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Le brochet & la pêche à la mouche

Image impressionnante d’un gros brochet en surface prêt à bondir sur tout ce qui bouge

Les truites et les ombres ne sont pas les seuls poissons qui peuvent être capturés grâce à une mouche artificielle. Ainsi, les carnassiers et plus particulièrement les brochets (mais également les black-bass et les perches) mordent très bien aux streamers et autres leurres de surface.

Certains moucheurs se sont spécialisés dans cette pêche passionnante qui apporte beaucoup de sensations: voir monter le “bec” en surface, suivre votre artificielle, l’observer avant de l’enfourner dans des remous jaillissants et des gerbes d’éclaboussures est particulièrement spectaculaire et jouissif !

Néanmoins, il ne faut pas imaginer que c’est pour autant facile de capturer un brochet dans tous les étangs ou toutes les rivières de deuxième catégorie, dans n’importe quelle condition et avec n’importe quel leurre ou quel matériel.

Je souhaite dans cet article vous faire découvrir cette technique impressionnante et palpitante de pêche à la mouche et vous indiquer un certain nombre de bonnes pratiques qui vont vous permettre, je l’espère, de faire la différence:

  • Premièrement, il convient de choisir des rivières ou des étangs pas trop profonds et pas trop envahis par la végétation aquatique.
  • Pour atteindre plus facilement certains postes, il ne faut pas hésiter à utiliser un float tube (1) et porter des lunettes polarisantes pour faciliter le repérage des poissons en état de fébrilité nourricière. Les polarisantes permettent également de suivre l’attaque avec précision et d’éviter tout phénomène de surprise qui joue toujours en défaveur du moucheur.

  • Aux moments les plus chauds de l’année, entre les mois de juin et de septembre (les mois sans “r” contrairement à la dégustation des huîtres), les brochets occupent généralement des postes de chasse proches de la surface. Il s’agit donc d’une pêche estivale de surface pratiquée avec une soie flottante et avec des streamers faiblement plombés. Bien entendu, les brochets peuvent également se pêcher en hiver et en profondeur, lorsque les eaux sont froides (avec des artificielles très plombées et une soie plongeante, voire très plongeante). Je trouve, à titre personnel, cette pêche hivernale trop monotone et trop rébarbative. Je préfère rester au chaud, devant mon étau, à monter des mouches pour la saison suivante.
Comment un brochet pourrait-il résister longtemps à ce genre d’artificielle ?

Les leurres à fouetter que j’utilise, à titre personnel sont des petits poppers flottants ou de streamers qui sont des artificielles incitatives composées de matériaux “flashy” du style Krystal Hair ou Flashabou ou des modèles imitatifs comme des libellules, des grenouilles, des souris réalisées en poils de cervidés ou avec des bandelettes de fourrure. A noter qu’il est préférable d’équiper vos artificielles d’un système anti accrochage composé d’un brin de nylon anti-herbe.


Un popper très incitatif équipé d’un système anti-herbe.

L’action de pêche est itinérante: il faut passer d’un poste à l’autre après avoir essayé à 3 ou 4 reprises au même endroit de tenter un brochet en embuscade. Rien ne sert d’insister plus longtemps car soit le brochet est actif et il va se manifester très rapidement, soit il est inactif et il est inutile de perdre son temps…

Il convient de lancer son leurre à côté des postes riches en végétation aquatique (par exemple des nénuphars ou des herbiers d’été) ou des arbres morts, à quelques mètres du bord et de mettre votre streamer immédiatement en activité. L’idéal étant évidemment de repérer les brochets en activité grâce à une chasse de surface et de poser son artificielle à l’endroit prometteur.

Le secret de la réussite consiste à imprimer à son streamer une nage attractive grâce à la vitesse de récupération de sa soie et au tricotage imprimé grâce à sa main gauche. Il convient de procéder en surface ou juste en dessous de cette dernière à des glissades, des bonds en avant sur de courtes distances et d’amplitudes variées, des relâchers, des nages ondulatoires (succession de plongées et de remontées), des dandinements, des changements de trajectoire, … bref à une animation qui agace et attire l’intérêt du brochet tout en excitant son agressivité.

En cas d’attaque, laissez le brochet se retourner sur votre leurre et, surtout, adoptez un léger différé de ferrage pour conserver d’inoubliables souvenirs.

Au niveau du matériel, vous pouvez utiliser une canne de 9′ ou 9’6 d’action rapide équipée d’un talon de combat et calibrée pour une soie de 7 (de type WF) qui permet de lancer de gros streamers volumineux sur de longues distances sans se fatiguer et de combattre de gros poissons.

