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Survie des poissons : pour un no-kill efficace

La pratique du No-Kill voit le nombre de ses adeptes augmenter régulièrement au fil des ans avec une question sous-jacente «Comment améliorer sensiblement le taux de survie des poissons relâchés» ?

Certaines vidéos que je visionne régulièrement sur les réseaux sociaux montrent que les poissons sont trop souvent relâchés avec beaucoup de maladresses. Fréquemment, par manque de connaissance de la part des pêcheurs qui pratiquent le No-Kill.

Ainsi, ces poissons maltraités ou trop longtemps exhibés et manipulés pour les besoins d’une vidéo sur YouTube ou d’une photo sur Facebook et Instagram ont des chances de survie très limitées.

Régulièrement, les bonnes intentions à l’origine de la démarche sont donc annihilées par manque de connaissances et de pratique.

Alors, comment procéder pour ne pas blesser irrémédiablement les poissons ?

Voici les bonnes pratiques qu’il convient de mettre en œuvre.

– Écourter le plus possible la durée des combats :

Plus les combats avec les poissons durent, plus nos partenaires perdent leurs réserves énergétiques et plus leur chair fabrique de l’acide lactique très néfaste à leur santé. En cas de longues luttes, ils auront beaucoup de mal à récupérer l’oxygène et les calories dépensées qui sont indispensables à leur bon équilibre.

Il convient donc que vous utilisiez une canne de puissance suffisante pour que ayez le plus rapidement le dessus sur nos partenaires. Il en est de même pour la résistance des nylons que vous employez. Ainsi, il est inutile de descendre en dessous du 12 ou 14 centièmes surtout avec la qualité des nylons modernes actuellement sur le marché.

– Utiliser des hameçons sans ardillon :

Plus vous décrochez rapidement l’hameçon qui est planté dans la gueule du poisson, si possible sans le toucher, et plus vous augmentez ses chances de survie.

A titre personnel, je ne monte plus mes artificielles que sur des hameçons sans ardillon. Contrairement à ce que pensent certains, je n’ai constaté, après plusieurs années d’utilisation, aucune augmentation du nombre de décrochages.

Vous pouvez éventuellement vous contenter d’écraser les ardillons avec une pince adéquate. Toutefois, je préfère largement employer des hameçons nativement sans ardillon. Ces derniers semblent, par ailleurs, améliorer le ferrage car ils me paraissent bien plus piquants que les hameçons classiques.

– Employer une épuisette ou un tamo :

Comme vous le savez, le tamo est l’épuisette traditionnelle utilisée au Tenkara. Ce tamo permet d’abréger la durée des combats et d’éviter de manipuler, voire de serrer les flancs du poisson, avant de le relâcher.

Par ailleurs, je vous conseille fortement d’avoir recours à une épuisette dont les mailles sont constituées avec du caoutchouc naturel plutôt qu’avec un filet tressé. Ainsi, vous endommagerez beaucoup moins la peau du poisson.

Modèle d’épuisette à éviter.
Modèle d’épuisette à privilégier pour éviter de rompre le mucus sur les flancs du poisson et ainsi diminuer les risques d’apparition de maladies.

Une autre bonne pratique consiste à déséquilibrer le poisson leurré sur son côté et le ramener doucement à l’épuisette en le faisant glisser à l’intérieur. Le décrochage et la remise à l’eau à partir de l’épuisette ne prennent normalement que quelques secondes. Vous devez prendre soin, autant que faire se peut, de ne pas manipuler le poisson.

Si vous souhaitez absolument réaliser une photo pour l’afficher fièrement sur les réseaux sociaux, vous pouvez très bien la prendre en gardant le poisson pêché dans votre épuisette sans le sortir de l’eau plutôt que de le manipuler fièrement dans tous les sens, trop souvent pendant de longues minutes…

– Décrocher le poisson avec une pince appropriée :

Plutôt que d’utiliser vos doigts, vous pouvez avoir recours à une pince à clamper, appelée également pince Kocher , utilisée en chirurgie.

– Mouiller ses mains avant de toucher les flancs du poisson si vous ne pouvez pas vous abstenir de le saisir :

Les mains sèches du pêcheur infligent de véritables brûlures sur la peau des truites en enlevant le mucus qui les protège. Il faut donc que vous pensiez impérativement à vous humecter les mains avant toute manipulation. L’idéal étant, comme je l’ai déjà indiqué plus haut, de ne pas toucher du tout les poissons avant de les relâcher.

