Mes différentes formules de bas de ligne

Voici les différentes formules de bas de ligne que j’utilise pour la pêche au Tenkara et pour la pêche à la mouche « classique » (c’est à dire avec  une canne à mouche et un moulinet) :

  1. Bas de ligne, pour pêcher au Tenkara en sèche ou en nymphe, à rajouter au bout de la tresse (dont la longueur varie généralement, quant à elle, entre 4 et 5 m voire plus en fonction de la taille de votre canne et de l’encombrement des rivières sur lesquelles vous pêchez) :
30 cm 25  / 100
25 cm 22  / 100
25 cm 20 / 100
20 cm 18 / 100
50 à 60 cm de 16 / 100 à 10 / 100

 

2.  Avec un matériel « classique », pour pêcher en sèche ou en nymphe en eaux lentes en recherchant la précision.

Ce bas de ligne mesure une longueur totale de 4,25 m :

90 cm 45 / 100
45 cm 40 / 100
30 cm 35 / 100
30 cm 30 / 100
30 cm 25 / 100
30 cm 20 / 100
30 cm 18 / 100
30 cm 16 / 100
30 cm 14 / 100
80 cm 12 / 100

 

Avec un matériel « classique », pour pêcher en sèche ou en nymphe en eaux rapides:

Ce bas de ligne court mesure 2,40 m :

40 cm 35 / 100
35 cm 30/ 100
30 cm 25 / 100
30 cm 20 / 100
25 cm 18 / 100
80 cm de 16 / 100 à 10 / 100

 

Pour pêcher à la mouche noyée, les jours de vent ou dans les rivières très encombrées. Ce bas de ligne mesure 2,50 m + 0,30 m de raccordement à la soie, soit un longueur totale de 2,80 m :

30 cm 40 / 100 Raccordement à la soie.
30 cm 35 / 100
30 cm 30 / 100
30 cm 26 / 100
60 cm 24 / 100 Potence de 5 à 8 cm.      Mouche sauteuse.
50 cm 22 / 100 Potence de 5 à 8 cm.     Mouche intermédiaire.
50 cm 22 / 100 Mouche de pointe

 

Pour pêcher à la mouche noyée, les jours sans vent et pour obtenir de très jolis posés. Ce bas de ligne mesure 3,20 m + 0,30 m de raccordement à la soie, soit une longueur totale de 3,50 m :

30 cm 40 / 100 Raccordement à la soie.
30 cm 35 / 100
30 cm 30 / 100
30 cm 28 / 100
30 cm 26 / 100
30 cm 24 / 100
60 cm 20 / 100 Potence de 5 à 8 cm.     Mouche sauteuse.
60 cm 20 / 100 Potence de 5 à 8 cm.    Mouche intermédiaire.
50 cm 20 / 100 Mouche de pointe

 

Pour pêcher à la mouche noyée, en eaux calmes, avec 2 mouches. Ce bas de ligne mesure 2,20 m + 0,30 m de raccordement à la soie, soit une longueur totale de 2,50 m :

30 cm 35 / 100 Raccordement à la soie.
30 cm 30 / 100
30 cm 26 / 100
30 cm 24 / 100
30 cm 22/ 100
30 cm 20 / 100 Potence de 5 à 8 cm.    Mouche sauteuse.
70 cm 20/ 100 Mouche de pointe

 

Pour pêcher à la mouche noyée avec 2 mouches, dans des eaux rapides et peu profondes (< 50 cm). Ce bas de ligne mesure 1,90 m + 0,30 m de raccordement à la soie, soit une longueur totale de 2,20 m :

30 cm 35 / 100 Raccordement à la soie.
30 cm 30 / 100
30 cm 26 / 100
30 cm 24 / 100
30 cm 22 / 100
30 cm 20 / 100 Potence de 5 à 8 cm.     Mouche sauteuse.
40 cm 20 / 100 Mouche de pointe

 

Bien entendu, je suis preneur de vos propres formules de bas de ligne que je me ferai un plaisir de publier dans la cadre de Tenkaraworld.com.

Eric Le Rest

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Les outils du monteur de mouches artificielles

Quel plaisir de pêcher un poisson avec des mouches artificielles réalisées par ses propres soins ! 

Entre nous et en démystifiant certaines vieilles croyances, le montage des mouches n’est pas bien compliqué : il faut juste un peu de patience et de dextérité (un peu à l’instar du modélisme)… la montée en compétence progressive fera le reste.