Il est préférable de prévoir, sur un moulinet de qualité et dont le frein aura été préalablement bien réglé, un backing d’une longueur de 60 m dans le cas où vous seriez confronté à une belle bagarre avec un très beau poisson.

Des streamers colorés qui donnent de bons résultats

En matière de bas de ligne, il est inutile de finasser: un bas de ligne de 2,10 m avec une pointe en Kevlar fera très bien l’affaire. Voici une formule que j’utilise: 80 cm de 50/100, 40 cm de 40/100, 40 cm de 30/100, 50 cm de Kevlar / 4 kgs (avec un raccord boucle dans boucle).

La pêche du brochet (Exos Lucius) à la mouche est sportive, captivante et riche en émotions. Elle représente une bonne alternative pour pratiquer la pêche à la mouche sur les rivières de deuxième catégorie dans les départements qui n’ont pas la chance de posséder des rivières salmonicoles.

Éric Le Rest.

Tonton François aurait adoré, j’en suis certain, pêcher le brochet à la mouche sauf, qu’à l’époque, la technique n’existait pas: elle n’est seulement apparue que dans les années 80.

(1) Le Float Tube est une espèce de petit pneumatique qui a été inventé aux USA et qui est de plus en plus utilisé par les pêcheurs pour atteindre des portions de rivière sauvages jusqu’alors totalement inaccessibles des berges et donc quasiment jamais prospectées. Ces petites embarcations sont légères, discrètes (il arrive même que des carnassiers ne se rendent pas compte de notre présence dans l’eau à quelques mètre d’eux) et facilement pilotables (grâce à des palmes montées sur les chaussures de waders). Le Float Tube n’est pas très onéreux au regard des avantages apportés. L’utilisation du Float Tube est donc particulièrement recommandée et payante avec, très souvent à la clé, des combats limités dans le temps mais très intenses.

Pêcher à la mouche en tandem

Il est bien évidemment possible de pêcher en sèche ou de pêcher en nymphe mais nous avons trop tendance à ne pas imaginer qu’il est tout à fait intéressant et efficace de pratiquer les deux techniques en même temps. C’est ce que j’appelle la pêche en tandem.

Le procédé est pourtant simple:

  • Vous l’utilisez déjà lorsque vous pêchez en noyée: une artificielle en pointe et une autre en intermédiaire ou en sauteuse. Je vous propose ici de pêcher avec une nymphe en pointe qui sera donc active sous la surface de l’eau et une sèche en sauteuse qui jouera le rôle d’indicateur de touche et qui pourra, en même temps, leurrer des poisons en surface ,
  • La polyvalence est ici de mise car vous pouvez bénéficier de toutes les opportunités liées aux différents stades d’une éclosion,
  • Les ombres apprécient franchement cette technique qui permet de doubler son potentiel de captures. Les truites ne sont pas en reste,
  • Il est largement recommandé d’utiliser cette technique sur des rivières dont les fonds sont globalement de profondeur homogène,
  • La mouche sèche permet de bien visualiser la dérive de la nymphe mais elle doit également conserver tout son potentiel attractif et ne surtout pas être considérée comme une artificielle de “seconde zone”,
  • Bien entendu, cette “sauteuse” doit flotter haut et être visible . Je vous conseille donc fortement d’utiliser des artificielles montées avec du poil de cervidés et couronnées par un petit toupet en matériau synthétique de couleur vive, voire fluo. Pourquoi ne pas avoir recours aux imitations de terrestres ? En tout état de cause le poids de votre nymphe ne doit pas faire couler votre sèche qui doit toujours demeurer en surface. Il convient donc de trouver le juste équilibre entre le poids de l’une et la capacité de flottaison de l’autre.

La liaison entre la nymphe et la “sauteuse” est bien entendu réalisé à l’aide d’un fil en nylon mais, pour ce faire, trois techniques peuvent être employées:

  • Le nylon peut être simplement fixé via un nœud réalisé à la courbure de l’hameçon de votre “sauteuse”. Toutefois, ce montage confère une certaine rigidité à votre sèche qui paraîtra beaucoup  moins “libre” en terme de dérive,
  • Le nylon servant à retenir votre sèche par le biais de son œillet peut également être utilisé. Il suffit de conserver, au lieu de la couper, une pointe excédentaire suffisamment longue pour y nouer votre nymphe. Ainsi, votre “sauteuse” sera beaucoup moins contrainte et donc plus prenante.
  • Comme avec un train de noyées, vous pouvez réaliser une potence de quelques centimètres à laquelle vous attachez votre sèche. Le dragage de votre “sauteuse” sera limité et vous pourrez potentiellement toucher beaucoup plus de poissons.

