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Le dragage: le piège à éviter à la pêche à la mouche

Le dragage (du mot anglais “drag” qui signifie sillage) peut être considéré comme un défaut de présentation qui provoque le mouvement suspect de nos artificielles à la surface de l’eau.

Dans ce cas précis, ces dernières sont à la “remorque” du bas de ligne entraîné par le courant.

Ce sillage peut ne pas être facilement perceptible par le pêcheur à la mouche tant il peut être léger mais le résultat est toujours le même: il provoque le calage ou la fuite des poissons qui nous intéressent.

Comment éviter toute anomalie, lors de la dérive de nos mouches ?:

  • lorsque vous pêchez à la mouche de façon classique, pour éviter les dérives plus lentes de vos mouches artificielles que les insectes naturels qui sont à la surface de l’eau, il convient tout d’abord de poser le moins de soie possible sur l’élément liquide. Cette opération est facilitée par l’utilisation d’une longue canne.

A noter que ce problème de dragage n’existe pratiquement pas avec la technique du Tenkara car nous n’utilisons pas de soie mais un bas de ligne tissé et nos cannes sont relativement longues. Ainsi la partie du nylon qui est en contact avec l’eau est réduite à sa plus simple expression. Le bas de ligne en nylon peut éventuellement n’avoir aucun contact avec l’eau lorsque la canne est relevée, car seule la mouche est posée à la surface de la rivière. Ainsi, vous augmentez donc considérablement vos chances de leurrer un poisson.

  • pour éviter ce phénomène de sillage, avec un matériel classique, vous pouvez, premièrement, procéder à un poser en zigzag: il convient de lancer comme si vous vouliez poser votre artificielle dans l’air en amont du poisson et vous devez relever un peu le scion de votre canne en fin de lancer. Votre soie et votre bas de ligne se poseront à la surface de l’eau de façon sinueuse et ces “ondulations” diminueront sensiblement les effets des différents courants sur votre mouche.
  • Seconde possibilité, vous pouvez également réaliser un lancer courbe en basculant votre scion vers l’amont et en le relevant doucement avant le poser de votre artificielle à la surface de l’eau.
  • La troisième solution consiste à utiliser un lancer parachute qui permet de réaliser un zigzag au niveau de son bas de ligne. Pour ce faire, il faut transmettre une grande énergie à la canne pour obtenir une boucle de lancer étroite et bloquer de façon très énergique sa canne à 11 H lors de votre shoot avant afin de laisser sa soie, son bas de ligne et sa mouche tomber tout en douceur à la surface de l’eau
  • Ultime précision, la longueur de la pointe de votre bas de ligne et la finesse du nylon employé limitent le dragage de vos artificielles à la surface de l’eau.

Eric Le Rest

Pour de plus amples informations sur les lancers, vous pouvez consulter utilement le post suivant: https://tenkaraworld.com/lancers/

Les principes d’un bon ferrage & la pêche à la mouche

Le ferrage qui consiste à planter la pointe de l’hameçon dans la bouche des poissons est une étape essentielle qui nécessite de l’anticipation, de la maîtrise et de la vitesse afin de piquer correctement les poissons qui se sont intéressés à nos artificielles.

Un bon ferrage n’est pas franchement simple à réaliser surtout lorsqu’on débute à la pêche à la mouche:

  • tout est lié à une question de timing. Lorsqu’on est débutant, soit on le déclenche trop rapidement et, dans ce cas, on enlève la mouche de la gueule du poisson. Soit, le ferrage est trop tardif et la truite a le temps de recracher l’hameçon lorsqu’elle a senti l’aspect anormal de notre artificielle par rapport aux insectes naturels.

  • il faut savoir que si l’on atteint un ratio de réussite au ferrage compris entre 60 et 80%, c’est que l’on se situe à un très, très bon niveau. Bien entendu, le débutant ratera, au début de son apprentissage, beaucoup de poissons et atteindra un pourcentage  de prise effective d’environ 20 à 30%. Toutefois, la montée en puissance sera régulière au fur et à mesure des heures de pratique.

Quels sont les grands principes à mettre en œuvre afin de progresser rapidement en matière de ferrage ? :

  • il convient tout d’abord de ne pas être brutal et d’effectuer un mouvement mesuré grâce à son poignet et/ou son bras et tout cela au bon moment.
  • plus vous pêchez loin et plus vous devez contrôler la longueur de votre soie qui est étendue à la surface de l’eau. En effet, plus vous pêchez à longue distance (entre 15 et 20 mètres), plus votre ferrage sera difficile à réaliser et plus votre soie devra être tendue pour vous faciliter la tâche.

C’est pour cette raison que le ferrage est beaucoup plus efficace lorsque vous pêchez au Tenkara qu’avec un matériel de pêche à la mouche classique (votre canne est plus souple, vous pêchez à petite distance, vous n’avez pas de soie et votre bas de ligne est beaucoup plus tendu). Ainsi, grâce au Tenkara, votre ratio de réussite au ferrage est très rapidement supérieur aux 80% indiqués ci-dessus !

  • au ferrage et avec un matériel classique de pêche à la mouche, vous devez redresser simultanément votre canne, écarter de votre corps le bras qui vous sert à lancer et, en même temps, tirer sur votre soie. Tout cela demande de la synchronisation et une pratique fréquente.

Rien de tel avec le Tenkara dans la mesure où il n’y a pas de soie: il suffit donc de relever sa canne et, éventuellement, son bras. La très grande souplesse de la canne et la tension directe sur la ligne permettent généralement au poisson de se ferrer tout seul.