Évitez également d’appuyer sur leur ventre pour ne pas provoquer d’hémorragie interne. Surtout, ne touchez pas aux branchies de la truite que vous désirez gracier pour ne pas les altérer.

– En cas de besoin, réanimer le poisson :

Si vous sentez que le poisson présente des signes de faiblesse et qu’il ne repart pas naturellement, vous pouvez le réanimer. En laissant le poisson dans l’eau, passez doucement votre main gauche sous son ventre. Avec votre main droite saisissez le juste au dessus de la nageoire caudale et effectuer des mouvements d’aller et de retour dans l’eau pure (évitez les eaux boueuses) pour ventiler ses branchies.

Cette opération renouvelée pendant quelques secondes, voire quelques minutes en fonction de la durée du combat et de la taille du poisson, permet à ce dernier de repartir de lui même.

– En cas de saignement du poisson :

La présence d’un saignement n’est jamais bon signe par rapport aux chances de survie d’un poisson. Seuls 14% de ces derniers survivraient lorsqu’ils saignent, d’après certaines études sérieuses sur le sujet (1).

Il semblerait que quelques pêcheurs aient pris l’habitude, en présence de sang, de déposer un peu de Coca Cola sur la plaie. A titre personnel, je n’ai jamais essayé mais il paraîtrait que c’est efficace. Je suis preneur de vos expériences sur le sujet. Encore faut-il avoir la célèbre boisson gazeuse sur soi, en situation de pêche…

– Les différentes statistiques au sujet de la survie des poissons :

D’après un étude réalisée aux États Unis (1), il ressort que la mortalité des poissons pêchés au toc avec des appâts naturels est de 31 % alors qu’elle n’est que de 4% à la pêche à la mouche.

A noter également que la survie des poissons est deux fois plus importante avec les hameçons sans ardillon qu’avec ceux qui en ont …

Si vous souhaitez en savoir plus sur la pratique du No-Kill et du Cash and Release, merci de bien vouloir consulter l’autre article que j’ai rédigé sur le sujet: https://tenkaraworld.com/le-no-kill/

Eric Le Rest

(1)https://collaboration.idfg.idaho.gov/FisheriesTechnicalReports/Res-Schill1986%20Hooking%20Mortality%20of%20Cutthroat%20Trout%20in%20a%20Catch-and-Release%20Segment%20of%20the%20Yellowstone%20River.pdf

Le No Kill & la pêche à la mouche

Je souhaite revenir sur la notion de “No Kill” dont je vous ai déjà parlé, à plusieurs reprises, dans Tenkaraworld.com.

Qu’est-ce que le No Kill ?

Le “No Kill” que l’on nomme également “Graciation” (au Québec), “Catch & Release” (dans les pays anglosaxons), “Prendre & relâcher” (en France), repose sur la remise à l’eau, en bonne santé, des poissons que l’on pêche à la mouche. Ainsi, nous ne pouvons pas prétendre qu’une truite qui saigne soit en bonne santé car elle ne survit généralement pas à ses blessures.

Pour qu’un poisson soit au meilleur de sa forme, il convient, par ailleurs, de raccourcir au strict minimum la durée du combat car l’acide lactique produit dans les chairs de notre partenaire devient rapidement toxique.

Les précautions à prendre en matière de No Kill :

Lorsque vous graciez un poisson sachez également qu’il est franchement préférable de :

  • Ne pas lui toucher les flancs pour éviter d’enlever le mucus. La chaleur et la sécheresse des mains sont très néfastes: c’est pour cette raison qu’il faut toujours se mouiller les mains avant de saisir un poisson,
  • Utiliser des hameçons sans ardillon qui ne font pas se décrocher plus de poissons mais évite de les abimer,
  • Le relâcher dans une zone calme de la rivière,
  • Le réoxygéner dans l’eau en lui donnant des mouvements lents d’avant en arrière pour ventiler ses branchies. 

Il existe, en France et à l’étranger, de nombreux parcours “No Kill” imposés qui constituent des réserves actives sur des portions de rivières de première catégorie. Les mentalités des pêcheurs ont considérablement évolué, en la matière, au cours de la dernière décennie (les pêcheurs et particulièrement les moucheurs ont beaucoup plus de respect et d’éthique que par le passé).