Pour ce faire, vous devez disposer d’un certain nombre d’outils de base pas très onéreux qui sont parfaitement adaptés pour réussir l’exercice très simplement.

Bien entendu, une fois que vous aurez acquis plus de maitrise en matière de montage vous pourrez compléter cette liste des matériel de base qui se compose des éléments suivants : 

 

 

  • Un étau : s’il est un élément indispensable, c’est bien celui-là. Il sert à maintenir l’hameçon dans ses mors en position horizontale durant tout le montage des mouches artificielles. Je vous conseille de ne pas lésiner sur sa qualité (et donc sur son prix, tout en restant raisonnable. On en trouve de très bons pour moins de 100 €) car il doit se refermer sur l’hameçon très facilement et doit absolument le tenir fermement.

 

 

  • Les ciseaux : ils doivent être très pointus et extrêmement affutés pour couper net, à leur base, tous les fils et les plumes et ne laisser sur l’hameçon aucune partie superflue qui viendrait troubler la dérive ou l’animation de vos artificielles. 

 

 

  • Un porte bobine : il s’agit également d’un outil indispensable. Il permet de coincer les bobines de fil entre les deux boules en métal qui fonctionnent comme un ressort et permet de doser la vitesse de dévidement du fil. Le poids du porte bobine et de la bobine elle-même permettent de tenir le fil sous tension lorsqu’on fait une pause lors du montage.

 

 

  • La pince à hackles : grâce à elle, nous pouvons saisir l’extrémité d’une plume afin de l’enrouler autour de la hampe de l’hameçon. Elle agit, sous l’effet de son ressort, comme une espèce de « pince à linge ».  


 

  • Une aiguille : pour déposer une goutte de vernis sur la tête de la mouche ou déboucher l’œillet en cas d’obturation par de la colle ou pour aérer un dubbing de poils une fois le montage de la mouche terminé ou encore dégager les fibres de plumes qui seraient restées emprisonnées lors du montage. 

 

 

  • Le « whip finish » ou « finisseur de nœud » : cet outil d’aspect un peu barbare est très intéressant et très utile pour réaliser des nœuds de finition du montage, juste avant l’œillet de l’hameçon, extrêmement solides (car rien n’est plus frustrant qu’un montage qui se défait sur une mouche qui prend du poisson uniquement par défaut de qualité de son nœud final). Je vous monterai dans le cadre d’une future vidéo comment bien l’utiliser. A noter que vous pouvez également utiliser deux de vos doigts pour remplacer le whip finish mais il faut que ces derniers soient relativement fins et avoir préalablement acquis une dextérité certaine liée à de longues heures de pratique.

 

 

  • La colle cyanolite : elle colle extrêmement rapidement et est très puissante. Elle permet de consolider les nœuds de finition, avant leur éventuel vernissage en fonction des mouches réalisées. Faites vraiment attention de l’utiliser avec beaucoup de parcimonie (les débutants tombent souvent dans le travers d’en mettre une quantité beaucoup trop importante – j’ai coutume de dire qu’un quart de goutte suffit largement – et surtout n’en déposez pas sur vos doigts sous peine de finir à l’hôpital pour traitement de brûlures de votre peau ou pour vous faire décoller des doigts à l’aide d’un scalpel – ce qui ne doit pas être franchement très « agréable »). 

 

 

Dans un premier temps, c’est tout ce qu’il vous faut pour réaliser des artificielles de base puis, par la suite, de plus en plus sophistiquées lors de votre montée en compétence et en habileté.

 

A signaler qu’il existe dans le commerce des kits clé en main qui regroupent tous les outils utiles pour un débutant. Le prix est attractif mais la qualité de chaque outil est relativement moyenne. Je vous conseille plutôt de les acheter séparément en misant d’emblée  sur la qualité pour éviter de les remplacer très rapidement en cours de montée en puissance.

Bien entendu, d’autres matériels pourront compléter votre panoplie du parfait monteur : l’enrouleur de dubbing, le protège-hackles, le coupe aile, l’aligne-poils, un cutter, …

 

Nous aurons l’occasion d’y revenir ultérieurement.

 

Eric Le Rest

 

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Comment les poissons voient-ils nos mouches ?

Le débat qui a animé la confrérie des moucheurs durant de nombreuses années est le suivant: les poissons distinguent-ils les couleurs de nos artificielles ?