  • il faut adapter la vitesse de son ferrage à la taille du poisson leurré. Nos anciens disaient toujours: “un ferrage rapide pour les petits poisson mais un ferrage lent pour les gros”. Je vous conseille, si vous êtes débutant, de vous exercer sur les ablettes de nos rivières de seconde catégorie qui sont des petits poissons extraordinaires en terme de vivacité. Si vous arrivez à ferrer efficacement un nombre élevé d’ablettes et sans leur arracher une partie de la bouche c’est que vous êtes en bonne voie pour devenir un expert du ferrage efficace.
  • veillez bien à l’affutage de vos hameçons et, si vous doutez de leur piquant, n’hésitez pas à utiliser une petite lime (du style lime à ongles en métal) pour qu’ils récupèrent toute leur efficacité initiale.

Eric Le Rest.Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/fluidite-finesse/

L’ouverture & la pêche à la mouche

L’ouverture de la pêche (programmée, en France, tout début mars) est toujours un événement qui alimente, les temps qui précédent, les rêves les plus fous des amoureux de la truite et qui attire au bord des rivières de nombreux pêcheurs avides de sensations fortes.

Cette ouverture peut se pratiquer, bien évidemment, grâce à la technique du Tenkara ou également à la pêche à la mouche classique avec de bonnes chances de succès, sans passer pour un “dingue ou un fanatique” auprès des autres pêcheurs.

Il est toutefois préférable d’attendre les heures les plus chaudes de la journée avant de commencer à pêcher. “Le coup de midi” quand les autres pêcheurs, qui ont souvent débuté aux aurores, commencent à être fatigués est souvant le moment idéal …

Votre réussite dépend du niveau de l’eau, de sa couleur et de sa température :

  • il convient que les niveaux ne soient pas trop hauts et que l’eau ne soit pas très teintée. En effet, si la rivière est en crue, il vous faudra envisager de rejoindre le haut des bassins, de changer de cours d’eau ou de passer à une autre technique car vous aurez peu de chance de succès.

  • Idem si les eaux sont trop froides, c’est à dire en dessous des 3 à 7 degrés, il ne faut pas espérer réussir une belle journée de pêche très productive. C’est aussi pour cette raison que les eaux de neige glaciales et sales sont à éviter.
  • l’idéal serait d’avoir des eaux relativement basses et claires pour la saison avec une température supérieure à 7 degrés.  A ce propos, je vous conseille d’avoir toujours dans votre gilet un thermomètre qui vous permet de prendre la température de l’eau avant de commencer toute partie de pêche.

Quelles techniques de pêche à la mouche choisir à l’ouverture ?

Mon premier conseil, c’est d’utiliser la pêche à la mouche noyée. C’est, en tout état de cause, ma technique de prédilection et celle qui me rapporte de très belles surprises en début de saison. Pour en savoir plus, merci de lire l’article sur la pêche en noyée en cliquant sur le lien suivant: https://tenkaraworld.com/pecher-en-noyee/

Vous pouvez également pêcher avec des streamers que vous ferez évoluer le long des berges et des blocs de rochers avec une animation saccadée tout au cours de leur dérive. Pour plus de précisions, vous pouvez vous reporter au post suivant: https://tenkaraworld.com/pecher-au-streamer/

Par eaux basses et claires, vous pouvez utiliser des petits modèles de streamers montés sur des hameçons N°10 très clairs et très brillants.

Si les eaux sont hautes et légèrement teintées, vous est possible de passer aux streamers plus gros (montés sur des hameçons N° 8 à 6) comprenant des yeux (du style chainette de lavabo) et du poil de lapin sur peau avec des couleurs plus “flashy” du style rouge, orange et pourquoi pas fluo.

Je vous souhaite une très belle ouverture !!!

Eric Le Rest.


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Les différents modèles de soies pour pêcher à la mouche

Au 18ème siècle, lorsque la pêche à la mouche a été inventée en Europe (je rappelle que le Tenkara se pratiquait déjà au Japon au 8ème siècle), la soie était réellement fabriquée en soie naturelle.

Ces soies naturelles sont encore utilisées par un certain nombre de pêcheurs puristes pour leurs qualités : finesse des posés et très bonne pénétration dans l’air.

A titre personnel, je ne les utilise pas régulièrement. J’ai acheté une de ces soies naturelles il y a quelques années mais j’ai très vite renoncé à m’en servir car elle présentait un certain nombre de contraintes:

  • l’entretien lié à leur graissage est assez fastidieux.
  • le séchage, après chaque sortie de pêche, est impératif pour éviter leur pourrissement.
  • l’obligation de les sortir du moulinet et de les rembobiner une fois qu’elles sont sèches et graissées (disons, en résumé, qu’il faut avoir de la marge dans son agenda pour faire le nécessaire correctement).

Au fil du temps, le mot soie a été conservé alors que les matériaux synthétiques sont devenus pratiquement incontournables dans leur composition.

En réalité, il s’agit d’une âme en nylon tressé recouverte d’une gaine en matière plastique de grande qualité qui sert de revêtement et permet un coulissement facile dans les anneaux de la canne.

Les couleurs des soies synthétiques sont très variées et souvent très vives (jaune, vert, orange,…éventuellement fluorescentes) afin de faciliter leur visibilité surtout lorsque la lumière baisse et notamment au cours du fameux coup du soir.