C’est cette dernière option que j’utilise avec bonheur tout en veillant à éviter tout dragage de ma mouche de surface.

Eric Le Rest.

Pour bien pêcher à la mouche, observez les oiseaux

Les oiseaux qui vivent dans la ripisylve aiment les insectes aquatiques et les insectes terrestres: ils ont donc le même comportement que les poissons. Quand les uns se “mettent à table”, les autres ne sont généralement pas en reste !

Comme vous le savez, les moucheurs se doivent d’observer pleinement et parfois longuement l’écosystème dans lequel ils se trouvent afin de:

  •  déterminer l’artificielle qu’ils vont choisir dans leurs boîte parmi le plus souvent un nombre impressionnant de modèles, de tailles, de couleurs, de stades du cycle d’éclosion,…
  • en tirer des enseignements très utiles sur l’activité supposée des truites.

Une des bonnes pratiques en matière d’observation consiste à regarder précisément le comportement des oiseaux (les bergeronnettes, les mésanges, les chardonnerets, les rouges-gorges, les fauvettes, les pinsons, les hirondelles, les martinets, les gobe-mouches …) pour déterminer ce qui se passe à la surface de la rivière au bord de laquelle vous vous trouvez.

L’absence totale d’oiseaux n’est généralement pas bon signe pour le pêcheur à la mouche.

Un point particulier est à signaler au sujet des hirondelles: plus elles volent bas, parfois en frôlant la surface de l’eau en donnant des coups de becs dans la surface, et plus c’est un moment propice pour le moucheur.

Lorsque les oiseaux sont nombreux et se rapprochent franchement de la rivière, il est prévisible qu’une éclosion suivie de gobages des poissons qui nous intéressent soit imminente.

Ces moments précis sont souvent liés à des changements de pression atmosphérique et/ou des changements de temps (par exemple lorsqu’il y a une petite pluie fine par temps chaud, avant et après les orages, quand les nuages sont très bas, …).

Voici un tableau de synthèse qui permet rapidement et, à grosses mailles, de déterminer comment procéder :

Absence d’oiseaux Pas ou très peu d’éclosions Météo perturbée Mouche noyée
Oiseaux en altitude Très petits insectes dans les airs Météo changeante Nymphe et noyée
Oiseaux actifs dans la ripisylve Insectes dans les feuillages / Activité parfois importante des éphémères Pluie fine, nuages bas, températures douces Sèche ou noyée sous les branches et près des berges
Oiseaux en proximité de l’eau Nombreux insectes terrestres et éphémères Avant ou après un orage, tôt le matin ou tard le soir Sèche sur les gobages, nymphe à vue et noyée en début et en fin d’éclosions.
Hirondelles rasant la surface de l’eau Nombreux divers Ephémères de toutes les tailles, insectes terrestres Changement de temps brutal La rivière “bouillonne”. Restez calme et “attaquez vous” aux gobages les uns après les autres, avec méthode !

Eric Le Rest.

Cet article peut également vous intéresser: https://tenkaraworld.com/comment-les-truites-voient-elles-nos-artificielles/

La pêche à la mouche & l’art du mending

Le  mending qui consiste à repositionner sa soie est une technique indispensable que tout moucheur doit absolument maitriser pour obtenir une bonne dérive de ses mouches artificielles à la surface de l’eau ou, sous la surface, lorsqu’il pêche en noyée.

Ainsi, plus la dérive est naturelle et plus les chances de leurrer les truites sont importantes.

Le mending provient du verbe anglais “to mend” qui signifie “rectifier ou corriger”. Effectivement, nous avons régulièrement besoin de corriger le positionnement de notre soie afin:

  • d’éviter le dragage des mouches à la surface de l’eau
  • d’obtenir de belles dérives.

Il existe plusieurs types de mendings:

  • le mending droit: lorsque vous effectuez un lancer en travers de la rivière, de l’autre côté de la berge, le courant et les différentes veines d’eau entraînent  la soie en créant une boucle qui fera inévitablement draguer l’artificielle. Le mending permet en une fraction de seconde, par un coup de poignet vers l’amont de la rivière,  d’éviter la formation du ventre mou de la soie. Plus le courant est fort et plus votre geste doit être vif. A signaler que plusieurs mendings doivent parfois être réalisés, l’un après l’autre, en fonction de la vitesse du courant.
  • le mending courbe: il doit être utilisé en présence de plusieurs veines d’eau avec  des courants de forces différentes voire des parties lentes alternant avec des parties rapides. La courbe amont de la soie à la surface de l’eau s’obtient en effectuant lors du lancer un mouvement de va et vient latéral. Bien entendu, la maitrise parfaite de ce mending nécessite de réaliser un certain nombre de tests préalables au bord de la rivière, par exemple lorsque les poissons ne sont pas en activité et que vous attendez les premiers gobages (autant vous entraîner dans l’intervalle…).

