Nos partenaires privilégiés

A la première place des poissons, je positionne bien volontiers la truite, la déesse des pêcheurs à la mouche. La truite (Salmo trutta fario) est présente dans de très nombreuses rivières de notre pays ainsi que dans de nombreux pays du monde et plus particulièrement dans les têtes des bassins classés en 1ère catégorie. Elle se réproduit entre les mois de novembre et janvier selon les endroits. Il s’agit d’un poisson farouche mais qui accepte des mouches de toute sorte et de toute taille.

Une variété migratrice de truites descend grossir en mer et remonte chaque automne pour frayer en rivière: il s’agit de la truite de mer particulièrement intéressante pour les moucheurs.

 

Il existe aussi une variété de truites  dites « Arc en Ciel » originaires des bassins américains et asiatiques se jetant dans l’océan pacifique. Les truites arc en ciel ont été introduites en Frances, à la fin du 19ème siècle. Dans quelques rivières, on retrouve des arcs en ciel qui se sont reproduites naturellement mais la majeure partie des « arcs » sont des poissons qui ont été élevés en captivité puis lâchés dans nos rivières, le plus souvent au détriment des truites sauvages (elles peuplent également les réservoirs).

C’est pour cette raison que les moucheurs n’aiment pas trop cette espèce qui n’en demeure pas moins gobeuse et combattante. Les arcs fréquentent, bien volontiers, la pleine eau alors que les farios occupent des postes bien plus marqués.

Les ombres (Thymallus thymallus) étaient, par le passé, surtout implantés dans l’est de la France. Ce poisson a été introduit avec bonheur dans d’autres régions françaises.

L’ombre n’est pas franchement farouche. On peut même dire qu’il est d’une nature curieuse  et assez fantasque. Il lui arrive de refuser toutes les artificielles que vous lui proposez de façon impeccable et se jeter sur une mouche sans allure qui ressemble plus à un « sapin de noël » qu’à une imitation d’un insecte existant dans la nature. Thymallus thymallus est un sacré partenaire de combat.

Le saumon ou salmon solar en latin (ce qui veut dire « sauter », «bouger ») est, à mes yeux, le roi des poissons. J’ai toujours été fasciné par l’instinct qui pousse les saumons à remonter vers leur rivière natale pour s’y reproduire à leur tour. Prendre un saumon constitue le graal pour tout pêcheur en rivière,  surtout à la mouche. Cette capture vous met en état de lévitation. Le relâcher, lorsque l’on pêche en no kill, vous «rapproche très certainement du paradis». Ce saumon que vous aurez gracié afin qu’il poursuive son chemin et qu’il rejoigne son lieu de frai va très certainement alimenter vos rêves pour de nombreuses années, voire durant toute votre vie.

Rien n’arrête les saumons (sauf les barrages EDF non équipés d’échelles spécialisées ce qui est strictement anormal). Le combat avec salmo solar n’est jamais gagné d’avance… mais quelles sensations !

Soyons lucides et transparents, le Tenkara n’est pas la technique la plus appropriée pour capturer un saumon (le matériel utilisé est bien trop léger pour ne pas se le faire « exploser » dans les mains). Il convient donc, pour ce faire, d’avoir recours à un équipement spécifique dont je vous reparlerai dans un prochain post.

La pêche au Tenkara n’est pas franchement non plus appropriée pour capturer facilement les brochets (Exos lucius) quoique les plus petits exemplaires peuvent être pêchables grâce à cette technique. Par contre, avec un matériel de pêche à la mouche classique une canne pour soie de 8 à 10 et un moulinet équipé d’un frein puissant, les brochets sont passionnants à pêcher à la mouche, surtout l’été et en surface, au milieu des herbiers,  grâce à de gros streamers multicolores, des poppers ou des imitations de souris ou de grenouilles réalisées avec des poils de cervidés.

Les attaques des brochets en surface procurent une montée d’adrénaline (il faut avoir le cœur bien accroché) car on voit les carnassiers suivre le leurre sur une certaine distance avant de se jeter voracement dessus… ou pas… si ils ont flairé la supercherie et rebroussent chemin.

Pour pêcher les brochets à la mouche, les bas de ligne sont constitués d’un seul brin de 40 ou 50/100ème d’une longueur de 2 mètres prolongé d’une crinelle en acier car les dents de ce carnassier sont tranchantes. Un prochain post sera consacré à la pêche du brochet à la mouche.

 

Les bars (également appelés loups dan le sud de la France) se prennent également à la mouche (mais pas avec la technique du  Tenkara comme expliqué pour les saumons, les brochets et, ci-après, pour les black bass).

La technique de la pêche à la mouche en milieu marin est bien spécifique: elle fera également l’objet d’un exposé bien particulier dans le cadre d’une rubrique attitrée.

Idem pour la pêche à la mouche dans les mers chaudes qui repose sur une technique dont je vous parlerai ultérieurement. Les poissons recherchés sont spécifiques et très combatifs (tarpon, bonites, barracudas, …)

 

Bien entendu et de façon moins exotique, cette liste de nos partenaires ne seraient pas exhaustive, pour la pêche en eau douce, sans citer les rotengles (sur des imitations de chironomes), les gardons, les ablettes (très amusantes à pêcher car elles nécessitent des ferrages ultra rapides), les chevesnes (pas franchement aimés des moucheurs car ils pullulent dans certaines rivières et détruisent les frayères des truites. Toutefois, ils constituent des sparring-patners à ne pas totalement négliger), les perches et les black bass (qui nécessitent une pêche à la mouche spécifique via des streamers ou des poppers et qui sont des poissons qui livrent des luttes intenses très intéressantes).

Eric Le Rest

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