Malgré le fait que certains pêcheurs sont absolument convaincus que tel est bien le cas, il apparait que les études scientifiques menées en la matière ont conclu le contraire: les poissons ne seraient sensibles qu’aux contrastes et non aux couleurs elles-mêmes. En résumé, ils perçoivent nos mouches de manière bien différentes que les distingue l’œil humain.

Mais ne nous y trompons pas, nos partenaires possèdent néanmoins une excellente vue: ils voient très bien tout ce qui se présente en face d’eux. Par contre, leur vision est beaucoup plus réduite sur les côtés.

La première explication réside dans le fait qu’ils les regardent de dessous, à travers l’élément liquide.

La luminosité extérieure représente donc un élément essentiel. Comme je l’ai déjà expliqué dans un post précédent, il convient, en conséquence, par temps sombre d’utiliser des artificielles de couleur sombre et par temps clair une mouche de couleur claire.

De plus, le temps d’observation d’un insecte aquatique et d’une artificielle quand il(elle) apparait dans le cône de vision d’un poisson varie également en fonction du fait qu’il se situe dans un courant (dans ce cas, le poisson ne dispose que de quelques fractions de secondes pour se décider) ou qu’il évolue dans un lisse (le poisson pourra prendre tout son temps pour observer la mouche et, au moindre doute, rebrousser son chemin, avec dédain: c’est ce qu’on appelle un refus).

En parallèle de la vision, n’oubliez jamais que nos partenaires sont également très sensibles, grâce à leur système nerveux latéral à la moindre vibration dans l’eau. Il faut donc absolument soigner sa vitesse de déplacement ainsi que la lourdeur de ses pas au bord de la rivière ou dans l’eau et la qualité de ses posés car les poissons détectent toutes les vibrations et l’impact de nos mouches sur l’eau, avant même qu’elles ne rentrent dans leur champ de vision.

C’est aussi pour cette raison que j’utilise beaucoup:

– les plumes de cul de canard (CDC) car le moindre souffle d’air donne à nos artificielles une apparence d’insectes se débattant dans l’élément liquide et émettent des « ondes de vie » à la surface de l’eau.

– les plumes molles de perdrix, de flancs de cannes ou de faisans,… car elles vibrent dans l’eau, sous l’effet du courant et de l’animation réalisée par mes soins, lorsque je pêche en noyée, en nymphe ou au streamer.

Je préfère utiliser des « mouches d’ensemble » (des artificielles qui imitent de façon très générale voire approximative un insecte aquatique) à des mouches imitatives (dont certains monteurs mettent un temps infini à soigner le moindre détail pour imiter parfaitement la nature).

Je sais qu’en affirmant cela, il y a tout un partie des moucheurs qui ne sera pas d’accord avec moi.

Je suis certes admiratif du temps qu’ils passent devant leur étaux pour réaliser, avec une très grande précision, de façon souvent exceptionnelle de véritables œuvres d’art mais, j’avoue qu’il doit être très frustrant pour eux de perdre leurs artificielles dans les arbres, au fond de la rivière ou dans le gueule d’un poisson… Sans compter que certaines mouches qui ont pris plusieurs poissons sont complètement dépenaillées au niveau des collerettes ou des cerclages par les dents de nos partenaires…

Je compatis donc franchement mais je me dis qu’avec mes mouches d’ensemble respectant un juste équilibre entre les différents matériaux et correctement animées ou déposées à l’endroit idéal, je prends tout autant de poissons en produisant au montage, sur le même laps de temps, quatre à cinq fois plus d’artificielles.

Partagez-vous ce point de vue ?

Si tel n’était pas le cas, je serais absolument ravi d’échanger avec vous sur le sujet.

Eric Le Rest

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Les trois typologies de pêcheurs

Les analyses marketing transposées au monde de la pêche ont permis de déterminer trois typologies de pêcheurs en France :

  • Les « pêcheurs terroirs », sédentaires ou pêcheurs traditionnels :
  • Ils sont issus du milieu rural,
  • La pêche est leur loisir principal exercé en proximité,
  • Ils pratiquent la pêche « cueillette ».