Pour la pêche au Tenkara, ces soies remplacent utilement les tresses dont je vous ai déjà parlé dans le cadre d’un précédent post. https://tenkaraworld.com/72/

En pratique, j’utilise mes anciennes soies usagées que je coupe sur une longueur quasi identique à celle de la canne. Je l’attache d’un côté au Lilian (petite cordelette située à l’extrémité de la canne) et, de l’autre, j’y noue mon bas de ligne.

Lorsque je pêche en sèche, j’utilise une partie de soie DTF et lorsque je pêche en noyée, je passe en DTI ou WFI (voir les explications ci-après).

La densité des soies :

Il existe une très large gamme de densités de soies à utiliser en fonction des différentes situations de pêche :

    • Les soies flottantes (identifiables par le « F » sur les boites) sont utilisées lorsqu’on pêche en sèche.
    • Les soies intermédiaires (identifiées par un « I ») : elles coulent très lentement et je les utilise beaucoup pour la pêche en noyée.                                                                                                                            
    • Les soies à pointe plongeante (marquées « FS » ce qui veut dire « floating and sinking ») : elles sont composées d’une partie flottante qui reste donc en surface et d’une pointe très plongeante qui entraine vos mouches noyées ou vos streamers en profondeur.
    • Les soies plongeantes (« S » comme sinking) : elles permettent de pêcher très profondément et elles plongent plus ou moins rapidement selon les modèles signalés par un sigle « S1, S2, S3,… »

 Les différents types de soies :

Petit rappel, dans le cadre de la pêche à la mouche classique, il existe plusieurs profils de soies qui ont une utilisation spécifique :

  • Les soies de type parallèle (« L » – Level) : elles sont les premières soies synthétiques qui ont été commercialisées et, depuis, elles sont progressivement tombées en désuétude. Les soies parallèles sont utilisées sur les petites rivières encombrées par la végétation et qui nécessitent des lancers courts ainsi qu’une grande précision.

  • Les soies double fuseau (« DT » – Double Taper): leur partie centrale est parallèle et les deux extrémités sont en queue de rat. Elles sont les plus utilisées car elles passent partout :
    • elles permettent de lancer plus loin
    • on obtient grâce à leur utilisation des posés précis, tout en délicatesse
    • elles sont réversibles et donc économiques (lorsqu’une extrémité est usée ou abimée, il suffit de la retourner pour disposer d’une soie neuve).

  • Les soies à fuseau décentré (« WF » – Weight Forward) : leur masse est concentrée sur une extrémité, sur une longueur de 8 à 9 mètres. Ces soies permettent de lancer loin même quand il y a du vent, sur les rivières larges, souvent en utilisant la double traction.
  • Les soies à tête de ligne (« ST » – Shooting Taper) : elles propulsent les mouches à très longue distance car elles concentrent leur poids en tête de soie. Cette soie n’est pas longue, uniquement 9 à 14 mètres. Elle est donc reliée au backing qui garnit le moulinet et que l’on appelle une running line. Les lancers peuvent parcourir une longueur de plus de 50 mètres. Inutile de vous dire qu’à cette distance, on l’utilise surtout en réservoir ou pour les compétitions de casting.
  • Les soies à fuseau Triangle Taper (« TT ») : elles permettent également de pêcher à grande distance mais néanmoins avec des posés tout en finesse et délicatesse.

Vous avez donc l’embarras du choix !

Eric Le Rest

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La pêche à la mouche & ses différents lancers

Quels sont les bons gestes du lancer ?

Grâce au lancer, il est possible de poser sa mouche artificielle qui ne pèse pratiquement rien à l’endroit où on le souhaite sur la rivière.

En fait, c’est la tresse (au Tenkara) ou la soie (dans le cadre de la pêche à mouche classique) qui constitue le lest propulsé par la canne via des mouvements synchronisés, vers l’arrière puis vers l’avant, sous l’impulsion du bras du moucheur qui fonctionne comme un véritable piston.

La technique du lancer n’est pas très compliquée à acquérir mais il est largement préférable d’avoir recours à l’aide d’un “sachant” pour éviter une mauvaise acquisition du geste dont on aurait beaucoup de mal à se débarrasser ultérieurement.

Tout simplement savoir lire l’heure :

Je vous conseille vivement de vous entraîner sur un terrain de football ou sur un espace de jardin bien dégagé.

Après avoir accroché un morceau de laine au bout de votre bas de ligne et positionné sur le sol, à quelques mètres de vous un journal ou tout autre objet qui peut servir de cible (un cerceau par exemple), il convient d’actionner son bras, poignet bloqué, comme un levier en effectuant des mouvements très courts et à bonne vitesse (ni trop rapide, ni trop lente) avec un angle de canne très réduit (entre 10H et 12H) par rapport à votre corps, avec des arrêts bien marqués à 10H et à 12H.

A noter que pour la pêche à la mouche classique, les mouvements doivent se situer entre 11H et 13H.

Vous pouvez, dans un premier temps, vous retourner durant l’accomplissement du geste afin d’observer votre tresse et votre bas de ligne se déplier totalement derrière vous.

C’est la canne qui travaille (surtout son nerf comme avec un fouet) dans le prolongement de votre bras.

Le geste doit être zen et le rythme constant. Au Tenkara, plus on force et moins ça marche !