Les non pêcheurs peuvent juger la pratique du «No Kill» cruelle (dans les faits lorsqu’elle est bien pratiquée, elle ne l’est pas du tout) et certains pêcheurs ne semblent pas comprendre les raisons pour lesquelles il convient de gracier les poissons qu’ils prennent…

Trois catégories de pêcheurs :

Sachez que parmi les adeptes du “No kill”, il existe trois catégories de pêcheurs:

  • Ceux qui aiment et pratiquent le “No Kill” intégral en estimant qu’il s’agit d’un mode de gestion écologique des rivières car les poissons deviennent de plus en plus difficiles à prendre pour les “Killers”, car de mieux en mieux “éduqués” et de plus en en plus méfiants. Ces moucheurs ont également pris conscience, outre la valeur écologique indéniable d’une rivière, de la valeur économique du patrimoine halieutique (la réputation d’une rivière en fait un outil promotionnel et de communication qui attire de nombreux pêcheurs, avec leur famille; ces derniers dépensent de l’argent dans des zones rurales trop souvent abandonnées par les pouvoirs publics).
  • Les moucheurs qui préfèrent le “No Kill” partiel en prélevant les plus gros sujets (des truites de plus de 45 cm) qui nuisent aux autres poissons car elles sont devenues cannibales et sont peu prolifiques en tant que géniteurs. Les meilleurs géniteurs se situent, sur les rivières calcaires, dans une fourchette de taille comprise entre 30 et 45 cm. A ce propos, aux USA, une grande majorité des rivières sont gérées en “No Kill” partiel.
  • Ceux qui souhaitent limiter le nombre de prises sur un certains nombre de parcours de la rivière.

Ma position sur le No Kill :

A titre personnel, je pratique le « No Kill » intégral; non pas parce je suis un “intégriste” du “Cash & Release” mais parce que j’ai horreur de tuer de très beaux poissons en prenant le risque de ne pas les manger dans la foulée et qu’il finissent à la poubelle: je préfère les voir en vie dans nos rivières même si ce sont des prédateurs !

Dans tous les cas de figure, grâce à la pratique du “No Kill”, il est prouvé que le nombre de poissons et que la taille de ces derniers augmentent sensiblement par rapport aux parcours classiques de rivières. 

Ainsi, la pêche est, grâce au “No Kill”, un loisir et un plaisir pleinement respectueux des principes écologiques à grande valeur ajoutée.

Éric Le Rest.

Un autre article que j’ai écrit au sujet des bonnes pratiques du Cash and Release : https://tenkaraworld.com/comment-augmenter-la-survie-des-poissons-en-no-kill/

Je souhaiterais mettre en exergue le département exemplaire de La Lozère, qui, sur le site de sa Fédération de Pêche, propose pas moins de 28 parcours « sans tuer » sur l’ensemble des rivières de ce beau département : https://www.lozerepeche.com/pecher-en-lozere/reserves-et-parcours-specifiques/

Les “trois vies” d’un pêcheur à la mouche

Je souhaiterais vous parler des “trois vies” qui jalonnent l’existence d’un pêcheur à la mouche :

Prendre le plus de poissons possibles

Lorsque le pêcheur à la mouche débute, généralement, il veut prendre le plus de poissons qu’il n’est possible de pêcher.

Ainsi, il s’agit là d’une période – pas forcément la plus glorieuse – pour tous les pêcheurs où la graciation des poissons n’est pas assez souvent au rendez-vous.

J’ai connu cette période, lorsque j’étais plus jeune. Il m’est malheureusement arrivé, la mort dans l’âme, de jeter à la poubelle de très beaux poissons non consommés après quelques mois passés dans le fond de mon congélateur au lieu de les avoir laissés dans leur élément !!!

Pêcher les poissons les plus gros possibles

Puis, le deuxième stade s’atteint après plusieurs années de pratique.

Il consiste à prendre les poissons les plus gros possibles. Bien évidemment, la lutte n’est pas gagnée d’avance. Ce sont les poissons trophées que l’on perd régulièrement et dont on ne se «console» jamais.

