuxième catégorie, dans les départements qui n’ont pas la chance de posséder des rivières salmonicoles.

80 cm de 50/100, 40 cm de 40/100, 40 cm de 30/100, 50 cm de Kevlar / 4 kgs (avec un raccord boucle dans boucle).

Éric Le Rest.

Si vous souhaitez en savoir plus, merci de bien vouloir consulter la vidéo suivante sur la pêche du brochet en Hollande avec Alain Barthélémy : https://youtu.be/gawq1BLjOpk

L’article suivant vous permettra de réaliser un tour d’horizon des différents poissons pêchables à la mouche : https://tenkaraworld.com/poissons/

(1) Le Float Tube est une espèce de petit pneumatique inventé aux USA.

Tonton François aurait adoré, j’en suis certain, pêcher le brochet à la mouche sauf, qu’à l’époque, la technique n’existait pas: elle n’est seulement apparue que dans les années 80.

Il est de plus en plus utilisé par les pêcheurs pour atteindre des portions de rivière sauvages. Ces endroits étaient jusqu’alors totalement inaccessibles des berges et donc quasiment jamais prospectées.

Ces petites embarcations sont légères, discrètes. Il arrive même que des carnassiers ne se rendent pas compte de notre présence dans l’eau à quelques mètre d’eux.

Le flot tube est facilement pilotables (grâce à des palmes montées sur les chaussures de waders). Il n’est pas très onéreux au regard des avantages apportés.

L’utilisation du Float Tube est donc particulièrement recommandée et payante avec, à la clé, des combats limités dans le temps mais très intenses.

Pêche à la mouche: comment éviter le vrillage ?

Une mouche de mai “traditionnelle” montée avec des ailes qui provoquent systématiquement le vrillage des bas de ligne.

Plus les mouches que vous utilisez sont volumineuses, plus elles offrent une résistance à l’air lors de vos faux lancers et plus votre bas de ligne est soumis à rude épreuve avec une fâcheuse tendance au vrillage.

Bien entendu, lorsqu’un bas de ligne est vrillé, il devient absolument impossible de réaliser de belles belles dérives et de bonnes présentations sous l’effet d’un nylon transformé en “tire-bouchon”. Vous n’avez alors qu’à changer toute votre pointe qui est devenue inutilisable, voire à refaire une grande partie de votre bas de ligne.

Ce phénomène indésirable se produit régulièrement lorsque vous utilisez de grandes artificielles rigides, je pense notamment à la mouche de mai. Lors de vos faux lancers, votre mouche se comporte comme une pale d’hélicoptère qui tourne autour de l’axe constitué par votre bas de ligne.

Certaines imitations de cette boite à mouches m’interpellent car elles doivent entraîner des vrillages quasi systématiques des bas de ligne !

Alors, comment éviter ce phénomène de vrillage qui est indésirable et frustrant ? Voici quelques éléments de réponse:

Les ailes sont problématiques et engendre le vrillage:

  • En premier lieu, évitez les artificielles avec des ailes comme on en voit encore trop souvent dans la littérature halieutique (voir les deux photographies de cet article). En ce qui concerne les imitations de mouche de mai, il s’agit des fameuses deux ailes de plumes de flancs de canard qui sont montées dos à dos sur la hampe de l’hameçon. Ces imitations flattent l’œil du pêcheur mais s’avèrent être de véritables “éoliennes” et vrillent immédiatement les bas de ligne sauf à utiliser des pointes d’au minimum 20/100 ce qui est totalement irréaliste sur des poissons éduqués.

Le choix du CDC :

  • Choisissez des artificielles dépouillées composées avec du CDC (Cul de Canard) ou avec des poils de cervidés. Le CDC n’offre que peu de résistance à l’air et donne à votre artificielle une impression supplémentaire de vie grâce à son côté pulsatile. Vos mouches flottent également plus bas ce qui imite avantageusement le stade émergent.
Imitations de mouches de mai réalisées avec du croupion de canard.

Le choix de la modernité :

  • Réduisez les hackles (plumes de cou de coq) qui ont pour vocation d’imiter les pattes des éphémères et optez pour des matériaux modernes hydrophobes: polypropylène, dubbings divers et variés. Si vous souhaitez néanmoins utiliser des collerettes formées par des hackles sur vos montages, limitez à deux tours autour de la hampe de l’hameçon et utilisez des hackles courts.

Des bas de ligne raisonnables :

  • Optez pour des bas de ligne de longueur raisonnable. Inutile d’utiliser, comme pour la pêche en nymphe, des bas de ligne extra longs: ils ne devront pas dépasser les 4 m – 4,5 m. Vous ne pouvez pas non plus avoir recours à des longueurs de bas de ligne moins importantes si vous souhaitez éviter le phénomène de dragage: comme pour beaucoup d’autres choses, il faut donc trouver un juste équilibre.

Le bon choix des nylons pour éviter le vrillage :

  • Enfin, utilisez des nylons de dernière génération en fluorocarbone qui possèdent les cinq avantages suivants: ils sont plus résistants, plus raides, plus coulissants, plus transparents et sans mémoire.

Ne sous-estimez pas le phénomène de vrillage car il peut gâcher une partie de pêche et ruiner tous vos espoirs, surtout lorsqu’il se produit en plein milieu d’un éclosion prometteuse ?

Éric Le Rest.

L’article suivant sur l’art de bien présenter sa mouche peut également vous intéresser : https://tenkaraworld.com/savoir-soigner-la-presentation-de-son-artificielle-grace-au-tenkara/

Comment éviter le vrillage ? Voici un gadget que je n’ai pas encore testé mais pourrait s’avérer grandement utile : http://www.chti-moucheur.com/atelier-materiel/trucs/anti-vrille-anti-twist-swivel

Une imitation d’Ephéméra Danica confectionnée par mes soins et que j’utilise régulièrement.