Progressivement, vous gagnerez en simplicité et en fluidité au niveau du geste. Le Tenkara permet d’acquérir plus rapidement la bonne gestuelle du lancer qu’en utilisant un matériel classique de pêche à la mouche. Vous n’avez pas à vous soucier du moulinet car il n’y en a pas ni de la longueur de la soie à sortir de ce dernier (la tresse et le bas de ligne sont d’une longueur linéaire, c’est vous qui bougez pour atteindre le poste que vous souhaitez explorer).

En fait, le lancer du Tenkara doit se caractériser par de la puissance sur l’arraché et beaucoup de finesse sur le posé.

Lorsque vous serez en situation de pêche, sachez que le ferrage du poisson intéressé par votre artificielle ne doit pas être brutal,  il doit se faire tout en douceur. Sinon, vous risquez de lui arracher votre mouche de la gueule avant qu’il ait pu véritablement s’en saisir.

D’une manière générale et comme j’aime souvent le dire : plus la mouche est en l’air, plus on perd de temps et moins on pêche !

Ou, si vous préférez, plus notre artificielle est sur l’eau et plus la probabilité de prendre un poisson est importante.

Ce point est primordial car les périodes d’éclosion sont toujours limitées dans le temps. Evitons de la frustration ou de l’énervement (je rappelle juste que nous sommes à la pêche pour prendre un maximum de plaisir et pas pour retomber dans les travers de la vie professionnelle) et pêchons le plus possible.

Il faut donc réduire au strict minimum les faux lancers – lorsque votre tresse se trouve dans les airs – car vous n’êtes pas là pour faire de l’esthétisme ou « épater la galerie » (généralement, il n’y en a pas) mais pour être le plus efficace possible et éviter d’accrocher votre mouche dans les arbres qui bordent la rivière, surtout pendant que les poissons gobent à tout-va.

Les lancers de base :

Le vertical (voir plus haut): c’est la lancer de base par excellence, le plus courant et le plus classique. Il peut être utilisé chaque fois que l’espace qui se situe derrière le moucheur est suffisamment dégagé ce qui est loin d’être toujours le cas, à moins que vous soyez en wading au milieu de la rivière ou au bord d’une rivière de montagne.

Le lancer horizontal: sa réalisation est identique au lancer vertical mais, comme son nom l’indique, il est réalisé sur un plan horizontal parallèle à la surface de l’eau. Il est bien pratique lorsque vous désirez poser votre artificielle sous la frondaison des arbres situés sur la rive opposée (la ripisylve est souvent abondante). Ici la précision est plus recherchée que la distance.

Le lancer roulé: il est utilisé lorsqu’il est impossible de dérouler la tresse derrière soi et de réaliser des faux lancers. Il permet d’atteindre de courtes distances ce qui est parfait pour la technique du Tenkara. Lorsque votre tresse et le bas de ligne se trouvent sur l’eau, vous devez ramener doucement votre tresse en réalisant une boucle dans votre dos. Le coup sec que vous allez donner vers l’avant permet de propulser la tresse qui s’étale parfaitement devant vous. De plus, si vous avez la chance d’avoir le vent dans votre dos, le lancer roulé est d’autant plus simple à réaliser.

Le lancer en revers: il se pratique lorsque les deux lancers précédents ne sont pas possibles. Au lieu que votre bras droit (si vous êtes droitier) se déplace sur le côté droit de votre corps, il rejoindra votre épaule gauche en formant un axe de 45° avec votre corps.

Il existe d’autres types de lancers plus complexes à réaliser comme le lancer parachute, le lancer sinueux, le lancer courbe, le lancer arbalète (pratiqué avec bonheur grâce au Tenkara, surtout sur les petits cours d’eau).

Je vous les expliquerai ultérieurement, avec grand plaisir, dans le cadre de posts spécifiques.

Eric Le Rest

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Pêcher à la mouche en nymphe

Comme pour la pêche en noyée, la pêche en nymphe se pratique sous la surface de l’eau car les poissons se nourrissant beaucoup plus souvent sous l’eau qu’en surface. Contrairement à la technique de la noyée, on lance en amont.

cette pratique est à la portée de n’importe quel pêcheur et allie finesse et délicatesse.

Il existe deux types de nymphes: celles qui sont lestées (elles pêchent en profondeur) et celles qui ne le sont pas (elles pêchent à quelques centimètres sous la surface de l’eau).

Avec la technique du Tenkara, lorsque vous pêchez en nymphe c’est surtout « au fil » et pas franchement  « à vue ».

La technique dite « au fil » est liée à l’utilisation de portions de fils de nylon de couleurs  différentes pour confectionner votre bas de ligne (différents morceaux de fluorocarbone alternant le fluo et le translucide sont tout à fait appropriés; bien entendu votre pointe doit être en nylon translucide).

Je préfère largement utiliser cette technique plutôt que de positionner sur mon bas de ligne un indicateur de touche qui s’apparente trop à la pêche au toc.

Ainsi, lorsque vous voyez une section de couleur marquer un arrêt ou plonger ou lorsque vous apercevez le moindre éclair argenté dans l’eau, vous pouvez(devez) ferrer: vous êtes quasiment certain qu’un poisson a été intéressé par votre nymphe et que la lutte va pouvoir commencer.

Grâce au Tenkara, les dérives des nymphes artificielles sont d’une grande précision, elles sont plus longues et beaucoup plus naturelles. Le Tenkara permet à votre nymphe de couler plus facilement au bon niveau car l’alignement de la canne, du bas de ligne et de la nymphe est généralement parfait.