 

 

  • Les pêcheurs « nouvelle génération » mobiles ou pêcheurs spécialisés :
    • Ils sont urbains et très souvent spécialistes d’un type de pêche,
    • Ce sont des pêcheurs adeptes du no kill,
    • Ils pêchent souvent entre amis,
    • Ils ont une approche sportive en relation avec la nature assortie de recherche de techniques,
    • Ils sont adeptes de la capture de gros spécimens en termes de taille ou de poids ou de poissons sauvages ,
    • Ils consomment des produits non encadrés et de façon autonome,
    • Ils aiment le perfectionnement du geste et la recherche de nouvelles techniques pour améliorer leur pratique,
    • Ils sont très actifs sur internet où ils échangent des informations, créent des forums dédiés et de réelles « communautés »,
    • Ils sont prêts à rouler 600 à 800 kms pour trouver un lieu de pêche spécifique.

 

 

  • Les vacanciers pêcheurs :
    • Ils sont vacanciers avant tout, ils pratiquent d’autres activités,
    • Pour eux, il s’agit d’un loisir ludique au bord de l’eau en famille,
    • Ils pratiquent la pêche de façon occasionnelles,
    • Ils sont à la recherche de séjours encadrés « pêche & loisirs » en fonction des opportunités offertes,
    • Ils pêchent pour s’amuser et pour apprendre le respect de la nature,
    • Ils recherchent les moments de convivialité via une activité ludique,
    • La pêche doit être facile et confortable via l’aménagement des lieux de pêche / aires de pique-nique par exemple).

Eric Le Rest

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Contemplation

Le pêcheur à la mouche est toujours à la recherche de la contemplation :

il se nourrit avidement de la vision d’un salmonidé en suspension dans son élément aquatique.

Il m’arrive fréquemment, à partir d’un pont qui surplombe une rivière, de me poster en observation durant de nombreuses minutes pour regarder, quelques mètres sous moi, le balai des truites en activité qui gobent les insectes qui se présentent dans leur champs de vision.

Ce spectacle d’une grande fluidité, sans frottement et sans contrainte m’a toujours fasciné.

Je vous conseille fortement d’en faire de même car cela vous apprendra beaucoup de choses sur le comportement des truites: l’observation nourrit la connaissance.

Vous serez surpris de constater que fréquemment des truites ne gobent pas de très beaux éphémères qui passent juste au dessus d’elles alors qu’elles peuvent faire des écarts de plusieurs dizaines de centimètres pour se saisir d’une minuscule larve à la dérive.

Avez-vous déjà observé ce manège ?

Eric Le Rest

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Les « trois vies » d’un pêcheur à la mouche

Je souhaiterais vous parler des « trois vies » qui jalonnent l’existence d’un moucheur:

1) Lorsque le pêcheur à la mouche débute, généralement, il veut prendre le plus de poissons possibles. Il s’agit là d’une période pas forcément la plus glorieuse pour tous les pêcheurs où la graciation des poissons n’est pas assez souvent au rendez-vous. J’ai connu cette période, lorsque j’étais plus jeune: il m’est malheureusement arrivé, la mort dans l’âme, de jeter à la poubelle de très beaux poissons non consommés après quelques mois passés dans le fond de mon congélateur au lieu de les avoir laissés dans leur élément !!!

2) Le deuxième stade s’atteint, après plusieurs années de pratique : il consiste à prendre les poissons les plus gros possibles. Bien évidemment, la lutte n’est pas gagnée d’avance: ce sont les poissons trophées que l’on perd régulièrement et dont on ne se «console» jamais. On y pense, on en parle, on en rêve et on fait tout pour les retoucher un jour.

Ce deuxième stade constitue donc  le cap des records que l’on affiche fièrement sur les réseaux sociaux et dont on parle à la fin des repas de famille ou entre amis pour autant que cela intéresse quelqu’un dans votre entourage…

 

 

3) Le stade ultime consiste à prendre et, bien entendu, à relâcher en vie (sans qu’ils saignent) les poissons les plus difficiles à leurrer. Il s’agit là des poissons « éduqués », c’est à dire ceux qui :

  • ont déjà été pris une ou plusieurs fois et qui ne se laissent pas reprendre facilement
  • sont postés dans des endroits impossibles, difficilement atteignables sans une grande technicité au niveau de vos lancers. Il faut que le choix de l’artificielle (correspondant au type d’insecte dont le poisson en activité se nourrit, à sa taille, à sa couleur et à son stade d’évolution), le poser et la dérive soient parfaits. Bref, le sommet de l’art.

Et vous, à quel « stade de votre vie de pêcheur » vous situez-vous ?

