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L’art du mending

Le  mending qui consiste à repositionner sa soie est une technique indispensable que tout moucheur doit absolument maitriser pour obtenir une bonne dérive de ses mouches artificielles à la surface de l’eau ou, sous la surface, lorsque vous pêchez en noyée.

Ainsi, plus la dérive est naturelle et plus les chances de leurrer les truites sont importantes.

Le mending provient du verbe anglais “to mend” qui signifie “rectifier ou corriger”. Effectivement, nous avons régulièrement besoin de corriger le positionnement de notre soie afin:

  • d’éviter le dragage des mouches à la surface de l’eau
  • d’obtenir de belles dérives.

Il existe plusieurs types de mendings:

  • le mending droit: lorsque vous effectuez un lancer en travers de la rivière, de l’autre côté de la berge, le courant et les différentes veines d’eau entraînent  la soie en créant une boucle qui fera inévitablement draguer l’artificielle. Le mending permet en une fraction de seconde, par un coup de poignet vers l’amont de la rivière,  d’éviter la formation du ventre mou de la soie. Plus le courant est fort et plus votre geste doit être vif. A signaler que plusieurs mendings doivent parfois être réaliser, l’un après l’autre, en fonction de la vitesse du courant.

 

  • le mending courbe: il doit être utilisé en présence de plusieurs veines d’eau avec  des courants de forces différentes voire des parties lentes alternant avec des parties rapides. La courbe amont de la soie à la surface de l’eau s’obtient en effectuant lors du lancer un mouvement de va et vient latéral. Bien entendu, la maitrise parfaite de ce mending nécessite de réaliser un certain nombre de tests préalables au bord de la rivière, par exemple lorsque les poissons ne sont pas en activité et que vous attendez les premiers gobages (autant vous entraîner dans l’intervalle…).

  • Les miniroulés: ils doivent être réalisés de façon successive lorsque la soie est étendue à la surface de l’eau. L’objectif poursuivi est de provoquer des miniroulés sans tirer sur son bas de ligne afin que sa mouche plonge et continue sa dérive de la façon la plus naturelle possible. J’utilise régulièrement cette technique lorsque je pêche en noyée. Elle est remarquablement efficace.

Avec de la pratique, on apprend à progresser dans les techniques du mending et surtout dans le dosage de ses mouvements qui sont souvent trop violents, dans un premier temps, puis lorsqu’ils gagnent en douceur et en fluidité sont des gages de réussite. La clé du succès repose sur la notion de dosage.

Comme je vous l’indiquais, la technique du mending est absolument essentielle dans le cadre de la pratique de la pêche à la mouche classique.

A noter que lorsque vous pêchez au Tenkara avec des mouches sèches, les mendings sont moins incontournables car il n’y a pas de soie et, très souvent, seule la mouche repose à la surface de l’eau permettant d’éviter le dragage.

Toutefois, lorsque je pêche en noyée en utilisant la technique du Tenkara, il m’arrive de réaliser régulièrement des mendings pour mieux faire travailler mon train de mouches et donc le rendre plus irrésistible.

Eric Le Rest.

Pour de plus amples informations sur le dragage, vous pouvez consulter utilement l’article suivant: https://tenkaraworld.com/dragage/

Les principes d’un bon ferrage

Le ferrage qui consiste à planter la pointe de l’hameçon dans la bouche de nos partenaires est une étape essentielle qui nécessite de l’anticipation, de la maîtrise et de la vitesse afin de piquer correctement les poissons qui se sont intéressés à nos artificielles.

Un bon ferrage n’est pas franchement simple à réaliser surtout lorsqu’on débute à la pêche à la mouche:

  • tout est lié à une question de timing. Lorsqu’on est débutant, soit on le déclenche trop rapidement et, dans ce cas, on enlève la mouche de la gueule du poisson. Soit, le ferrage est trop tardif et la truite a le temps de recracher l’hameçon lorsqu’elle a senti l’aspect anormal de notre artificielle par rapport aux insectes naturels.

