La mouche de mai: la star des éphémères !

Selon les régions, les éclosions de mouches de mai (Ephéméra Danica) se déroulent généralement de la fin du mois de mai à la fin juin (parfois jusqu’au début du mois de juillet).

La May Fly est incontestablement le symbole fort de notre passion pour la pêche à la mouche !

Il arrive que des milliers d’insectes dérivent en même temps sur l’eau et que les truites en activité mettent certaines rivières « en ébullition » tant elles se gavent d’éphémères (certains poissons, lorsque vous les pêchez ont vraiment le ventre énorme tellement ils se goinfrent)… une espèce de vent de folie boulimique qui souffle sur les rivières (à noter, qu’en France, seules l’Ile de France et la Corse ne bénéficient pas de la présence d’Ephéméra Danica).

Généralement, il s’agit pour les moucheurs d’une période bénie des dieux car les grosses truites sont souvent de sortie lors de ses éclosions spectaculaires  et n’hésitent pas à venir en surface malgré leur légendaire méfiance.

Lorsque j’étais enfant, parfois, il y avait tellement d’éclosions de May Fly qu’il arrivait, lorsque nous passions en voiture à côté de certaines rivières bretonnes, que le conducteur soit obligé de mettre ses essuie-glace pour continuer à voir à travers son pare brise…

Toutefois, les éclosions diminuent au fil des ans (les plus anciens d’entre nous en parlent avec passion, émerveillement et nostalgie) et s’étalent sur une période beaucoup plus courte à cause des pollutions liées à l’agriculture intensive (usage, trop souvent, totalement dément des pesticides, des engrais et des épandages de fumier). Néanmoins, les éclosions des mouches de mai méritent vraiment toute notre attention.

Les moments les plus propices pour ces éclosions se situent lorsque le temps a été beau, sans vent toute la journée et que le soleil se voile en fin d’après midi !

Il convient également de préciser que ces éclosions sont la plupart du temps irrégulières d’une année sur l’autre et varient en fonction des niveaux d’eau et des conditions météorologiques.

Comme pour beaucoup d’éphémères, les truites sont surtout intéressées par le stade émergent de l’insecte: il convient dont d’utiliser des mouches qui flottent bas, quasi immergées, juste sous la surface de l’eau (pour se faire, vous pouvez même dégarnir votre mouche en lui retirant un certain nombre de poils et/ou de fibres).

Lorsque Ephéméra Danica se métamorphose, elle se contorsionne dans tous les sens pour se débarrasser  de son exuvie: une sorte de seconde peau qui se détache lorsque la nymphe, qui a passé deux ans dans une sorte de « terrier » creusé dans le sable (on dit qu’il s’agit d’une larve fouisseuse, de près de 3 cm, qui vit surtout dans des galeries creusées dans les fonds limoneux/sablonneux et qui se nourrit de débris végétaux et organiques), gagne la surface très rapidement juste avant que la mouche de mai ne devienne un subimago.

L’imago (éphémère au stade adulte) ne vit que deux ou trois jours. Après l’accouplement, dans des balais aériens intenses ponctués de vols pendulaires, il meurt après avoir pondu des milliers d’œufs à la surface de l’eau et devient un spent (éphémères morts qui dérivent à la surface de l’eau et qui intéressent également les poissons qui en font des razzias en surface).

Il y a une vingtaine d’années, on trouvait dans le commerce ou on montait soi même les « May Fly » sur des gros hameçons N° 8 à tige longue qui faisaient vriller nos bas de ligne lorsqu’on descendait en dessous du 18/100.

Aujourd’hui, les éphémères sont beaucoup plus petits: on se contente donc d’hameçons N°10 voire N°12 et les bas de ligne peuvent descendre en diamètre.

Il convient, par ailleurs, de prévoir de changer de mouche pratiquement après chaque capture: il est donc largement souhaitable que vous montiez un nombre important de mouches de mai pour que vous ne soyez jamais en « rupture de stock » au cours d’un moment de folie collective.

A signaler que les ombres bien qu’ils aient une petite bouche aiment également monter sur les May Fly.

Vivement la fin du joli mois de mai pour que, une nouvelle fois, la magie se reproduise et qu’Ephéméra Damica nous apporte son lot de très belles surprises !

Eric Le Rest.Cet article peut également vous intéresser: http://tenkaraworld.com/le-mythique-coup-du-soir/

Entomologie

 

L’entomologie peut s’avérer être un domaine rapidement complexe.

Je vais essayer de vous le présenter de la façon la plus simple et la plus efficace possible en classifiant les insectes.

Il existe deux grandes catégories d’insectes qui intéressent nos partenaires privilégiés:

1) Les insectes aquatiques: Ils passent leur stade larvaire dans l’eau durant plusieurs mois, voire plusieurs années, selon les espèces puis ils se muent en insectes volants qu’on appelle imagos. Ils représentent des mets de choix pour les poissons.

1a) Les éphémères:

Ces insectes représentent un intérêt majeur pour les pêcheurs car ils constituent une part importante de l’alimentation des poissons quels que soient les stades de leur cycle de vie.