Eric Le Rest

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Pêcher en noyée

La pêche à la mouche noyée représente la forme la plus traditionnelle de la pêche à la mouche. Aujourd’hui, elle est malheureusement un peu passée de mode alors qu’il s’agit d’une technique de pêche pleine de subtilités et très efficace.

A titre personnel, j’adore la pêche à la mouche noyée et j’en ai fait ma grande spécialité : j’ai en projet d’écrire plusieurs posts spécifiquement dédiés à la pêche à la mouche noyée afin de la remettre sous les feux de projecteurs en la modernisant et d’aider à passer le flambeau aux jeunes générations pour que cette technique  ne sombre pas dans l’oubli sous prétexte de « ringardise ».

 

 

Je pratique la pêche à la mouche noyée avec bonheur et gourmandise tout au long de la saison, que les eaux soient hautes ou basses. Bien entendu, il s’agit d’une technique plus particulièrement destinées au début de saison quand les courants sont soutenus, les eaux légèrement teintées et lorsque les poissons ne montent pas encore en surface mais sont néanmoins en activité.

La pêche en noyée permet de prendre plus régulièrement du poisson tout au long de la saison qu’en sèche. L’idée que je recherche en pêchant en noyée est de «varier les plaisirs » : pêcher en sèche quand on voit des gobages, pêcher en noyée le reste du temps. Il est très facile, avec un peu d’expérience, de passer d’une technique à l’autre car il suffit de changer son bas de ligne en fonction de l’activité des poissons.

A la différence de la pêche à la nymphe qui se pratique en amont, la pêche à la mouche noyée se caractérise par des lancers en travers de la rivière et une dérive des mouches vers l’aval. Il s’agit d’une méthode très tactile qui se pratique ligne tendue: on utilise le courant pour maintenir le bon niveau de tension sur la ligne. Les touches sont ressenties via de véritables secousses au niveau du poignet.

 

 

C’est là que la technique du Tenkara et le matériel utilisé sont particulièrement intéressants :

– les cannes sont légères (pas plus de 80 grammes), longues (généralement entre 3,60 m et 4 m) et souples (du style parabolique) ce qui permet de moins fatiguer le poignet, de bien mieux contrôler les dérives, de mieux ressentir les touches et de perdre beaucoup moins de poissons via des décrochages

– les tresses lorsqu’elles n’ont pas été graissées coulent aisément et permettent au bas de ligne de plonger sous la surface de l’eau, à la bonne profondeur, pour faire travailler son train de trois mouches. Si vous trouvez que vos mouches restent trop en surface, il est toujours possible de monter une portion de bas de ligne plongeant achetée dans le commerce ou d’employer un liquide « miracle » qui permet, après en avoir imbibé vos mouches, de les faire plonger à la bonne profondeur (à noter que la salive permet également de faire couler vos mouches).

 

– les mouches utilisées au Tenkara conviennent parfaitement à la technique de la noyée: les hackles sont souples et montés vers l’avant ce qui donne vie à vos artificielles lorsqu’elles vibrionnent dans le courant.

– le piquant des hameçons étant particulièrement important sur les les Kébaris, les décrochés des poissons sont beaucoup moins importants qu’avec des mouches montées sur des hameçons classiques. Leur forme particulière contribue également à optimiser le nombre de prises.

 

 

Par ailleurs, les bas de ligne à noeuds utilisés dans la cadre de la pêche à la mouche noyée sont beaucoup plus courts et sont réalisés avec des diamètres de fils beaucoup plus forts qu’en sèche. Les pointes sont en 18/100 (voire 20/100) en début de saison et descendent en 16/100 à la fin du printemps et durant l’été.

«A la fin de la tresse d’une longueur de 3 mètres et grâce à des noeuds dits du « chirurgiens » (je vous expliquerai dans une autre rubrique les différentes sortes de noeuds qui sont utilisés par les pêcheurs à la mouche). En ce qui me concerne, j’employe des bas de ligne dégressifs d’une longueur de 40 cm à 50 cm avec des nylons d’un diamètre successif de 24/100, 22/100 et trois bouts de 20/100. Sur les deux derniers bouts, on laisse une « potence » d’une dizaine de centimètres.