  • il faut savoir que si l’on atteint un ratio de réussite au ferrage compris entre 60 et 80%, c’est que l’on se situe à un très, très bon niveau. Bien entendu, le débutant loupera, au début de son apprentissage, beaucoup de poissons et atteindra un ratio de prise effective d’environ 20 à 30%. Toutefois, la montée en puissance sera régulière au fur et à mesure des heures de pratique.

Quels sont les grands principes à mettre en œuvre afin de progresser rapidement en matière de ferrage ? :

  • il convient tout d’abord de ne pas être brutal et d’effectuer un mouvement mesuré grâce à son poignet et/ou son bras et tout cela au bon moment.

 

  • plus vous pêchez loin et plus vous devez contrôler la longueur de votre soie qui est étendue à la surface de l’eau. En effet, plus vous pêchez à longue distance (entre 15 et 20 mètres), plus votre ferrage sera difficile à réaliser et plus votre soie devra être tendue pour vous faciliter la tâche.

C’est pour cette raison que le ferrage est beaucoup plus efficace lorsque vous pêchez au Tenkara qu’avec un matériel de pêche à la mouche classique (votre canne est plus souple, vous pêchez à petite distance, vous n’avez pas de soie et votre bas de ligne est beaucoup plus tendu). Ainsi, grâce au Tenkara, votre ratio de réussite au ferrage est très rapidement supérieur aux 80% indiqués ci-dessus !

 

  • au ferrage et avec un matériel classique de pêche à la mouche, vous devez redresser simultanément votre canne, écarter de votre corps le bras qui vous sert à lancer et, en même temps, tirer sur votre soie. Tout cela demande de la synchronisation et de la pratique.

Rien de tel avec le Tenkara dans la mesure où il n’y a pas de soie: il suffit donc de relever sa canne et, éventuellement, son bras. La très grande souplesse de la canne et la tension directe sur la ligne permettent généralement au poisson de se ferrer tout seul.

 

  • il faut adapter la vitesse de son ferrage à la taille du poisson leurré. Nos anciens disaient toujours: “un ferrage rapide pour les petits poisson mais un ferrage lent pour les gros”. Je vous conseille, si vous êtes débutant, de vous exercer sur les ablettes de nos rivières de seconde catégorie qui sont des petits poissons extraordinaires en terme de vivacité. Si vous arrivez à ferrer efficacement un nombre élevé d’ablettes et sans leur arracher une partie de la bouche c’est que vous êtes en bonne voie pour devenir un expert du ferrage efficace.

 

  • veillez bien à l’affutage de vos hameçons et, si vous doutez de leur piquant, n’hésitez pas à utiliser une petite lime (du style lime à ongles en métal) pour qu’ils récupèrent toute leur efficacité initiale.

Eric Le Rest.Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/fluidite-finesse/

 

Les différents modèles de soies

Au 18ème siècle, lorsque la pêche à la mouche a été inventée en Europe (je rappelle que le Tenkara se pratiquait déjà au Japon au 8ème siècle), la soie était réellement fabriquée en soie naturelle.

Ces soies naturelles sont encore utilisées par un certain nombre de pêcheurs puristes pour leurs qualités : finesse des posés et très bonne pénétration dans l’air.

A titre personnel, je ne les utilise pas régulièrement. J’ai acheté une de ces soies naturelles il y a quelques années mais j’ai très vite renoncé à m’en servir car elle présentait un certain nombre de contraintes:

  • l’entretien lié à leur graissage est assez fastidieux
  • le séchage, après chaque sortie de pêche, est impératif pour éviter leur pourrissement
  • l’obligation de les sortir du moulinet et de les rembobiner une fois qu’elles sont sèches et graissées (disons, en résumé, qu’il faut avoir de la marge dans son agenda pour faire le nécessaire correctement).