  • Les miniroulés: ils doivent être réalisés de façon successive lorsque la soie est étendue à la surface de l’eau. L’objectif poursuivi est de provoquer des miniroulés sans tirer sur son bas de ligne afin que sa mouche plonge et continue sa dérive de la façon la plus naturelle possible. J’utilise régulièrement cette technique lorsque je pêche en noyée. Elle est remarquablement efficace.

Avec de la pratique, on apprend à progresser dans les techniques du mending et surtout dans le dosage de ses mouvements qui sont souvent trop violents, dans un premier temps, puis lorsqu’ils gagnent en douceur et en fluidité sont des gages de réussite. La clé du succès repose sur la notion de dosage.

Comme je vous l’indiquais, la technique du mending est absolument essentielle dans le cadre de la pratique de la pêche à la mouche classique.

A noter que lorsque vous pêchez au Tenkara avec des mouches sèches, les mendings sont moins incontournables car il n’y a pas de soie et, très souvent, seule la mouche repose à la surface de l’eau permettant d’éviter le dragage.

Toutefois, lorsque je pêche en noyée en utilisant la technique du Tenkara, il m’arrive de réaliser régulièrement des mendings pour mieux faire travailler mon train de mouches et donc le rendre plus irrésistible.

Eric Le Rest.

Pour de plus amples informations sur le dragage, vous pouvez consulter utilement l’article suivant: https://tenkaraworld.com/dragage/

Le dragage: le piège à éviter à la pêche à la mouche

Le dragage (du mot anglais “drag” qui signifie sillage) peut être considéré comme un défaut de présentation qui provoque le mouvement suspect de nos artificielles à la surface de l’eau.

Dans ce cas précis, ces dernières sont à la “remorque” du bas de ligne entraîné par le courant.

Ce sillage peut ne pas être facilement perceptible par le pêcheur à la mouche tant il peut être léger mais le résultat est toujours le même: il provoque le calage ou la fuite des poissons qui nous intéressent.

Comment éviter toute anomalie, lors de la dérive de nos mouches ?:

  • lorsque vous pêchez à la mouche de façon classique, pour éviter les dérives plus lentes de vos mouches artificielles que les insectes naturels qui sont à la surface de l’eau, il convient tout d’abord de poser le moins de soie possible sur l’élément liquide. Cette opération est facilitée par l’utilisation d’une longue canne.

A noter que ce problème de dragage n’existe pratiquement pas avec la technique du Tenkara car nous n’utilisons pas de soie mais un bas de ligne tissé et nos cannes sont relativement longues. Ainsi la partie du nylon qui est en contact avec l’eau est réduite à sa plus simple expression. Le bas de ligne en nylon peut éventuellement n’avoir aucun contact avec l’eau lorsque la canne est relevée, car seule la mouche est posée à la surface de la rivière. Ainsi, vous augmentez donc considérablement vos chances de leurrer un poisson.

  • pour éviter ce phénomène de sillage, avec un matériel classique, vous pouvez, premièrement, procéder à un poser en zigzag: il convient de lancer comme si vous vouliez poser votre artificielle dans l’air en amont du poisson et vous devez relever un peu le scion de votre canne en fin de lancer. Votre soie et votre bas de ligne se poseront à la surface de l’eau de façon sinueuse et ces “ondulations” diminueront sensiblement les effets des différents courants sur votre mouche.
  • Seconde possibilité, vous pouvez également réaliser un lancer courbe en basculant votre scion vers l’amont et en le relevant doucement avant le poser de votre artificielle à la surface de l’eau.
  • La troisième solution consiste à utiliser un lancer parachute qui permet de réaliser un zigzag au niveau de son bas de ligne. Pour ce faire, il faut transmettre une grande énergie à la canne pour obtenir une boucle de lancer étroite et bloquer de façon très énergique sa canne à 11 H lors de votre shoot avant afin de laisser sa soie, son bas de ligne et sa mouche tomber tout en douceur à la surface de l’eau
  • Ultime précision, la longueur de la pointe de votre bas de ligne et la finesse du nylon employé limitent le dragage de vos artificielles à la surface de l’eau.