Il convient, en l’espèce, de véritablement piloter votre nymphe dans chaque veine d’eau en gardant votre  fil le plus tendu possible pour pouvoir ferrer très rapidement  et de prospecter chacune d’elles sans oublier de faire passer au même endroit votre artificielle à plusieurs reprises car il n’est pas rare qu’une truite se laisse tenter après un certain nombre de présentations infructueuses. Il arrive même assez régulièrement qu’une truite fasse demi tour, se mette dans le sens du courant, pour poursuivre votre nymphe comme si elle regrettait de l’avoir laissée passer sans l’avoir saisie préalablement.

D’une manière générale, il convient de tenir compte de la profondeur à laquelle la nymphe doit évoluer en faisant attention à son poids et à la vitesse du courant. Si votre nymphe n’évolue pas à la bonne hauteur elle aura tendance à ne pas intéresser un poisson en activité. Généralement, il faut faire passer la nymphe lestée au raz du fond. Il faut donc poser sa nymphe suffisamment en amont pour qu’elle ait le temps de couler à la bonne profondeur à l’endroit que vous souhaitez prospecter.

Pour celles qui ne sont pas lestées, il est fréquent que les poissons s’en emparent et fassent un remous aussi significatif qu’un gobage.

Lorsque l’on pêche en nymphe, votre choix doit s’orienter vers une canne Tenkara ayant une action de pointe pour soutenir le lancer de l’artificielle qui est plombée. Idéalement, choisir une 7#3 longue de 3,60 m avec 3 m de ligne et 60 cm de bas de ligne.

Eric Le Rest

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Pêcher à la mouche noyée

La pêche à la mouche noyée représente la forme la plus traditionnelle de la pêche à la mouche. Aujourd’hui, elle est malheureusement un peu passée de mode alors qu’il s’agit d’une technique de pêche pleine de subtilités et très efficace.

A titre personnel, j’adore la pêche à la mouche noyée et j’en ai fait ma grande spécialité : j’ai en projet d’écrire plusieurs posts spécifiquement dédiés à la pêche à la mouche noyée afin de la remettre sous le feu des projecteurs en la modernisant et d’aider à passer le flambeau aux jeunes générations pour que cette technique  ne sombre pas dans l’oubli sous prétexte de «ringardise».

Je pratique la pêche à la mouche noyée avec bonheur et gourmandise tout au long de la saison, que les eaux soient hautes ou basses. Bien entendu, il s’agit d’une technique plus particulièrement destinées au début de saison quand les courants sont soutenus, les eaux légèrement teintées et lorsque les poissons ne montent pas encore en surface mais sont néanmoins en activité.

La pêche en noyée permet de prendre plus régulièrement du poisson tout au long de la saison qu’en sèche. L’idée que je recherche en pêchant en noyée est de «varier les plaisirs » : pêcher en sèche quand on voit des gobages, pêcher en noyée le reste du temps. Il est très facile, avec un peu d’expérience, de passer d’une technique à l’autre car il suffit de changer son bas de ligne en fonction de l’activité des poissons.

A la différence de la pêche à la nymphe qui se pratique en amont, la pêche à la mouche noyée se caractérise par des lancers en travers de la rivière et une dérive des mouches vers l’aval. Il s’agit d’une méthode très tactile qui se pratique ligne tendue: on utilise le courant pour maintenir le bon niveau de tension sur la ligne. Les touches sont ressenties via de véritables secousses au niveau du poignet.

C’est là que la technique du Tenkara et le matériel utilisé sont particulièrement intéressants :

– les cannes sont légères (pas plus de 80 grammes), longues (généralement entre 3,60 m et 4 m) et souples (du style parabolique) ce qui permet de moins fatiguer le poignet, de bien mieux contrôler les dérives, de mieux ressentir les touches et de perdre beaucoup moins de poissons via des décrochages

– les tresses lorsqu’elles n’ont pas été graissées coulent aisément et permettent au bas de ligne de plonger sous la surface de l’eau, à la bonne profondeur, pour faire travailler son train de trois mouches. Si vous trouvez que vos mouches restent trop en surface, il est toujours possible de monter une portion de bas de ligne plongeant achetée dans le commerce ou d’employer un liquide « miracle » également vendu dans le commerce. Celui-ci permet  après en avoir imbibé vos mouches, de les faire plonger à la bonne profondeur (à noter que la salive permet également de faire couler vos mouches).

– les mouches utilisées au Tenkara conviennent parfaitement à la technique de la noyée: les hackles sont souples et montés vers l’avant ce qui donne vie à vos artificielles lorsqu’elles vibrionnent dans le courant.

– le piquant des hameçons étant particulièrement important sur les les Kébaris, les décrochés des poissons sont beaucoup moins importants qu’avec des mouches montées sur des hameçons classiques. Leur forme particulière contribue également à optimiser le nombre de prises.

Par ailleurs, les bas de ligne à nœuds utilisés dans la cadre de la pêche à la mouche noyée sont nettement plus courts et sont réalisés avec des diamètres de fils beaucoup plus forts qu’en sèche. Les pointes sont en 18/100 (voire 20/100) en début de saison et descendent en 16/100 à la fin du printemps et durant l’été.

«A la fin de la tresse d’une longueur de 3 mètres et grâce à des noeuds dits du « chirurgiens » (je vous expliquerai dans une autre rubrique les différentes sortes de noeuds qui sont utilisés par les pêcheurs à la mouche). En ce qui me concerne, j’employe des bas de ligne dégressifs d’une longueur de 40 cm à 50 cm avec des nylons d’un diamètre successif de 24/100, 22/100 et trois bouts de 20/100. Sur les deux derniers bouts, on laisse une « potence » d’une dizaine de centimètres.

