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Le No Kill & la pêche à la mouche

Je souhaite revenir sur la notion de “No Kill” dont je vous ai déjà parlé, à plusieurs reprises, dans Tenkaraworld.com.

Le “No Kill” que l’on nomme également “Graciation” (au Québec), “Catch & Release” (dans les pays anglosaxons), “Prendre & relâcher” (en France), repose sur la remise à l’eau, en bonne santé, des poissons que l’on pêche à la mouche. Ainsi, nous ne pouvons pas prétendre qu’une truite qui saigne soit en bonne santé car elle ne survit généralement pas à ses blessures.

Pour qu’un poisson soit au meilleur de sa forme, il convient, par ailleurs, de raccourcir au strict minimum la durée du combat car l’acide lactique produit dans les chairs de notre partenaire devient rapidement toxique.

Lorsque vous graciez un poisson sachez également qu’il est franchement préférable de :

  • Ne pas lui toucher les flancs pour éviter d’enlever le mucus. La chaleur et la sécheresse des mains sont très néfastes: c’est pour cette raison qu’il faut toujours se mouiller les mains avant de saisir un poisson,
  • Utiliser des hameçons sans ardillon qui ne font pas se décrocher plus de poissons mais évite de les abimer,
  • Le relâcher dans une zone calme de la rivière,
  • Le réoxygéner dans l’eau en lui donnant des mouvements lents d’avant en arrière pour ventiler ses branchies. 

Il existe, en France et à l’étranger, de nombreux parcours “No Kill” imposés qui constituent des réserves actives sur des portions de rivières de première catégorie. Les mentalités des pêcheurs ont considérablement évolué, en la matière, au cours de la dernière décennie (les pêcheurs et particulièrement les moucheurs ont beaucoup plus de respect et d’éthique que par le passé).

Les non pêcheurs peuvent juger la pratique du «No Kill» cruelle (dans les faits lorsqu’elle est bien pratiquée, elle ne l’est pas du tout) et certains pêcheurs ne semblent pas comprendre les raisons pour lesquelles il convient de gracier les poissons qu’ils prennent…

Sachez que parmi les adeptes du “No kill”, il existe trois catégories de pêcheurs:

  • Ceux qui aiment et pratiquent le “No Kill” intégral en estimant qu’il s’agit d’un mode de gestion écologique des rivières car les poissons deviennent de plus en plus difficiles à prendre pour les “Killers”, car de mieux en mieux “éduqués” et de plus en en plus méfiants. Ces moucheurs ont également pris conscience, outre la valeur écologique indéniable d’une rivière, de la valeur économique du patrimoine halieutique (la réputation d’une rivière en fait un outil promotionnel et de communication qui attire de nombreux pêcheurs, avec leur famille; ces derniers dépensent de l’argent dans des zones rurales trop souvent abandonnées par les pouvoirs publics).
  • Les moucheurs qui préfèrent le “No Kill” partiel en prélevant les plus gros sujets (des truites de plus de 45 cm) qui nuisent aux autres poissons car elles sont devenues cannibales et sont peu prolifiques en tant que géniteurs. Les meilleurs géniteurs se situent, sur les rivières calcaires, dans une fourchette de taille comprise entre 30 et 45 cm. A ce propos, aux USA, une grande majorité des rivières sont gérées en “No Kill” partiel.
  • Ceux qui souhaitent limiter le nombre de prises sur un certains nombre de parcours de la rivière.

A titre personnel, je pratique le « No Kill » intégral; non pas parce je suis un “intégriste” du “Cash & Release” mais parce que j’ai horreur de tuer de très beaux poissons en prenant le risque de ne pas les manger dans la foulée et qu’il finissent à la poubelle: je préfère les voir en vie dans nos rivières même si ce sont des prédateurs !

Dans tous les cas de figure, grâce à la pratique du “No Kill”, il est prouvé que le nombre de poissons et que la taille de ces derniers augmentent sensiblement par rapport aux parcours classiques de rivières. 

Ainsi, la pêche est, grâce au “No Kill”, un loisir et un plaisir pleinement respectueux des principes écologiques à grande valeur ajoutée.

Éric Le Rest.

La pêche à la mouche au féminin

L’engouement pour la pêche à la mouche au féminin est extraordinaire aux USA.

Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder, sur les réseaux sociaux, le nombre impressionnant de femmes, souvent jeunes, qui visiblement “s’éclatent” en pêchant à la mouche, surtout en utilisant la technique du Tenkara, pour un nombre croissant d’entre elles.

Vous pouvez cliquer sur le lien suivant pour obtenir, via Pinterest, la confirmation de ce que j’indique plus haut:  https://www.pinterest.fr/tenkaraworld/p%C3%AAche-%C3%A0-la-mouche-au-f%C3%A9minin/

En France, on ne peut pas dire, pour l’instant, que la pêche attire beaucoup la gent féminine et, à titre personnel, je le déplore fortement:

  • nous dénombrons seulement un peu plus d’un millier de pêcheuses à la mouche pour environ 50.000 moucheurs (les femmes ne représentent donc que ~2% des pêcheurs à la mouche Français contre entre 15 et 20 % aux Etats Unis, idem pour l’Angleterre et pour les Pays Nordiques)
  • le manque de femmes qui pratiquent la pêche à la mouche restreint, à mes yeux, le développement de notre sport.