Eric Le Rest

Pour de plus amples informations sur les lancers, vous pouvez consulter utilement le post suivant: https://tenkaraworld.com/lancers/

L’ouverture & la pêche à la mouche

L’ouverture de la pêche (programmée, en France, tout début mars) est toujours un événement qui alimente, les temps qui précédent, les rêves les plus fous des amoureux de la truite et qui attire au bord des rivières de nombreux pêcheurs avides de sensations fortes.

Cette ouverture peut se pratiquer, bien évidemment, grâce à la technique du Tenkara ou également à la pêche à la mouche classique avec de bonnes chances de succès, sans passer pour un “dingue ou un fanatique” auprès des autres pêcheurs.

Il est toutefois préférable d’attendre les heures les plus chaudes de la journée avant de commencer à pêcher. “Le coup de midi” quand les autres pêcheurs, qui ont souvent débuté aux aurores, commencent à être fatigués est souvant le moment idéal …

Votre réussite dépend du niveau de l’eau, de sa couleur et de sa température :

  • il convient que les niveaux ne soient pas trop hauts et que l’eau ne soit pas très teintée. En effet, si la rivière est en crue, il vous faudra envisager de rejoindre le haut des bassins, de changer de cours d’eau ou de passer à une autre technique car vous aurez peu de chance de succès.

  • Idem si les eaux sont trop froides, c’est à dire en dessous des 3 à 7 degrés, il ne faut pas espérer réussir une belle journée de pêche très productive. C’est aussi pour cette raison que les eaux de neige glaciales et sales sont à éviter.
  • l’idéal serait d’avoir des eaux relativement basses et claires pour la saison avec une température supérieure à 7 degrés.  A ce propos, je vous conseille d’avoir toujours dans votre gilet un thermomètre qui vous permet de prendre la température de l’eau avant de commencer toute partie de pêche.

Quelles techniques de pêche à la mouche choisir à l’ouverture ?

Mon premier conseil, c’est d’utiliser la pêche à la mouche noyée. C’est, en tout état de cause, ma technique de prédilection et celle qui me rapporte de très belles surprises en début de saison. Pour en savoir plus, merci de lire l’article sur la pêche en noyée en cliquant sur le lien suivant: https://tenkaraworld.com/pecher-en-noyee/

Vous pouvez également pêcher avec des streamers que vous ferez évoluer le long des berges et des blocs de rochers avec une animation saccadée tout au cours de leur dérive. Pour plus de précisions, vous pouvez vous reporter au post suivant: https://tenkaraworld.com/pecher-au-streamer/

Par eaux basses et claires, vous pouvez utiliser des petits modèles de streamers montés sur des hameçons N°10 très clairs et très brillants.

Si les eaux sont hautes et légèrement teintées, vous est possible de passer aux streamers plus gros (montés sur des hameçons N° 8 à 6) comprenant des yeux (du style chainette de lavabo) et du poil de lapin sur peau avec des couleurs plus “flashy” du style rouge, orange et pourquoi pas fluo.

Je vous souhaite une très belle ouverture !!!

Eric Le Rest.


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La pêche à la mouche, en eau salée aussi…

Et oui, les maquereaux, les mulets, les bars, … se pêchent également à la mouche en eau salée et à quelques mètres du bord durant les périodes estivales.

Je peux vous certifier que ces poissons de mer, lorsque vous avez la chance d’en piquer un, vous offrent de très belles bagarres et sensations.

Pour bien débuter en mer, il faut tout d’abord savoir identifier quelques repères :

  • observez l’activité des oiseaux marins: lorsqu’ils sont regroupés et qu’ils plongent dans l’eau c’est qu’il y a certainement un banc de poisson fourrage qui attisent, en même temps, l’intérêt et l’activité des poissons plus gros qui nous intéressent. Attention, ces chasses ne durent pas longtemps. Il convient donc de se hâter pour se mettre en action très rapidement en utilisant des artificielles composées de matériaux souples et brillants qui constituent des mouches pas trop fournies excitant la curiosité et l’agressivité des poissons.

  • en été et lorsque le temps est chaud, les bars se rapprochent des côtes et n’hésitent pas à être intéressés par des artificielles qui évoluent à la surface de l’eau (vous aurez l’impression d’utiliser la même technique que pour pêcher le black bass, avec à la clé, des sensations encore plus fortes).
  • je vous conseille, lorsque vous animez vos mouches en récupérant votre soie, de varier très régulièrement la vitesse de nage de vos artificielles car nos partenaires marins ont horreur des animations trop linéaires et trop mécaniques.