Grâce à ce montage, on pêche avec un train de trois mouches artificielles:

une mouche dite de pointe fixée au dernier brin de nylon et en règle générale lestée pour évoluer près du fond de la rivière. J’utilise très souvent des artificielles intégrant des billes placées près de l’oeillet de l’hameçon et des corps composés entièrement de cuivre ou cerclés de ce métal.

une mouche intermédiaire moyennement lestée montée sur la première potence à partir de la pointe de votre bas de ligne. Pour les intermédiaires, je mise beaucoup sur des artificielles montées avec des matériaux modernes un peu flashy qui excitent la curiosité, l’intérêt et/ou l’agressivité des poissons.

une sauteuse fixée à la deuxième potence et qui évolue légèrement sous la surface ou qui vient « taper » régulièrement sur l’eau,  comme le font les éphémères, ce qui a tendance à exciter l’appétit des chasseresses.

Ces trois mouches représentent des insectes aquatiques à des stades différents de leur cycle de vie. Les mouches de pointe imitent des insectes au stade larvaire, les intermédiaires des insectes au stade nymphal ou des imagos agonisants après leur ponte et les sauteuses des insectes émergeants ou des imagos.

Il m’est arrivé, à plusieurs reprises, lorsque les truites sont vraiment en activité, sur la Saine qui est une rivière mythique du Jura et qui vient rejoindre l’Ain (précisément sur la commune de Syam) de prendre, en même temps et sur le même lancer,  deux beaux poissons sur mon train de trois mouches. Je peux vous assurer que lorsque les deux poissons décident de fuir dans un sens opposé (le temps que vous compreniez ce qui vous arrive) cela vous procure des sensations incroyables que vous garderez longtemps en mémoire !

La technique de la pêche en noyée consiste à lancer bien droit son train de mouches en plein travers de la rivière plus ou moins en amont des postes présumés. Puis après avoir abaissé sa canne, je vous conseille de suivre la dérive en gardant la canne dans l’alignement de la tresse et du bas de ligne. Il faut éviter que l’ensemble de la tresse et de la ligne ne prennent trop d’avance sous l’action du courant: si tel était le cas, il convient de pratiquer des mendings (rattrapage de la tresse pour la replacer dans l’axe de la canne en la rejetant vers l’amont grâce à une rotation du poignet) dont je vous expliquerai plus précisément la technique dans le cadre d’un autre post.

Le train de mouches doit être animé en action de pêche (pour donner une apparence de vie à vos artificielles) par des légers tremblements de la canne durant une partie de la dérive et par une remontée très progressive de celle-ci en fin de dérive. Il ne faut surtout pas la remonter trop rapidement. C’est très souvent à ce moment là que se produisent les touches.

Cette technique de la pêche noyée permet de véritablement «peigner » la rivière grâce à son train de mouches. Elle est très productive car on peut la pratiquer de façon extensive en descendant la rivère grâce à un ou deux pas de coté après chaque coup de ligne. Lors d’une journée de pêche, il est ainsi possible de longer la rivière sur plusieurs kilomètres en passant d’un poste à l’autre.

Eric Le Rest

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La pêche à la mouche & l’entomologie

L’entomologie peut s’avérer être un domaine rapidement complexe.

Je souhaite essayer de vous le présenter de la façon la plus simple et la plus efficace possible en classifiant les insectes.

Il existe deux grandes catégories d’insectes qui intéressent nos partenaires privilégiés:

1) Les insectes aquatiques: Ils passent leur stade larvaire dans l’eau durant plusieurs mois, voire plusieurs années selon les espèces, puis ils se muent en insectes volants qu’on appelle imagos. Ils représentent des mets de choix pour les poissons.

1a) Les éphémères:

Ces insectes représentent un intérêt majeur pour les pêcheurs à la mouche car ils constituent une part importante de l’alimentation des poissons quels que soient les stades de leur cycle de vie.

Au stade adulte l’éphémère présente un corps fin se terminant par deux ou trois cerques (appendices sensoriels portés à l’extrémité de l’abdomen) selon les espèces. Lorsque l’éphémère est immobile ses ailes sont dressées à la verticale.

On trouve les larves des très nombreuses espèces dans les rivières aux eaux courantes et bien oxygénées. Elles se nourrissent en fouillant le sable dans le fond des rivières. Les éclosions qui apparaissent dès la mi-février sont souvent spectaculaires et mettent les truites en folie.

Les plus connues des éphémères sont les mouches de mai qui sont fréquentes dans les rivières de plaine. Elles éclosent fin mai-début juin. La plus grande est l’Ephemera Danica qui mesure 25 millimètres et présente une belle couleur jaune virant sur le brun.

Durant la période estivale, les éclosions se poursuivent: ce sont des Ephemera vulgata, des Ignita ou des Caenidés. Leur taille est plus petite (entre 8 et 20 millimètres) et leurs couleurs varient : noir, rougeâtre, vert olive et toutes les variations de jaune…

En fin de saison, apparaissent les Ignita Muticus ou Cleon.

Ci-dessous, la fameuse « Mouche de mai » naturelle et son imitation quasi parfaite réalisée à partir de matériaux synthétiques. On pourrait s’y méprendre et c’est d’ailleurs l’effet que nous recherchons auprès des truites :

1b) Les plécoptères ou perles:

On les appelle également les mouches de pierre qui ne se trouvent que dans les eaux fraîches, courantes et caractérisent un biotope de grande qualité.