A noter que le nombre de pêcheuses françaises semble toutefois en augmentation alors que le nombre de pêcheurs est, quant à lui, en nette diminution depuis quelques années.

Pour autant et comme nous le savons tous, ce qui se passe outre Atlantique finit souvent par arriver en France et en Europe, avec quelques années de décalage !

Voici donc les principaux atouts que propose la pêche à la mouche (et plus particulièrement le Tenkara) et qui devrait attirer de plus en plus de femmes au bord de nos rivières françaises:

  • la pêche à la mouche propose une gestuelle “noble” – la beauté, la finesse et l’élégance du geste sont indéniables – et une sensibilité – le calme, la sérénité et le sens de l’observation – qui devraient intéresser de plus en plus de femmes.
  • en pêchant à la mouche, les femmes sont généralement beaucoup plus précises et patientes que les hommes et leur technique qui s’avère plus fine et délicate fait des miracles sur des poissons de plus en plus “éduqués”.
  • le montage des mouches est également une activité qui plait beaucoup aux femmes car elles sont souvent beaucoup plus minutieuses que les hommes.

  • la pratique du “no kill” (la pêche à la mouche et surtout la technique du Tenkara qui se pratique sans ardillon ne constituent pas un sport qui vise à tuer les poissons car, la plupart du temps, nous les remettons à l’eau), la sauvegarde de l’environnement, la protection, la réhabilitation du milieu aquatique, la sensibilisation des jeunes et le retour à une nature magique et magnifique sont des atouts importants aux yeux de la gent féminine.
  • le matériel de pêche est léger et parfaitement adapté à la morphologie des femmes.
  • la beauté, la variété des paysages et le contact avec la nature qui méritent de tout mettre en œuvre pour qu’on les préserve.
  • l’accueil des pêcheurs masculins est très généralement chaleureux – à part quelques machos de base indécrottables – car ils ne demandent qu’à expliquer, sans “esprit de compétition”, et à montrer leur passion pour cette technique de pêche et pour les sites naturels dans lesquels ils évoluent.

Les freins sont peu nombreux:

  • pour l’instant, il n’existe pas encore assez de tenues adaptées et de produits spécifiques sauf chez certaines marques américaines.
  • l’image de la pêche est encore trop vieillotte, voire ringarde: il faut donc œuvrer à la dépoussiérer. Espérons que Tenkaraworld.com ainsi que l’action des autres moucheurs contribueront à rendre plus “fun”, accueillante et attirante la pratique de la pêche à la mouche au féminin.

Mesdames, il faut surtout que osiez faire le premier pas pour découvrir la pêche à la mouche et pour que cette technique parfaitement adaptée aux femmes prenne le même essor et gagne ses lettres de noblesse, en France, à l’instar de ce qui se passe dans les pays Anglo-Saxons.

Eric Le Rest.

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Apprendre à prendre, apprendre à relâcher

Le “catch and release” cher aux anglos saxons veut dire, au sens littéral, “attraper et relâcher”.

Le fait de relâcher, avec d’infinies précautions, le poisson que l’on vient de prendre (toujours après avoir mouillé ses mains pour éviter d’infliger, sur ses flancs, l’équivalent de “véritables brûlures”) procure au pêcheur à la mouche, au delà d’une immense fierté et du bonheur, une forte impression d’harmonie avec la nature qui transcende le sens de la pêche: voir, recevoir et rendre.

Ainsi, il m’arrive régulièrement, lorsque je prends un poisson, de l’embrasser sur le museau et de le remettre à l’eau avec d’infinies précautions après lui avoir réoxygéné les branchies pour qu’il retrouve de la vigueur… une sorte de cérémonial.

Le “catch and release” et le “no kill” permettent “d’éduquer” les poissons qui deviennent de plus en plus difficiles à reprendre pour soi même, lors d’une partie de pêche ultérieure et pour les autres pêcheurs. D’après les études les plus sérieuses menées par des scientifiques, 95% des poissons qui retrouvent ainsi leur élément naturel survivent lorsqu’ils ne saignent pas. Cette “éducation” des poissons qui « y regardent ultérieurement à deux fois » contribue à la sauvegarde des géniteurs et à la préservation d’une densité honorable de truites sur certains secteurs de pêche.

De plus, le souvenir d’une belle truite ou d’un beau saumon pris et relâché forge un lien inaltérable entre le moucheur et le monde des rivières et alimente sa passion.

Le Tenkara facilite le “cash and release”:

– le nombre de poissons de toute taille que l’on leurre (y compris les truitelles, tacons ou les ombrets) est beaucoup plus important qu’avec une technique classique. Ainsi, un pêcheur qui exerce ses talents durant toute une saison de pêche sur le même parcours pourrait « vider » une partie de la rivière s’il conservait toutes ses prises atteignant la taille légale.

– les hameçons utilisés pour monter les Kébaris (mouches artificielles japonaises) ne comportent pas d’ardillon et présentent des formes spécifiques qui permettent de décrocher les poissons plus facilement, sans trop les blesser (surtout qu’à la pêche à la mouche la plupart des poissons ne sont pris que par le bord des lèvres ce qui n’est absolument pas le cas avec d’autres techniques de pêche).

Eric Le Rest

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