 

 

Grâce à ce montage, on pêche avec un train de trois mouches artificielles:

une mouche dite de pointe fixée au dernier brin de nylon et en règle générale lestée pour évoluer près du fond de la rivière. J’utilise très souvent des artificielles intégrant des billes placées près de l’oeillet de l’hameçon et des corps composés entièrement de cuivre ou cerclés de ce métal.

une mouche intermédiaire moyennement lestée montée sur la première potence à partir de la pointe de votre bas de ligne. Pour les intermédiaires, je mise beaucoup sur des artificielles montées avec des matériaux modernes un peu flashy qui excitent la curiosité, l’intérêt et/ou l’agressivité des poissons.

une sauteuse fixée à la deuxième potence et qui évolue légèrement sous la surface voire qui vient « taper » régulièrement sur l’eau,  comme le font les éphémères, ce qui a tendance à exciter l’apétit de nos partenaires.

 

 

Ces trois mouches représentent des insectes aquatiques à des stades différents de leur cycle de vie. Les mouches de pointe imitent des insectes au stade larvaire, les intermédiaires des insectes au stade nymphal ou des imagos agonisants après leur ponte et les sauteuses des insectes émergeants ou des imagos.

Il m’est arrivé, à plusieurs reprises, lorsque les truites sont vraiment en activité, sur la Saine qui est une rivière mythique du Jura et qui vient rejoindre l’Ain (précisément sur la commune de Syam) de prendre, en même temps et sur le même lancer,  deux beaux poissons sur mon train de trois mouches. Je peux vous assurer que lorsque les deux poissons décident de fuire dans un sens opposé (le temps que vous compreniez ce qui vous arrive) cela vous procure des sensations incroyables que vous garderez longtemps en mémoire !

 

 

La technique de la pêche en noyée consiste à lancer bien droit son train de mouches en plein travers de la rivière plus ou moins en amont des postes présumés. Puis après avoir abaissé sa canne, je vous conseille de suivre la dérive en gardant la canne dans l’alignement de la tresse et du bas de ligne. Il faut éviter que l’ensemble de la tresse et de la ligne ne prennent trop d’avance sous l’action du courant: si tel était le cas, il convient de pratiquer des mendings (rattrapage de la tresse pour la replacer dans l’axe de la canne en la rejetant vers l’amont grâce à une rotation du poignet) dont je vous expliquerai plus précisément la technique dans le cadre d’un autre post.

 

 

Le train de mouches doit être animé en action de pêche (pour donner une apparence de vie à vos artificielles) par des légers tremblements de la canne durant une partie de la dérive et par une remontée très progressive de la canne en fin de dérive (surtout ne pas la remonter trop rapidement). C’est très souvent à ce moment là que se produisent les touches.

Cette technique de la pêche noyée permet de véritablement «peigner » la rivière grâce à son train de mouches. Elle est très productive car on peut la pratiquer de façon extensive en descendant la rivère grâce à un ou deux pas de coté après chaque coup de ligne. Lors d’une journée de pêche, il est ainsi possible de longer la rivière sur plusieurs kilomètres en passant d’un poste à l’autre.

Eric Le Rest

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La pêche en France: un sport superstar!

Je vous propose que nous découvrions ensemble un certain nombre de chiffres clés qui caractérisent l’activité pêche en eau douce en France:

  • 1,4 million de français pratiquent régulièrement la pêche. La Fédération Nationale de la Pêche (FNPF) qui bénéficie du dévouement de 3.900 associations extrêmement actives (40.000 bénévoles) est la 2ème après celle du football ! Notre pays compterait près de 50.000 « mordus » de pêche à la mouche.

 

  • 5% des français vont à la pêche régulièrement. 10% de la population française se déclare être pêcheur. 41% ont déjà essayé une fois de pêcher dans leur vie. 11% ont pratiqué la pêche assez régulièrement à une époque puis ont abandonné. La moyenne du nombre de pêcheurs par département s’élève à 13.459 pêcheurs. La France est le pays, au sein de l’UE, qui compte le plus de pêcheurs (nous sommes 30 millions à l’échelle européenne).

 

  • Pour autant et malheureusement, le nombre de pêcheurs est en baisse constante chaque année (-3,06% en 2018 / 2017). Il y avait 2,2 millions dans les années 80…

 

  • La pêche est une passion qui touche toutes les générations avec un engouement croissant des jeunes (23% des pêcheurs ont moins de 18 ans, environ 1/4 moins de 25 ans, 70% ont moins de 50 ans). Contrairement aux idées reçues, les plus de 65 ans ne représentent que 16% des pêcheurs.