Les nymphes (larves) restent aplaties dans le fond des rivières sous les pierres (d’où leur nom) pour résister à la force de l’eau. Les ailes des adultes sont grises et recouvrent le corps de l’insecte.

Les plécoptères sont relativement rares et ne constituent qu’environ 10% de l’alimentation des truites mais elles en raffolent.

1c) Les tricoptères (ou phryganes ou « porte bois » ou sedges):

Ils constituent un des mets préférés des truites quel que soit leur stade, du mois de mars au mois d’octobre. On les retrouve donc tout au long de la saison de pêche et tout au long de la journée mais surtout au moment du fameux “coup de soir”, juste au moment où il commence à faire nuit, entre « chien et loup ».

Au stade larvaire, les tricoptères s’abritent dans des étuis constitués de tout ce qu’on trouve dans le fond de la rivière: des petits morceaux de bois (d’où leur nom, dans le langage populaire, de « porte-bois »), de minuscules graviers, de plantes conglomérés sous forme d’un petit tuyau dans lequel vit une larve. A la fin du stade larvaire, l’imago gagne la berge pour réaliser sa dernière métamorphose sur un obstacle partiellement hors de l’eau.

Lorsque vous soulevez les pierres des rivières vous en trouvez quasiment systématiquement, du moins dans les rivières dignes d’intérêt pour les moucheurs.

Dans certains cours d’eau du Jura que j’ai ardemment fréquentés à une certaine époque de ma vie, il suffisait de se baisser pour ramasser des centaines d’étuis abonnés par leur larve. Vous pouvez ainsi imaginer la qualité du milieu aquatique dans lequel certains pêcheurs ont la chance d’évoluer et la manne nourricière que cela représente pour les truites et les ombres.

Pour s’en convaincre, il suffit lorsque vous ne graciez pas un poisson (à éviter) et lorsque vous videz leur intestin de constater à quel point vous retrouvez, à l’intérieur des étuis de porte-bois !

Les sedges se caractérisent, au stade adulte, par de longues antennes orientées vers l’avant, des ailes de couleur brune, velues qui sont positionnées en forme de toit sur le corps.

La vie des tricoptères est très souvent nocturne. Durant la journée, on les retrouve fréquemment sur les feuilles des arbres qui bordent la rivière. Il suffit de les secouer pour voir quelques sedges tomber et de regarder la couleur et la taille de l’artificielle que vous devez choisir dans votre(vos) boite(s).

Ci-dessous, une imitation d’un sedge. L’artificielle que tout moucheur doit impérativement posséder dans sa boite à mouches:

2) Les insectes terrestres:

Leur développement ne dépend pas de l’élément aquatique.

Nous pouvons les trouver en grande quantité sur les berges à proximité de la rivière dans laquelle ils chutent régulièrement pour le plus grand bonheur des truites. Selon les saisons, nous pouvons recenser pêle-mêle les sauterelles, les grillons, les fourmis, les abeilles, les guêpes, les coléoptères, les hannetons, les mouches non aquatiques, les chenilles, …

Vous noterez ici que je n’ai pas vraiment voulu parler des moustiques que l’on retrouve le plus souvent dans les eaux stagnantes chargées de matières organiques et qui rentrent essentiellement dans l’alimentation des poissons blancs ou des truites de réservoir ou de lac (la pêche en réservoir n’intéresse pas vraiment le moucheur utilisant la technique du Tenkara car leur matériel n’est pas du tout adapté). Ces larves de chironomes ou vers de vase montent en surface tout au long de la saison de pêche et intéressent particulièrement les poissons précités.

Bien entendu, il existe des montages spécifiques imitant tous ces insectes dont nous verrons ensemble, ultérieurement, toutes les réalisations dans le cadre de la rubrique vidéos de Tenkara World.

Ces artificielles sont souvent utilisées au cœur de l’été, en pêchant les bordures. Elles réservent régulièrement de très belles surprises !

Eric Le Rest

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La pêche en France: un sport superstar!

 

Découvrons ensemble un certain nombre de chiffres clés qui caractérisent l’activité pêche en eau douce en France:

  • 1,4 million de français pratiquent régulièrement la pêche. La Fédération Nationale de la Pêche (FNPF) qui bénéficie du dévouement de 3.900 associations extrêmement actives (40.000 bénévoles) est la 2ème après celle du football ! Notre pays compterait près de 50.000 « mordus » de pêche à la mouche.

 

  • 5% des français vont à la pêche régulièrement. 10% de la population française se déclare être pêcheur. 41% ont déjà essayé une fois de pêcher dans leur vie. 11% ont pratiqué la pêche assez régulièrement à une époque puis ont abandonné. La moyenne du nombre de pêcheurs par département s’élève à 13.459 pêcheurs. La France est le pays, au sein de l’UE, qui compte le plus de pêcheurs (nous sommes 30 millions à l’échelle européenne).

 

  • Pour autant et malheureusement, le nombre de pêcheurs est en baisse constante chaque année (-3,06% en 2018 / 2017). Il y avait 2,2 millions dans les années 80…

  • La pêche est une passion qui touche toutes les générations avec un engouement croissant des jeunes (23% des pêcheurs ont moins de 18 ans, environ 1/4 moins de 25 ans, 70% ont moins de 50 ans). Contrairement aux idées reçues, les plus de 65 ans ne représentent que 16% des pêcheurs.