Au stade adulte l’éphémère présente un corps fin se terminant par deux ou trois cerques selon les espèces. Lorsque l’éphémère est immobile ses ailes sont dressées à la verticale.

On trouve les larves des très nombreuses espèces dans les rivières aux eaux courantes et bien oxygénées. Elles se nourrissent en fouillant le sable dans le fond des rivières. Les éclusions qui apparaissent dès la mi-février sont souvent spectaculaires mettent les truites en folie.

Les plus connues des éphémères sont les mouches de mai qui sont fréquentes dans les rivières de plaine. Elles éclosent fin mai-début juin. La plus grande est l’Ephemera danica qui mesure 25 millimètres et présentent de belles couleurs jaune virant sur le brun.

Durant la période estivale, les éclosions se poursuivent: ce sont des Ephemera vulgata, des Ignita ou des Caenidés. Leur taille est plus petite (entre 8 et 20 millimètres) et leurs couleurs varient : noir, rougeâtre, vert olive, toutes les variations de jaune…

En fin de saison, apparaissent les Ignita Muticus ou Cleon.

Ci-dessous, la fameuse « Mouche de mai » naturelle et son imitation quasi parfaite réalisée à partir de matériaux synthétiques. On pourrait s’y méprendre et c’est d’ailleurs l’effet que nous recherchons auprès des truites :

 

1b) Les plécoptères ou perles:

On les appelle également les mouches de pierre qui ne se trouvent que dans les eaux fraîches, courantes et caractérisent un biotope de grande qualité.

Les nymphes (larves) restent aplaties dans le fond des rivières sous les pierres (d’où leur nom) pour résister à la force de l’eau. Les ailes des adultes sont grises et recouvrent le corps de l’insecte.

Les plécoptères sont relativement rares et ne constituent qu’environ 10% de l’alimentation des truites mais elles en raffolent.

1c) Les tricoptères (ou phryganes ou « porte bois » ou sedges):

Ils constituent un des mets préférés des truites quel que soit le stade de leur vie, du mois de mars au mois d’octobre. On les retrouve donc tout au long de la saison de pêche et tout au long de la journée mais surtout au moment du fameux coup de soir, juste au moment où il commence à faire nuit, entre « chien et loup ».

Au stade larvaire, les tricoptères s’abritent dans des étuis constitués de tout ce qu’on trouve dans le fond de la rivière: des petits morceaux de bois (d’où leur nom, dans le langage populaire, de « porte bois »), de minuscules graviers, de plantes conglomérés sous forme d’un petit tuyau dans lequel vit une larve. A la fin du stade larvaire, l’imago gagne la berge pour réaliser sa dernière métamorphose sur un obstacle partielle hors de l’eau.

Lorsque vous soulevez les pierres des rivières vous en trouvez quasiment systématiquement, du moins dans les rivières dignes d’intérêt pour les moucheurs.

Dans certains cours d’eau du Jura que j’ai ardemment pratiqués à une certaine époque, il suffisait de se baisser pour ramasser des centaines d’étuis abonnés par leur larve. Vous pouvez ainsi imaginer la qualité du milieu aquatique dans lequel certains pêcheurs ont la chance d’évoluer et la manne nourricière que cela représente pour les truites et les ombres.

Pour s’en convaincre, il suffit lorsque vous ne graciez pas un poisson (à éviter) et lorsque vous videz leur intestin de constater à quel point vous retrouvez à l’intérieur d’étuis de porte bois !

Les sedges se caractérisent, au stade adulte, par de longues antennes orientées vers l’avant, des ailes de couleur brune, velues qui sont positionnées en forme de toit sur le corps.

La vie des tricoptères est très souvent nocturne. Durant la journée, on les retrouve souvent sur les feuilles des arbres qui bordent la rivière. Il suffit de les secouer pour voir quelques sedges tomber et de regarder la couleur et la taille de l’artificielle que vous devez choisir dans votre(vos) boite(s).

Ci-dessous, une imitation d’un sedge. L’artificielle que tout moucheur doit impérativement posséder dans sa boite à mouches:

2) Les insectes terrestres:

Leur développement ne dépend pas de l’élément aquatique.

Nous pouvons les trouver en grande quantité sur les berges à proximité de la rivière dans laquelle ils tombent régulièrement pour le plus grand bonheur des truites. Selon les saisons, nous pouvons recenser pêle-mêle les sauterelles, les grillons, les fourmis, les abeilles, les guêpes, les coléoptères, les hannetons, les mouches, les chenilles, …

Vous noterez ici que je n’ai pas vraiment voulu parler des moustiques que l’on retrouve le plus souvent dans les eaux stagnantes chargées de matières organiques et qui rentrent essentiellement dans l’alimentation des poissons blancs ou des truites de réservoir ou de lac. Ces larves de chironomes (vers de vase) montent en surface tout au long de la saison de pêche et intéressent particulièrement les poissons précités.

Bien entendu, il existe des montages spécifiques imitant tous ces insectes dont nous verrons ensemble, ultérieurement, toutes les réalisations dans le cadre de la rubrique vidéos de Tenkara World.

Ces artificielles sont souvent utilisées au cœur de l’été, en pêchant les bordures. Elles réservent régulièrement de très belles surprises !

Eric Le Rest

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