 

  • Le marché de la pêche représente 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire pour l’économie française (presque autant que le tennis). Les adeptes de la pêche dépensent, en moyenne, 680 € par an pour assouvir leur passion (hors coût de la carte de pêche mais frais de déplacement compris). La pêche représente 7% de la production d’articles de sport dans notre pays et 10.000 emplois en France.

 

  • La pêche est une activité essentiellement masculine (97% d’hommes). Quel dommage qu’il n’y ait pas plus de femmes au bord de l’eau comme c’est déjà le cas aux USA ! (mais, comme inévitablement la plupart des choses qui se passent aux Etats Unis se produisent en France avec un décalage de quelques années, tous les espoirs nous sont permis).La France propose 275.000 kms de cours d’eau et 110.000 ha de plans d’eau (sans parler des 4.000 kms de côte sur lesquelles nous pouvons également pratiquer la pêche à la mouche notamment à la recherche des bars…)

Eric Le Rest

Cet article peut également vous intéresser : http://tenkaraworld.com/les-trois-vies-dun-pecheur-a-la-mouche/

 

Une pêche sportive

En effet, avec le Tenkara, tous les paramètres constitutifs d’une pêche sportive sont réunis:

les sensations sont décuplées par la légèreté et la simplicité du matériel. Les bagarres avec les poissons deviennent intenses dès qu’ils dépassent les 25 à 30 cm

– comme nous l’avons déjà vu ensemble, le Tenkara permet de prendre du plaisir (plaisir de prendre, de pécher et de relâcher http://tenkaraworld.com/apprendre-a-prendre-apprendre-a-relacher/, plaisir du retour à la nature)

– cette technique de pêche allie efficacité (les nombreuses touches permettent de prendre plus de poissons) et pragmatisme (lorsque les gobages se font intenses à la surface de l’eau le moucheur reste concentré sur l’essentiel sans être « pollué » par des considérations liées à son matériel et grâce à cette pêche fine et très épurée on évite de rembobiner la soie, de régler le frein de son moulinet et d’emmêler la ligne dans les anneaux de la canne).

 

 

une discrétion étonnante pour mieux soigner l’approche et une précision décuplée permettent de déposer avec délicatesse une mouche là où on le souhaite et d’atteindre tous les postes entre 2 m à 15 m à la ronde, selon la longueur de votre bas de ligne.

la rapidité de mise en œuvre et la capacité plus importante de prospection permettent d’être toujours en action de façon dynamique, extensive et énergique

 

 

– le technique du Tenkara est idéale pour conjuguer randonnée ou marche/ballade ou VTT et pêche à la mouche : le matériel est léger et d’un très faible encombrement (il peut être rangé et sorti très rapidement d’un sac à dos dans lequel il tient très confortablement).

Eric Le Rest

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Accessible à tous

Don’t blow your budget

 

 

Le Tenkara permet, sans dépenser des milliers d’euros comme cela peut parfois être le cas pour la pêche à la mouche classique (je pense également aux carpistes qui peuvent investir des fortunes dans des matériels de plus en plus sophistiqués et bourrés d’électronique: mais ne dit-on pas que vivre totalement sa passion, cela n’a pas de prix ?).

Vous pouvez disposer d’un matériel complet de bonne facture pour environ 150 € tout compris.

On trouve dans le commerce des formules « Prêt à pêcher » comprenant tout le matériel utile aux environs de 140 € et des cannes premier prix pour moins de 100 €.

Ce moindre coût est un vecteur très important de démocratisation de cette technique de pêche, notamment auprès des jeunes générations qui pourront ainsi rejoindre les amoureux des rivières.

 

Outre le prix attractif, la technique du Tenkara offre la possibilité d’une acquisition rapide des compétences minimales par les apprentis moucheurs car elle est d’une compréhension très aisée. Ainsi, les débutants montent très vite en puissance et prennent très rapidement du poisson (même si ces poissons sont souvent, dans un premier temps, de petite taille…mais en nombre).

 

Cette vertu formatrice constitue donc une très bonne école pour appréhender et maîtriser de façon fulgurante tous les paramètres de la pêche à la mouche.

Vous l’avez compris la simplicité de l’équipement (on peut même parler ici de minimalisme) et de la technique conjuguée à de moindres contraintes sont des atouts majeurs pour que le Tenkara continue, sur un rythme soutenu, l’expansion de son utilisation à travers la planète.

Quand simplicité rime avec efficacité et avec modernité…

Eric Le Rest

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