Au fil du temps, le mot soie a été conservé alors que les matériaux synthétiques sont devenus pratiquement incontournables dans leur composition.

En réalité, il s’agit d’une âme en nylon tressé recouverte d’une gaine en matière plastique de grande qualité qui sert de revêtement et permet un coulissement facile dans les anneaux de la canne.

Les couleurs des soies synthétiques sont très variées et souvent très vives (jaune, vert, orange,…éventuellement fluorescentes) afin de faciliter leur visibilité surtout lorsque la lumière baisse et notamment au cours du fameux coup du soir.

Pour la pêche au Tenkara, ces soies remplacent utilement les tresses dont je vous ai déjà parlé dans le cadre d’un précédent post. https://tenkaraworld.com/72/

En pratique, j’utilise mes anciennes soies usagées que je coupe sur une longueur quasi identique à celle de la canne. Je l’attache d’un côté au Lilian (petite cordelette située à l’extrémité de la canne) et, de l’autre, j’y noue mon bas de ligne.

Lorsque je pêche en sèche, j’utilise une partie de soie DTF et lorsque je pêche en noyée, je passe en DTI ou WFI (voir les explications ci-après).

La densité des soies :

Il existe une très large gamme de densités de soies à utiliser en fonction des différentes situations de pêche :

    • Les soies flottantes (identifiables par le « F » sur les boites) sont utilisées lorsqu’on pêche en sèche
    • Les soies intermédiaires (identifiées par un « I ») : elles coulent très lentement et je les utilise beaucoup pour la pêche en noyée                                                                                                                               
    • Les soies à pointe plongeante (marquées « FS » ce qui veut dire « floating and sinking ») : elles sont composées d’une partie flottante qui reste donc en surface et d’une pointe très plongeante qui entraine vos mouches noyées ou vos streamers en profondeur.
    • Les soies plongeantes (« S » comme sinking) : elles permettent de pêcher très profondément et elles plongent plus ou moins rapidement selon les modèles signalés par un sigle « S1, S2, S3,… »

 Les différents types de soies :

 Il existe plusieurs profils de soies qui ont une utilisation spécifique :

  • Les soies de type parallèle (« L » – Level) : elles sont les premières soies synthétiques qui ont été commercialisées et, depuis, elles sont progressivement tombées en désuétude. Les soies parallèles sont utilisées sur les petites rivières encombrées par de la végétation et qui nécessitent des lancers courts ainsi qu’une grande précision.

  • Les soies double fuseau (« DT » – Double Taper): leur partie centrale est parallèle et les deux extrémités sont en queue de rat. Elles sont les plus utilisées car elles passent partout :
    • elles permettent de lancer plus loin
    • on obtient grâce à leur utilisation des posés précis, tout en délicatesse
    • elles sont réversibles et donc économiques (lorsqu’une extrémité est usée ou abimée, il suffit de la retourner pour disposer d’une soie neuve).

  • Les soies à fuseau décentrés (« WF » – Weight Forward) : leur masse est concentrée sur une extrémité, sur une longueur de 8 à 9 mètres. Ces soies permettent de lancer loin même quand il y a du vent, sur les rivières larges, souvent en utilisant la double traction.
  • Les soies à tête de ligne (« ST » – Shooting Taper) : elles propulsent les mouches à très longue distance car elles concentrent leur poids en tête de soie. Cette soie n’est pas longue, uniquement 9 à 14 mètres. Elle est donc reliée au backing qui garnit le moulinet et que l’on appelle une running line. Les lancers peuvent parcourir une longueur de plus de 50 mètres. Inutile de vous dire qu’à cette distance, on l’utilise surtout en réservoir ou pour les compétitions de casting.
  • Les soies à fuseau Triangle Taper (« TT ») : elles permettent également de pêcher à grande distance mais néanmoins avec des posés tout en finesse et délicatesse.

Vous avez donc l’embarras du choix !

Eric Le Rest

Cet article peut également vous intéresser : https://tenkaraworld.com/72/