  •  si vous n’observez pas de chasse, vous pouvez prospecter les endroits qui vous semblent intéressants, comme vous le feriez en rivière (avancées rocheuses, rochers isolés, bras de mer, les estuaires, les criques, les abords des parcs à huitres où maraudent souvent les bars, les zones avec des forts courants, les bordures des massifs d’algues, …)
  • je vous conseille également de vous procurer les horaires des marées de l’endroit où vous vous trouvez et de pêcher durant les deux dernières heures de la marée descendante: cela vous évitera des accidents liés aux marées et à la force des vagues et d’explorer des zones plus sauvages car elles ne sont découvertes que ponctuellement dans la journée.

Au niveau du matériel, vous pouvez essayer votre canne Tenkara sur les petits sujets, pour vous amuser.

Par contre, si vous tombez sur un gros poisson, le Tenkara n’est pas vraiment approprié car cette technique de pêche est trop légère et trop fine: il conviendra de passer à un matériel de pêche à la mouche classique composé d’un moulinet (avec une bonne longueur de backing), une canne adaptée aux soies de 9/10 (celle que vous utilisez pour pêcher les carnassiers à la mouche fera très bien l’affaire). Un rinçage à l’eau douce de l’ensemble de votre matériel s’impose après chaque sortie car l’eau de mer est très corrosive et risquerait d’endommager irrémédiablement toutes les parties métalliques.

Bonne nouvelle, les bas de ligne que vous utilisez pour pêcher en mer ne doivent pas être très sophistiqués:

  • il est inutile qu’ils excèdent la longueur de la canne
  • il faut absolument veiller à la solidité des nœuds
  • la formule suivante peut être retenue: 0,60 m de 45/100 puis 2,5 m de 18 à 30/100 selon la taille des poissons recherchés. Pour la pêche en mer, n’oubliez jamais l’adage:  “trop gros ne nuit jamais”.

La pêche à la mouche en eau salée peut également se pratiquer dans des endroits très exotiques qui font rêver, dans les mers chaudes, à la recherche d’espèces encore plus combatives comme le montrent les photographies ci-dessous (j’aurai d’occasion de vous en reparler dans le cadre d’un prochain post) :

Eric Le Rest.

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La pêche à la mouche & ses différents lancers

Quels sont les bons gestes du lancer ?

Grâce au lancer, il est possible de poser sa mouche artificielle qui ne pèse pratiquement rien à l’endroit où on le souhaite sur la rivière.

En fait, c’est la tresse (au Tenkara) ou la soie (dans le cadre de la pêche à mouche classique) qui constitue le lest propulsé par la canne via des mouvements synchronisés, vers l’arrière puis vers l’avant, sous l’impulsion du bras du moucheur qui fonctionne comme un véritable piston.

La technique du lancer n’est pas très compliquée à acquérir mais il est largement préférable d’avoir recours à l’aide d’un “sachant” pour éviter une mauvaise acquisition du geste dont on aurait beaucoup de mal à se débarrasser ultérieurement.

Tout simplement savoir lire l’heure :

Je vous conseille vivement de vous entraîner sur un terrain de football ou sur un espace de jardin bien dégagé.

Après avoir accroché un morceau de laine au bout de votre bas de ligne et positionné sur le sol, à quelques mètres de vous un journal ou tout autre objet qui peut servir de cible (un cerceau par exemple), il convient d’actionner son bras, poignet bloqué, comme un levier en effectuant des mouvements très courts et à bonne vitesse (ni trop rapide, ni trop lente) avec un angle de canne très réduit (entre 10H et 12H) par rapport à votre corps, avec des arrêts bien marqués à 10H et à 12H.

A noter que pour la pêche à la mouche classique, les mouvements doivent se situer entre 11H et 13H.

Vous pouvez, dans un premier temps, vous retourner durant l’accomplissement du geste afin d’observer votre tresse et votre bas de ligne se déplier totalement derrière vous.

C’est la canne qui travaille (surtout son nerf comme avec un fouet) dans le prolongement de votre bras.

Le geste doit être zen et le rythme constant. Au Tenkara, plus on force et moins ça marche !

Progressivement, vous gagnerez en simplicité et en fluidité au niveau du geste. Le Tenkara permet d’acquérir plus rapidement la bonne gestuelle du lancer qu’en utilisant un matériel classique de pêche à la mouche. Vous n’avez pas à vous soucier du moulinet car il n’y en a pas ni de la longueur de la soie à sortir de ce dernier (la tresse et le bas de ligne sont d’une longueur linéaire, c’est vous qui bougez pour atteindre le poste que vous souhaitez explorer).

