Pêcher en sêche

Pêcher en sèche est, à juste raison, pour beaucoup de pêcheurs la technique reine et le nec plus ultra de la pêche à la mouche.

Or, le Tenkara est le moyen le plus simple et le plus efficace pour progresser rapidement  en sèche.

La pêche en sèche est aussi la manière la plus amusante pour attraper un poisson gobeur (grâce aux gobages, les moucheurs qui sont toujours en éveil peuvent repérer l’endroit où se situent les poissons en activité).

Il convient alors d’observer les insectes qui dérivent sur l’eau ou qui volent aux alentours pour se faire une idée plus précise de la nourriture qui intéresse ces poissons en activité.

 

 

Dans la foulée, le moucheur choisit dans sa boite à mouches l’artificielle dont la couleur, la taille et le stade du cycle de vie des insectes aquatiques correspond le mieux aux proies désirées par nos partenaires.

Parfois, plusieurs types d’insectes dérivent en même temps et c’est là que le choix se complique. Toutefois, si votre artificielle est refusée et que vos posés sont discrets avec une dérive qui n’entraine pas de dragage à la surface de l’eau, il est toujours possible de changer de mouche et d’en proposer une autre qui obtiendra un effet plus positif.

Pour autant et le plus souvent, les poissons en appétit et non éduqés sont plutôt réceptifs et pas trop regardants sur ce que vous leur présentez sous réserve de n’avoir pas éveillé leur méfiance (ce qui aurait pour effet de «caler» le poisson) et de pêcher avec des mouches d’ensemble cohérente: je veux dire par là qu’il ne faut pas pêcher au mois de mars avec une mouche de mai !

 

 

Pas de besoin de connaissances entomologiques très approfondies pour choisir la bonne artificielle mais il convient de connaître quelques principes de base: la taille de votre mouche, son niveau de flottaison et sa teinte générale (la règle est la suivante: temps clair, mouche claire / temps sombre, mouche sombre).

Lorsque les poissons gobent en nombre (on peut parfois voir la rivière se mettre à « bouillonner» tellement les éclosions sont nombreuses et tellement il y a de poissons en activité), le nombre de prises peut être impressionnant et restent dans la mémoire du pêcheur comme un moment féérique.

Au risque de, peut être, vous décevoir ces moments bénis des dieux sont éphémères comme les insectes aquatiques objet de toute notre attention et sont suivis de périodes de calme plat. C’est là aussi que réside toute l’étrangeté et la beauté de la nature.

 

 

Il faut savoir que les truites se nourrissent à 80% de larves et de nymphes chassées sous la surface de l’eau. Il ne reste donc que 20% du temps pour espérer voir des poissons gober en surface. Durant ces périodes de calme en surface, il est possible et même souhaitable de passer en noyée ou en nymphe pour continuer à prendre des poissons. Je vous conseille donc vivement, sans changer de matériel mais en jouant sur la longueur et le diamètre des  bas de ligne et la spécificité des mouches utilsées, d’alterner avec bonheur les techniques de pêche: sèche, noyée, nymphe. Vous n’en serez que plus efficace et n’en prendrez que plus de plaisir.

 

 

Lorsque le godage est localisé en prenant des repères en fonction des rochers, des berges, le fond de la rivière il convient éventuellement de changer de place pour trouver le meilleur angle d’attaque, de lancer et de poser son artificielle à une distance équivalente à la profondeur estimée de la rivière à l’endroit où se trouve le poisson en activité. Puis il faut laisser dériver son artificielle dans la même veine d’eau où se trouve le poisson et à la même vitesse que le courant pour bénéficier d’une longue dérive et ne pas générer de dragages anormaux à la surface à de l’eau. L’instinct de suivie du poisson ne doit pas l’emporter sur l’instinct de nutrition… Généralement le premier passage est le bon lorsqu’il n’y a pas beaucoup d’insectes à la surface de l’eau.

 

 

En présence d’importantes éclosions et lorsque la nourriture est très abondante, les truites montent à la surface à la façon d’un métronome: il faut donc trouver le bon timing pour présenter sa mouche au moment où votre partenaire monte pour se gaver.

Si un poisson qui montait régulièrement ne le fait plus après le passage de votre artificielle, il faut immédiatement interrompre vos tentatives et attendre le temps que votre partenaire se rassure et recommence à revenir à la surface. Pendant ce délai, il convient de changer de mouche et mettre au bout de son bas de ligne un modèle plus petit ou plus grand.

 

 

Dans un prochain article je vous parlerai des zones de prise de nos artificielles en fonction des cônes de vision des différents poissons (par exemple, la zone de prise d’un ombre est beaucoup plus large mais plus étroite que celle d’une truite).

Il faut également trouver le bon compromis entre la longueur du bas de ligne (plus le bas de ligne est long et moins vous aurez de dragage de votre artificielle à la surface de l’eau) et la précision (plus votre bas de ligne est court et plus vous gagnerez en  précision pour poser votre mouche facilement à l’endroit où vous le souhaitez mais dans ce cas vous aurez plus de dragage…). La réussite se trouve souvent, comme pour beaucoup de choses, dans le bon compromis.

En sèche, la façon dont on présente sa mouche artificielle conditionne tout le reste: il faut veiller à ne pas poser brutalement sa soie et son bas de ligne sur l’eau, éviter le sillage/dragage de la mouche pour éviter les refus des poissons pourtant bien disposés voire la fuite de nos partenaires qui en profitent pour caler tous les autres poissons sur un portion de rivière. Dans ce cas, vous n’avez plus qu’à changer de poste.

 

 

Le Tenkara permet une excellente qualité des lancers, des présentations très discrètes, une précision sans nulle autre pareille et une meilleure maitrise de la dérive dans un rayon de quelques mètres autour du moucheur: c’est pour cette raison que les résultats obtenus sont bien plus satisfaisants qu’avec la technique classique de pêche à la mouche.

Eric Le Rest

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