 

  • Le marché de la pêche représente 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire pour l’économie française (presque autant que le tennis). Les adeptes de la pêche dépensent, en moyenne, 680 € par an pour assouvir leur passion (hors coût de la carte de pêche mais frais de déplacement compris). La pêche représente 7% de la production d’articles de sport dans notre pays et 10.000 emplois en France.

 

  • La pêche est une activité essentiellement masculine (97% d’hommes). Quel dommage qu’il n’y ait pas plus de femmes au bord de l’eau comme c’est déjà le cas aux USA ! (mais, comme inévitablement la plupart des choses qui se passent aux Etats Unis se produisent en France avec un décalage de quelques années, tous les espoirs nous sont permis).La France propose 275.000 kms de cours d’eau et 110.000 ha de plans d’eau (sans parler des 4.000 kms de côte sur lesquelles nous pouvons également pratiquer la pêche à la mouche notamment à la recherche des bars…)

Eric Le Rest

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Montages des mouches artificielles / DIY

La passion du montage des mouches artificielles qui peut être élevée au rang de création artistique dépasse, pour certains moucheurs, le plaisir seul de la pêche.

Ainsi la pêche à la mouche allie plaisirs d’extérieur et plaisirs d’intérieur en occupant très largement vos longues soirée d’hiver (et pas que les soirées d’hiver…).

D’une manière générale, qu’on se le dise et même si c’est une évidence, une bonne mouche est un mouche à laquelle on croit et qui prend du poisson. Le plaisir est évidemment décuplé lorsqu’elle est confectionnée par soi-même (Do It Yourself) .

Ainsi, il est préférable d’être très méfiant par rapport aux artificielles qui flattent l’œil du pêcheur. Je préfère largement utiliser une mouche d’ensemble très « moche » visuellement et prendre de belles truites plutôt que de choisir une très belle mouche, souvent achetée dans le commerce à un prix élevé au début de son apprentissage: j’en possède également dans mes boites qui n’ont jamais vu l’eau, comme c’est certainement le cas pour beaucoup de pêcheurs et  qui ne leurreront jamais aucun poisson.

Au Tenkara, certains pêcheurs japonais ne pêchent qu’avec deux mouches durant toute leur saison (voire une seule pour les puristes).

Ce sont des mouches d’ensemble qui n’imitent pas un insecte particulier. Il s’agit de mouches incitatives (au contraire des mouches imitatives) :

Amanokébari : une mouche au corps gris avec des hackles de grouse et un montage avancé

Ishigaki Kébari : elle a un corps en dubbing  de lièvre noir et une plume de coq noir (ou éventuellement des plumes très souples d’étourneaux) toutnée vers l’avant, en montage avancé.

Ce style de montage avancé s’appelle le Sakasa. Il comprend un hackle mou qui est présenté sous la forme d’un cône orienté vers l’avant de l’hameçon. Les hackles peuvent être également montés à l’envers pour renforcer cet effet. Les hackles se trouvent ainsi face au courant et vibrent sous l’impulsion de ce dernier au lieu de se retrouver plaqué contre le corps de l’artificielle. Le corps est généralement constitué de herl de paon.

Il est également possible de monter sa mouche, dans le sens inverse que celui retenu habituellement, en mettant l’oeillet de l’hameçon dans les mors de l’étau et en enroulant son fil de montage de l’avant vers l’arrière et en finissant à la courbure avec un whip finish.

Certains modèles de la maison « Mouches DEVAUX » sont montés dans l’esprit des Kébaris japonaises (je pense notamment à la fameuse AK4) même  si je suis certain que leur créateur, Mémé DEVAUX, dans son Jura natal, n’avait jamais eu connaissance, lorsqu’il l’a inventé en France, de ces montages avancés japonais qui existaient depuis plusieurs siècles !

La fameuse AK4 de Mémé DEVAUX qui a fait tant de « ravages » sur de nombreuses rivières et pas seulement françaises.

Lorsqu’on monte une artificielle, il faut viser le juste équilibre entre ni trop, ni trop peu de matériaux sur le corps de l’hameçon afin de la transformer en une imitation d’insecte léger et fragile grâce à une répartition mesurée de plumes, de poils et de soie de montage.

Ma boite à mouches « idéale » est composée d’une vingtaine d’artificielles déclinées en trois tailles d’hameçons. Bien que l’exercice ne soit pas forcément très simple à réaliser, je vais essayer de vous proposer une sélection d’artificielles avec lesquelles je pêche tout au long de la saison.

La première partie sera consacrée aux mouches sèches (dry fly), la deuxième vous présentera une sélection de mouches noyées (wet fly) que j’utilise, parfois depuis de nombreuses années, et que j’ai adaptées ou parfois créées. Merci de bien vouloir cliquer sur le lien suivant: https://tenkaraworld.com/?p=1724

La pêche en noyée est « ma spécialité » surtout en début de saison dans la mesure où, de l’ouverture à la fermeture, je ne pêche (et depuis désormais de très nombreuses années) exclusivement qu’à la mouche.

Des rubriques seront également consacrées aux nymphes et aux streamers.https://tenkaraworld.com/?p=1724

Mon ambition sera également de vous initier ultérieurement aux joies du montage des artificielles  grâce à des vidéos que je réaliserai.  A suivre…

Eric Le Rest

Cet article peut également vous intéresser : https://tenkaraworld.com/modeles-preferes/