Les différents lancers

Quels sont les bons gestes du lancer ?

Grâce au lancer, il est possible de poser sa mouche artificielle qui ne pèse pratiquement rien à l’endroit où on le souhaite sur la rivière.

En fait, c’est la tresse (au Tenkara) ou la soie (dans le cadre de la pêche à mouche classique) qui constitue le lest propulsé par la canne via des mouvements synchronisés, vers l’arrière puis vers l’avant, sous l’impulsion du bras du moucheur qui fonctionne comme un véritable piston.

La technique du lancer n’est pas très compliquée à acquérir mais il est largement préférable d’avoir recours à l’aide d’un « sachant » pour éviter une mauvaise acquisition du geste dont on aurait beaucoup de mal à se débarrasser ultérieurement.

Tout simplement savoir lire l’heure :

Je vous conseille vivement de vous entrainer sur un terrain de football ou sur un espace de jardin bien dégagé.

Après avoir accroché un morceau de laine au bout de votre bas de ligne et positionné sur le sol, à quelques mètres de vous un journal ou tout autre objet qui peut servir de cible (un cerceau par exemple), il convient d’actionner son bras, poignet bloqué, comme un levier en effectuant des mouvements très courts et à bonne vitesse (ni trop rapide, ni trop lente) avec un angle de canne très réduit (entre 10H et 12H) par rapport à votre corps, avec des arrêts bien marqués à 10H et à 12H.

A noter que pour la pêche à la mouche classique, les mouvements doivent se situer entre 11H et 13H.

Vous pouvez, dans un premier temps, vous retourner durant l’accomplissement du geste afin de voir votre tresse et votre bas de ligne se déplier totalement derrière vous.

C’est la canne qui travaille (surtout son nerf comme avec un fouet) dans le prolongement de votre bras.

Le geste doit être zen et le rythme constant. Au Tenkara, plus on force et moins ça marche !

Progressivement, vous gagnerez en simplicité et en fluidité au niveau du geste. Le Tenkara permet d’acquérir plus rapidement la bonne gestuelle du lancer qu’avec un matériel classique de pêche à la mouche: vous n’avez pas à vous soucier du moulinet (il n’y en a pas) et de la longueur de la soie à sortir de ce dernier (la tresse et le bas de ligne sont d’une longueur linéaire, c’est vous qui bougez pour atteindre le poste que vous souhaitez explorer).

En fait, le lancer du Tenkara doit se caractériser par de la puissance sur l’arraché et beaucoup de finesse sur le posé.

Lorsque vous serez en situation de pêche, sachez que le ferrage du poisson intéressé par votre artificielle ne doit pas être brutal,  il doit se faire tout en douceur. Sinon, vous risquez de lui arracher de la gueule votre mouche avant qu’il ait pu véritablement s’en saisir.

D’une manière générale et comme j’aime souvent à le dire : plus la mouche est en l’air, plus on perd de temps et moins on pêche !

Ou, si vous préférez, plus notre artificielle est sur l’eau et plus la probabilité de prendre un poisson est importante. Ce point est primordial car les périodes d’éclosion sont toujours limitées dans le temps: évitons de la frustration ou de l’énervement (je rappelle juste que nous sommes à la pêche pour prendre un maximum de plaisir et pas pour retomber dans les travers de la vie professionnelle) et pêchons au maximum.

Il faut donc réduire au strict minimum les faux lancers (lorsque votre tresse se trouve dans les airs) car vous n’êtes pas là pour faire de l’esthétisme ou « épater la galerie » (généralement, il n’y en a pas) mais pour être le plus efficace possible et éviter d’accrocher votre mouche dans les arbres qui bordent la rivière, surtout pendant que les poissons gobent à tout va.

Les lancers de base :

Le vertical (voir plus haut): c’est la lancer de base par excellence, le plus courant et le plus classique. Il peut être utilisé chaque fois que l’espace qui se situe derrière le moucheur est suffisamment dégagé ce qui est loin d’être toujours le cas, à moins que vous soyez en wading au milieu de la rivière ou au bord d’une rivière de montagne.

Le lancer horizontal: sa réalisation est identique au lancer vertical mais, comme son nom l’indique, il est réalisé sur un plan horizontal parallèle à la surface de l’eau. Il est bien pratique lorsque vous désirez poser votre artificielle sous la frondaison des arbres situés sur la rive opposée. Ici la précision est plus recherchée que la distance.

Le lancer roulé: il est utilisé lorsqu’il est impossible de dérouler la tresse derrière soi et de réaliser des faux lancers. Il permet d’atteindre de courtes distances ce qui est parfait pour la technique du Tenkara. Lorsque votre tresse et le bas de ligne se trouvent sur l’eau, vous devez ramener doucement votre tresse en réalisant une boucle dans votre dos. Le coup sec que allez donner vers l’avant permet de propulser la tresse qui s’étale parfaitement devant vous. De plus, si vous avez la chance d’avoir le vent dans votre dos, le lancer roulé est d’autant plus simple à réaliser.

Le lancer en revers: il se pratique lorsque les deux lancers précédents ne sont pas possibles. Au lieu que votre bras droit (si vous êtes droitier) se déplace sur le côté droit de votre corps, il rejoindra votre épaule gauche en formant un axe de 45° avec votre corps.

Il existe d’autres types de lancers plus complexes à réaliser comme le lancer parachute, le lancer sinueux, le lancer courbe, le lancer le lancer arbalète (pratiqué avec bonheur grâce au Tenkara, surtout sur les petits cours d’eau).

Je vous les expliquerai ultérieurement, avec grand plaisir, dans le cadre de posts spécifiques.

Eric Le Rest

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