En résumé, on y pense, on en parle, on en rêve et on fait tout pour les retoucher un jour.

Ce deuxième stade constitue donc  le cap des records que l’on affiche fièrement sur les réseaux sociaux et dont on parle à la fin des repas de famille ou entre amis pour autant que cela intéresse quelqu’un de son entourage…

Dernière vie du pêcheur: attraper les poissons les plus difficiles

En dernier lieu, le stade ultime consiste à prendre et, bien entendu, à relâcher en vie (sans qu’ils saignent) les poissons les plus difficiles à leurrer. Il s’agit là des poissons « éduqués », c’est à dire ceux qui :

  • ont déjà été pris une ou plusieurs fois et qui ne se laissent pas reprendre facilement

  • sont postés dans des endroits impossibles, difficilement atteignables sans une grande technicité au niveau de vos lancers. Il faut que le choix de l’artificielle (correspondant au type d’insecte dont le poisson en activité se nourrit, à sa taille, à sa couleur et à son stade d’évolution), le poser et la dérive soient parfaits. Bref, c’est le sommet de l’art.

Et vous, à quel “stade de votre vie de pêcheur” vous situez-vous ?

Eric Le Rest

Cet article peut également vous intéresser : https://tenkaraworld.com/une-affaire-de-famille/

Apprendre à prendre, apprendre à relâcher

Le No kill ou le “catch and release” cher aux anglos saxons veut dire, au sens littéral, “attraper et relâcher”.

Voir, recevoir et rendre :

En premier lieu, le fait de relâcher, avec d’infinies précautions, le poisson que l’on vient de prendre (toujours après avoir mouillé ses mains pour éviter d’infliger, sur ses flancs, l’équivalent de “véritables brûlures”) procure au pêcheur à la mouche, au delà d’une immense fierté et du bonheur, une forte impression d’harmonie avec la nature qui transcende le sens de la pêche: voir, recevoir et rendre.

Ainsi, il m’arrive régulièrement, lorsque je prends un poisson, de l’embrasser sur le museau et de le remettre à l’eau avec d’infinies précautions.

Bien entendu, il convient préalablement de lui avoir réoxygéné les branchies pour qu’il retrouve de la vigueur… une sorte de cérémonial.

Le No Kill permet d’éduquer les poissons :

En outre, le “catch and release” et le “no kill” permettent “d’éduquer” les poissons qui deviennent de plus en plus difficiles à reprendre pour soi même, lors d’une partie de pêche ultérieure et pour les autres pêcheurs.

Ainsi, d’après les études les plus sérieuses menées par des scientifiques, 95% des poissons qui retrouvent ainsi leur élément naturel survivent lorsqu’ils ne saignent pas.

Par ailleurs, cette “éducation” des poissons qui « y regardent ultérieurement à deux fois » contribue à la sauvegarde des géniteurs et à la préservation d’une densité honorable de truites sur certains secteurs de pêche.

De plus, le souvenir d’une belle truite ou d’un beau saumon pris et relâché forge un lien inaltérable entre le moucheur et le monde des rivières et alimente sa passion.

Le Tenkara facilite le No kill et le “cash and release”:

Le nombre de poissons de toute taille que l’on leurre (y compris les truitelles, tacons ou les ombrets) est beaucoup plus important qu’avec une technique classique.

Ainsi, un pêcheur qui exerce ses talents durant toute une saison de pêche sur le même parcours pourrait « vider » une partie de la rivière s’il conservait toutes ses prises atteignant la taille légale.

En outre, les hameçons utilisés pour monter les Kébaris (mouches artificielles japonaises) ne comportent pas d’ardillon.

De plus, ils présentent des formes spécifiques qui permettent de décrocher les poissons plus facilement, sans trop les blesser.

Surtout qu’à la pêche à la mouche la plupart des poissons ne sont pris que par le bord des lèvres ce qui n’est absolument pas le cas avec d’autres techniques de pêche.

Eric Le Rest

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https://tenkaraworld.com/fluidite-finesse/

https://tenkaraworld.com/le-tamo-epuisette-du-tenkara/

Si vous souhaitez lire un autre article que j’ai écrit sur le sujet : Survie des poissons : pour un no-kill efficace

Vous pouvez également consulter le site très intéressant « Discover Tenkara » : https://www.discovertenkara.com/