En fait, le lancer du Tenkara doit se caractériser par de la puissance sur l’arraché et beaucoup de finesse sur le posé.

Lorsque vous serez en situation de pêche, sachez que le ferrage du poisson intéressé par votre artificielle ne doit pas être brutal,  il doit se faire tout en douceur. Sinon, vous risquez de lui arracher votre mouche de la gueule avant qu’il ait pu véritablement s’en saisir.

D’une manière générale et comme j’aime souvent le dire : plus la mouche est en l’air, plus on perd de temps et moins on pêche !

Ou, si vous préférez, plus notre artificielle est sur l’eau et plus la probabilité de prendre un poisson est importante.

Ce point est primordial car les périodes d’éclosion sont toujours limitées dans le temps. Evitons de la frustration ou de l’énervement (je rappelle juste que nous sommes à la pêche pour prendre un maximum de plaisir et pas pour retomber dans les travers de la vie professionnelle) et pêchons le plus possible.

Il faut donc réduire au strict minimum les faux lancers – lorsque votre tresse se trouve dans les airs – car vous n’êtes pas là pour faire de l’esthétisme ou « épater la galerie » (généralement, il n’y en a pas) mais pour être le plus efficace possible et éviter d’accrocher votre mouche dans les arbres qui bordent la rivière, surtout pendant que les poissons gobent à tout-va.

Les lancers de base :

Le vertical (voir plus haut): c’est la lancer de base par excellence, le plus courant et le plus classique. Il peut être utilisé chaque fois que l’espace qui se situe derrière le moucheur est suffisamment dégagé ce qui est loin d’être toujours le cas, à moins que vous soyez en wading au milieu de la rivière ou au bord d’une rivière de montagne.

Le lancer horizontal: sa réalisation est identique au lancer vertical mais, comme son nom l’indique, il est réalisé sur un plan horizontal parallèle à la surface de l’eau. Il est bien pratique lorsque vous désirez poser votre artificielle sous la frondaison des arbres situés sur la rive opposée (la ripisylve est souvent abondante). Ici la précision est plus recherchée que la distance.

Le lancer roulé: il est utilisé lorsqu’il est impossible de dérouler la tresse derrière soi et de réaliser des faux lancers. Il permet d’atteindre de courtes distances ce qui est parfait pour la technique du Tenkara. Lorsque votre tresse et le bas de ligne se trouvent sur l’eau, vous devez ramener doucement votre tresse en réalisant une boucle dans votre dos. Le coup sec que vous allez donner vers l’avant permet de propulser la tresse qui s’étale parfaitement devant vous. De plus, si vous avez la chance d’avoir le vent dans votre dos, le lancer roulé est d’autant plus simple à réaliser.

Le lancer en revers: il se pratique lorsque les deux lancers précédents ne sont pas possibles. Au lieu que votre bras droit (si vous êtes droitier) se déplace sur le côté droit de votre corps, il rejoindra votre épaule gauche en formant un axe de 45° avec votre corps.

Il existe d’autres types de lancers plus complexes à réaliser comme le lancer parachute, le lancer sinueux, le lancer courbe, le lancer arbalète (pratiqué avec bonheur grâce au Tenkara, surtout sur les petits cours d’eau).

Je vous les expliquerai ultérieurement, avec grand plaisir, dans le cadre de posts spécifiques.

Eric Le Rest

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Pêcher à la mouche au streamer

La pêche au streamer (en anglais le mot signifie « oriflammme ») n’est qu’une variante de la pêche à la mouche noyée.

Les artificielles qui sont montées avec toutes sortes de matériaux ne cherchent pas à imiter un insecte mais plutôt un petit poisson ou encore un batracien. Nous sommes clairement ici dans le domaine des mouches incitatives (qui excitent l’agressivité des poissons) et non des mouches imitatives.

Il est hyper important de maîtriser correctement la manière dont évoluent les streamers et ceci à la bonne profondeur.

Il convient de les animer par des tremblements de la canne et de les entraîner à une profondeur plus ou moins importante avec un bas de ligne plongeant.

Les pêcheurs qui utilisent des streamers sont relativement peu nombreux sur les les rivières sauvages et les truites qui ne croisent donc pas souvent ce genre de leurre peuvent se jeter goulûment sur cette artificielle qui peut s’avérer redoutable, surtout en début de saison quand les eaux sont encore fortes.

Les poissons trophées pris grâce à des streamers ne sont pas rares… également en été, de très bonne heure, quand les grosses truites se prélassent et furètent sur les radiers dans très peu d’eau.

En pratique, à la différence de la pêche en noyée, on n’emploie qu’un seul leurre et un bas de ligne plus court d’environ 2,50 m et plus épais avec une pointe en 18/100.

Au Tenkara, j’utilise des mini streamers confectionnés avec du poil de lapin coloré et dont le corps est plus ou moins lesté. Je vous expliquerai le montage dans la rubrique éponyme. Je peux vous assurer qu’il m’est arrivé de « faire de véritables cartons » sur les truites du Scorff. Évidemment, lorsque vous touchez un saumon avec une canne au Tenkara, la sensation est particulièrement forte et l’issue du combat est plus qu’aléatoire.

En action de pêche, il convient de laisser dériver le streamer comme pour un train de noyées, d’animer par des tremblements de la canne en bout de dérive et de procéder à une remontée progressive de cette dernière jusqu’au moment où le leurre retrouve la surface. Il n’est pas rare que les truites viennent prendre le streamer alors qu’il nage en surface, pensant sans doute qu’il s’agit d’un poissonnet qui essaye de s’enfuir.

Tout le secret de cette technique réside dans l’animation. Les touches peuvent être foudroyantes et les sensations sont garanties surtout qu’avec la technique du Tenkara, vous ramenez le poisson en tirant sur votre ligne grâce à votre main !

Eric Le Rest

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Pêcher à la mouche en nymphe

Comme pour la pêche en noyée, la pêche en nymphe se pratique sous la surface de l’eau car les poissons se nourrissant beaucoup plus souvent sous l’eau qu’en surface. Contrairement à la technique de la noyée, on lance en amont.

cette pratique est à la portée de n’importe quel pêcheur et allie finesse et délicatesse.

Il existe deux types de nymphes: celles qui sont lestées (elles pêchent en profondeur) et celles qui ne le sont pas (elles pêchent à quelques centimètres sous la surface de l’eau).

Avec la technique du Tenkara, lorsque vous pêchez en nymphe c’est surtout « au fil » et pas franchement  « à vue ».

La technique dite « au fil » est liée à l’utilisation de portions de fils de nylon de couleurs  différentes pour confectionner votre bas de ligne (différents morceaux de fluorocarbone alternant le fluo et le translucide sont tout à fait appropriés; bien entendu votre pointe doit être en nylon translucide).

Je préfère largement utiliser cette technique plutôt que de positionner sur mon bas de ligne un indicateur de touche qui s’apparente trop à la pêche au toc.

Ainsi, lorsque vous voyez une section de couleur marquer un arrêt ou plonger ou lorsque vous apercevez le moindre éclair argenté dans l’eau, vous pouvez(devez) ferrer: vous êtes quasiment certain qu’un poisson a été intéressé par votre nymphe et que la lutte va pouvoir commencer.

Grâce au Tenkara, les dérives des nymphes artificielles sont d’une grande précision, elles sont plus longues et beaucoup plus naturelles. Le Tenkara permet à votre nymphe de couler plus facilement au bon niveau car l’alignement de la canne, du bas de ligne et de la nymphe est généralement parfait.

Il convient, en l’espèce, de véritablement piloter votre nymphe dans chaque veine d’eau en gardant votre  fil le plus tendu possible pour pouvoir ferrer très rapidement  et de prospecter chacune d’elles sans oublier de faire passer au même endroit votre artificielle à plusieurs reprises car il n’est pas rare qu’une truite se laisse tenter après un certain nombre de présentations infructueuses. Il arrive même assez régulièrement qu’une truite fasse demi tour, se mette dans le sens du courant, pour poursuivre votre nymphe comme si elle regrettait de l’avoir laissée passer sans l’avoir saisie préalablement.

D’une manière générale, il convient de tenir compte de la profondeur à laquelle la nymphe doit évoluer en faisant attention à son poids et à la vitesse du courant. Si votre nymphe n’évolue pas à la bonne hauteur elle aura tendance à ne pas intéresser un poisson en activité. Généralement, il faut faire passer la nymphe lestée au raz du fond. Il faut donc poser sa nymphe suffisamment en amont pour qu’elle ait le temps de couler à la bonne profondeur à l’endroit que vous souhaitez prospecter.

Pour celles qui ne sont pas lestées, il est fréquent que les poissons s’en emparent et fassent un remous aussi significatif qu’un gobage.

Lorsque l’on pêche en nymphe, votre choix doit s’orienter vers une canne Tenkara ayant une action de pointe pour soutenir le lancer de l’artificielle qui est plombée. Idéalement, choisir une 7#3 longue de 3,60 m avec 3 m de ligne et 60 cm de bas de ligne.

Eric Le Rest

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